Ligue 1 : Monaco, un puzzle difficile à assembler

Publié le , modifié le

Auteur·e : AFP
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Au moment où Monaco, en sérieux déficit de points (cinq en cinq journées de L1), est dans l'obligation de remporter ses deux prochains matches à domicile, contre Nîmes et Angers, chaque composante de l'équipe est en difficulté.

 Contre Nîmes vendredi soir (20h45), Monaco vivra le troisième match d'une série de sept en 22 jours. L'entraîneur Leonardo Jardim ne se plaint pas. "Je sais combien de matches on aura cette saison, lance-t-il. On doit s'adapter et se préparer à ce niveau d'exigence et de fatigue". Pourtant, au sein de son collectif, chacun en est loin.

Les anciens piochent 

A Monaco, on insiste: si l'on recrute jeune, l'équipe repose sur un noyau d'anciens. Mais ce socle a perdu sa stabilité. D'abord, il y a le cas des mondialistes. Depuis leurs retours, le Croate Danijel Subasic, le Français Djibril Sidibé, le Colombien Radamel Falcao et, à un degré moindre, le Polonais Kamil Glik, sont hors de forme. Le premier, blessé contre la Russie en quart du Mondial, revient progressivement. Mais on ne le verra pas avant la prochaine trêve internationale. Si son remplaçant, Diego Benaglio, n'a pas démérité, il est moins fort et son impact sur le groupe est plus faible. Même moins rayonnant, Glik reste un phare pour les autres. Heureusement, car Sidibé et Falcao, très centrés sur leur propres retours à la compétition, sont loin d'être altruistes. Andrea Raggi, lui, est absent...

"J'attends plus de chacun, admet Jardim. Mais je ne responsabilise pas uniquement deux ou trois cadres pour les résultats." "Une équipe est un effectif d'au moins 17 joueurs", poursuit-il, comme s'il attendait l'émancipation de Youri Tielemans ou Jemerson
 

Les nouveaux cadres peinent

Cette catégorie englobe des "anciens" (Rony Lopes, Stevan Jovetic, Tielemans, Jemerson) et les recrues estivales, Nacer Chadli et Aleksandr Golovin. Les blessures font partie d'une carrière. Mais parfois, elles questionnent sur un joueur. Ainsi, depuis son arrivée en juin 2017, le talentueux Jovetic ne passe pas trois mois sans blessure.   Actuellement touché à un mollet, il a raté l'occasion de devenir indiscutable. Après ses bons débuts à Nantes, il avait estimé pouvoir constituer le duo d'attaque avec Falcao. Sa piètre prestation contre Lille (0-0, 2e journée), conclue par une blessure, l'a englouti.

Lopes, lui, vit le syndrome du néo-international, que Jardim a déjà décrit. Selon lui, ce palier est compliqué à franchir puisque le joueur doit changer complétement son approche du métier et de sa récupération. Bilan: Lopes s'est claqué aux ischio-jambiers. Six semaines d'arrêt. Golovin, lui, s'est blessé seul à la cheville lors de son premier entraînement. Malchance ou fragilité ? On saura vite, puisqu'il revient.

Quant à ceux qui jouent, leur impact ressemble au niveau de l'équipe. Chadli doit étoffer son volume physique. Tielemans, lui, aimerait qu'on lui donne les clés. Le problème, c'est que ses désidératas sur sa position préférentielle de N.8 commencent à fatiguer. "Youri est un joueur compétitif, celui qui a le plus de capacités pour enchaîner les matches, selon son entraîneur. Il jouera plus cette saison. Mais je lui dis qu'un bon joueur doit être bon partout, à gauche, droite, en N.6 ou 8. Peu importe. Le football est une dynamique non figée."

 Les jeunes souffrent 

Dans ce contexte compliqué, les jeunes ont du mal à exister. Ce n'est pas un hasard si le seul à jouer est l'Allemand Benjamin Henrichs (21 ans), qui a connu la Ligue des champions avec Leverkusen. Acheté 20 millions d'euros à Lyon, Willem Geubbels annonçait vouloir faire mieux que Mbappé à Monaco. Il s'est déjà blessé musculairement avec l'équipe réserve. Pietro Pellegri, recruté pour 25 millions d'euros au Genoa en janvier, peine à revenir de son opération des adducteurs. Si la puissance et le talent entrevus sont prometteurs, il faudra le protéger et ne pas oublier ses 17 ans.

Mais le réservoir monégasque est énorme. D'ailleurs, Jordi Mboula, Sofiane Diop, Samuel Grandir ou Moussa Sylla pointent leur nez.
 

AFP