Equipe de France féminine
Les Bleues restent la troisième nation mondiale | JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Les bonnes performances des filles boostent la féminisation du football

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Que ce soit en club ou au niveau international, le football féminin français se porte bien. Et ça se ressent. La médiatisation est de plus en plus importante et le nombre de licenciées augmente. Mais du chemin reste à faire avant d’effacer tous les préjugés.

L’équipe féminine de l’OL va tenter cette après-midi de remporter sa troisième Ligue des Champions. L’année dernière, le PSG s’est hissé en finale du tournoi. L’équipe de France pour sa part pointe au troisième rang du classement mondial. Des résultats bien supérieurs aux équipes masculines. Et pourtant, le football féminin reste bien moins populaire. Mais une évolution s’opère.

Les bons résultats des équipes féminines suscitent davantage l’intérêt du public. Alors que seules quelques chaînes de la TNT s’y intéressaient il y a encore quelques mois, les médias s’arrachent aujourd’hui les cheveux pour obtenir les droits de diffusion des grands rendez-vous de football féminin. Et pour cause, les audiences des dernières grandes affiches ont dépassé toutes les attentes. La finale de Ligue des Champions de l’an passé, diffusée en fin d’après-midi sur France 2, a réuni 2,1 millions de curieux. Encore mieux, le quart de finale de Coupe du Monde 2015 opposant la France à l’Allemagne a explosé les compteurs de W9. Malgré un horaire tardif (22h-00h), la chaîne du groupe M6 s’est félicitée d’avoir enregistré une audience inespérée de 4,1 millions de téléspectateurs, soit 26,2% du public. Ce qui a même permis à la chaîne d’être la troisième plus visionnée au niveau mondial, juste derrière l’ARD allemande et la Fox américaine.

Le cap des 100.000 licenciées atteint

Des chiffres qui ont mis la puce à l’oreille aux plus grands groupes de médias. TF1 a bataillé au mois de janvier avec Canal + pour obtenir les droits de la Coupe du Monde féminine 2019 qui aura lieu en France. Le groupe de Martin Bouygues a remporté le combat après avoir formulé une offre supérieure à 10 millions d’euros. Un prix faramineux pour la compétition. Pour acquérir les droits des éditions 2011 et 2015, D8 et W9 n’avaient déboursé qu’un million d’euros, soit dix fois moins. C’est la première fois que la compétition féminine reçoit un tel engouement de la part des chaînes historiques.

Cette médiatisation de plus en plus importante influe sur l’attraction du football auprès des femmes. Le sport compte depuis février 100.000 licenciées, « un symbole » selon Brigitte Henriques, secrétaire générale de la FFF. « Les mentalités sont en train de changer, ont changé. Ces résultats encourageants nous confortent pour continuer à progresser » précise-t-elle. Un chiffre en constante évolution depuis le début du 21ème siècle. En 2003, elles n’étaient que 45.000. Puis 77.000 en 2014, juste avant la Coupe du Monde.

Il ne manque sûrement qu’une seule chose pour faire rayonner le football féminin au plus haut. Une victoire de l’équipe de France dans une compétition majeure. Cet été, une médaille d’or aux Jeux olympiques de Rio pourrait donner plus de dynamisme au sport. Ou encore mieux, une victoire en Coupe du Monde 2019, sur le sol français. L’occasion parfaite pour promouvoir le football féminin en France.

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