José Anigo
José Anigo. | DAMIEN MEYER / AFP

Anigo (OM) : "Pas le père fouettard"

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Propulsé entraîneur de l'OM après l'éviction d'Elie Baup, le désormais ex-directeur sportif du club phocéen aura la lourde tâche d'inculquer à ses joueurs "l'esprit de la gagne". A l'occasion d'une conférence de presse au Centre Louis-Dreyfus ce lundi après-midi, Vincent Labrune a tenu à responsabiliser les joueurs et a éclairci quelques zones d'ombre.

C'est un Vincent Labrune le visage fermé, et pas franchement rigolard, qui s'est rendu en conférence de presse ce lundi après-midi vers 15h. José Anigo, qui l'accompagnait, n'affichait pas une expression tellement plus joviale. Comprenons-les : l'un avait dû prendre samedi matin une décision compliquée, alors qu'il révélait quelques jours plus tôt qu'il ne l'envisageait pas le moins du monde, et l'autre a été propulsé sur le devant de la scène, lui qui n'aspirait qu'à un peu de tranquillité. Mais moins de 72 heures après le limogeage d'Elie Baup, Vincent Labrune devait rendre des comptes. Et il les a bien rendus. 

"Le staff n'avait plus de solutions pour redresser la situation"

Le président marseillais a dans un premier temps tenu à remercier Elie Baup, soulignant sa "loyauté" et sa "compétence". "Mais nous avons été rattrapés par un principe de réalité", confiait le patron du club phocéen. Cette réalité, c'est onze défaites, Ligue 1 et C1 confondues : " sur cinq mois, un club comme l'OM qui perd 50% de ses matches, c'est beaucoup trop. En tant que chef d'entreprise, je ne peux pas l'accepter". 

Mais la direction n'a pas hésité à impliquer les joueurs, égratignant au passage l'état d'esprit de quelques uns. "Vendredi (contre Nantes, défaite 0-1), l'équipe a touché le fond, tant dans le fond de jeu que dans l'état d'esprit. Il y a une somme de choses qui me déplaisent, et je leur ai d'ailleurs dit que c'était en partie à cause d'eux si Elie a été viré. On doit chacun réhausser notre degré d'exigence". C'est effectivement un reproche qui a souvent été formulé à l'encontre d'Elie Baup: "le coach à la casquette" avait semble t-il bien du mal à tenir son vestiaire. Une sensation confirmée par les dires de Vincent Labrune, pour qui "le staff n'avait plus de solutions pour redresser la situation".

Anigo :"Vincent (Labrune) ne m'a pas laissé le choix" 

C'est un fait : Anigo ne voulait pas revenir sur le devant de la scène. Mais il n'a pu refuser la demande du boss marseillais :"Vincent m'a dit que j'étais salarié du club et que je n'avais pas le choix". Avant de préciser que même s'il avait été en position de débouter la proposition de Labrune, il ne l'aurait sans doute pas fait. Pourquoi ? "J'ai traversé des moments très difficiles ces derniers temps(son fils est mort dans un réglement de compte à Marseille, ndlr), et le club a toujours été là moi". 

Le dirigeant marseillais l'a rappelé à plusieurs reprises : José Anigo a été chargé d'inculquer aux joueurs une mentalité de "gagneur". L'ancien directeur sportif de l'OM en a d'ailleurs profité pour rassurer les journalistes sur ses compétences comme coach :"aujourd'hui je me sens plus aguerri. Certes, je n'ai plus entraîné depuis longtemps, mais j'ai eu du temps pour voyager, aller voir des matches à l'étranger, voir différentes méthodes et façons d'entraîner. Donc oui, peut-être qu'aujourd'hui je suis encore meilleur".

Enfin, Labrune a botté en touche les questions qui visaient la durée de l'intérim de José Anigo, prétextant une vision à court terme :"aujourd'hui c'est José, il est trop tôt pour parler de la suite. Il n'y a même pas le début d'une short-list (pour un nouvel entraîneur)". Avec une rencontre face à Dortmund mercredi soir et un déplacement à Lyon le week-end prochain, les Olympiens auront déjà fort à faire avant de penser à 2014.  

Jean Charbon