Ligue 1 - Lille - Seydoux: "Le titre plutôt que la Palme d'Or"

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"Si on me dit c'est ça ou ça ? je prends le titre plutôt que la Palme d'Or", a choisi Michel Seydoux, président de Lille et producteur de cinéma, dont le film "Pater" d'Alain Cavalier avec Vincent Lindon sera en compétition au festival de Cannes.

Si Lille assis seize fois avant cette 33e journée dans le fauteuil de leader n'est pas champion de France, pour vous, c'est regrettable ou simplement dommage ?
"Ce n'est pas regrettable. Je n'ai jamais eu l'illusion que mon équipe ou une autre équipe va gagner tous ses matches. Celui qui sera champion aura été le meilleur et le plus régulier. Il méritera de l'être".

Ne regrettez-vous pas que l'équipe qui joue le mieux risque de ne pas gagner le titre ?
"Les observateurs débattent déjà de ce problème. Je ne vais pas apporter de l'eau à leur moulin. Ce n'est pas mon sujet de dire: celui-ci joue moins bien mais il est devant ou celui-là joue bien mais il est derrière. Moi, j'ai pour obligation d'offrir le plus beau spectacle possible quand Lille joue. On a joué Arles-Avignon (samedi) à guichets fermés. Il y a deux ans, ce n'était pas imaginable".

Le Grand Stade n'étant prêt que pour 2012-2013, en termes économiques, n'est-il pas préférable que Lille ne termine que deuxième cette saison ?
"Dans cet aspect, l'aspect économique le plus important, c'est la Ligue des champions. Mais il n'est jamais trop tôt pour être champion même si cela coûte un peu d'argent. Etre champion est important dans la nouvelle histoire que le club doit écrire".

Lille a mis longtemps à reconnaître cette ambition ?
"A-t-on voulu copier Bordeaux et Laurent Blanc ? Un peu de modestie ne fait de mal à personne. Nous pensions que c'était arrogant de dire qu'on jouait le titre vis-à-vis des grands cadors de la L1. Je n'ai pas cette sensibilité d'arrogance que certains autres peuvent avoir. Etre champion, cela s'apprend. Et cet apprentissage, il n'est pas uniquement sur le terrain. Il y a aussi un apprentissage de la communication. Ce club n'a pas encore ces habitudes-là".

Il pourrait y avoir des velléités de départ comme Gervinho. Comment envisagez-vous de construire l'équipe la saison prochaine ?

"L'an passé, j'avais dit que 90 % de l'équipe resterait, que l'équipe serait quasiment identique. On ne l'a renforcée que très peu (avec Moussa Sow). Il n'y aura que très peu de mouvements. 80 % des joueurs resteront. La recette de la saison dernière est une bonne recette. La preuve ? On a proposé à un grand nombre de joueurs de poursuivre l'aventure avec nous (Béria, Hazard, Mavuba...). Gervinho n'a pas resigné ? On y travaille. Pour être clair, je pense que l'offre sportive aura beaucoup d'importance. Plus que l'argent".

On vous demande de faire un choix: la Palme d'Or à Cannes ou le titre de L1 ?"On va présenter le film qui a le plus petit budget (750.000 euros) mais qui j'espère offrira du plaisir. Après dix ans de vie au LOSC, si on me disait c'est ça ou ça, je prends le titre plutôt que la Palme d'Or. Et je m'excuserai auprès d'Alain Cavalier. Je sais qu'il aime beaucoup le foot". Par AFP

AFP