Ajaccio
Le 8 décembre dernier, Ajaccio s'était incliné sur la pelouse du Louis II (0-1). | AFP PHOTO / VALERY HACHE

Ajaccio bon prince avec le PSG ?

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Si les Corses triomphent du club princier ce samedi (17h, 35e journée), le Paris Saint-Germain serait sacré champion de la Ligue 1 sans jouer. Sauf que les hommes de Ranieri, qui n'ont pas encore assuré leur place de dauphin, ne l'entendent pas de cette oreille.

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L'Athletic Club Ajaccio, qui accuse un retard de 15 points sur Guingamp (17e), a laissé sa peau à Armand Cesari la semaine passée, face au rival bastiais (1-2). La sanction, redoutée mais irrémédiable, tombe à la fin du match : après 3 ans passés dans l'élite, les Ajacciens retrouveront l'antichambre du football français la saison prochaine. Certains mettront la mauvaise saison de l'ACA sur le dos de Ravanelli, bouc émissaire favori de Christian Bracconi, qui lui a allègrement cassé du sucre sur le dos, lors de sa promotion à la tête de l'équipe première. A première vue, "Penna Bianca", longuement critiqué pour la préparation physique inhumaine imposée à ses joueurs, est le coupable parfait. Mais l'actuel entraîneur de l'ACA, qui a remplacé l'ancien coach des jeunes de la Juve en novembre dernier, n'a pas fait tellement mieux : Bracconi a gagné un match de plus que Ravanelli (2 contre 1), mais a bénéficié de beaucoup plus de temps.

Bien que condamnés à la Ligue 2, Ajaccio a encore un petit rôle à jouer dans l'élite. En cas de victoire face à Monaco, les Insulaires officialiseraient le sacre du PSG. En ont-ils simplement les moyens ?

Les deux scénarii d'Ajaccio

Le souci, avec les équipes reléguées avant la fin de la saison, c'est qu'on ne sait jamais à quoi vraiment s'attendre. Condamnés au rugueux football de la ligue 2, les Ajacciens ont le choix entre deux "finish" : terminer la saison en beauté, ou au contraire, partir en roue libre. La première option comporte deux avantages : elle permettrait à l'ACA de ne pas laisser l'image d'une équipe qui n'avait rien à faire. Et surtout, les joueurs, s'ils réalisent des performances de haute volée lors des derniers matches, peuvent espérer être transférés dans des clubs de l'élite (ou étrangers) la saison prochaine. A l'image du bondissant et talentueux Ochoa, quasiment certain de trouver un club à sa hauteur la saison prochaine, les prometteurs Paul Lasne, Benjamin André, Camara et Tallo intéresseront certainement des institutions de l'élite si leurs dernières prestations sont satisfaisantes. 

A l'inverse, les Insulaires pourraient complètement lâcher. Enfin arrivés au bout d'une saison douloureuse, psychologiquement et physiquement ô combien fatiguante, la tentation de desserrer les freins est grande. 

Monaco et Ranieri n'ont pas intérêt à se relâcher 

C'est vrai, les Asémistes, solides dauphins du PSG, conservent un matelas de points confortable sur le troisième lillois (à 8 points). Pour autant, ils ne sont pas encore mathématiquement assurés de finir 2e, et à ce titre, ne laisseront pas filer les points en cette fin de saison. Et certainement pas Claudio Ranieri, qui a mis ses dirigeants en face de ses responsabilités cette semaine, non sans fierté: "Si Monaco veut continuer à gagner, je dois rester", a déclaré hier le technicien transalpin. "Sinon, Monaco ne gagnera plus. Un projet donné à Ranieri se réalise, c'est sûr. Si le président veut gagner la Ligue des champions, il la gagnera avec moi". Si son équipe perd contre Ajaccio, le tacticien romain aura bien du mal à plaider sa cause devant sa hiérarchie. 

Et puis Monaco, qui caresse le doux rêve de concurrencer le PSG la saison prochaine, se fera un malin plaisir à retarder son sacre.  

Les autres matches de ce samedi 

20h: Rennes-Lorient 
         Montpellier-Toulouse
         Nice-Reims
         Evian TG-Saint-Etienne
         Guingamp-Valenciennes

Jean Charbon