Karim Benzema et Florent Malouda France VS Brésil 02 2011
Karim Benzema et Florent Malouda à l'assaut des Brésiliens | AFP - FRANCK FIFE

Les Bleus comme on les aime

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Un peu moins de 13 ans après la victoire en Coupe du monde des Bleus face au Brésil, ces derniers ont imité leurs aînés en s’imposant sur un score plus modeste 1-0, grâce à un but signé Benzema (53e). La Seleçao a toutefois dû jouer la moitié de la rencontre à dix après l’expulsion grandement justifiée de Hernanes (40e). Une victoire qui fait du bien !

"Danser la samba"

Il faisait tout juste 5°C au Stade de France, rien à voir avec la chaleur estivale du 12 juillet 1998, mais cela n’empêchait pas les supporteurs de l’équipe de France et du Brésil de venir en nombre, histoire peut-être de revivre cette inoubliable finale qui avait vu la bande à Didier Deschamps décrocher le graal face à cette même équipe de la Seleçao. Si les temps ont bien changé depuis, les souvenirs ont perduré. Ce n’était donc pas rare de croiser dans les allées du Stade de France, des jeunes pères de famille, tenant fermement la main de leur petite tête blonde, bien trop jeune pour avoir vécu ce moment magique, 13 ans plus tôt. A ce moment, le fiasco de l’été dernier semblait bien loin, presque plus ancien que l’épopée fantastique des Bleus.

Il était 20h10, lorsque les Bleus version Laurent Blanc débutaient leur échauffement, ne manquant pas de saluer les spectateurs déjà nombreux dans les tribunes. Peu après, les airs de samba faisaient vibrer les tribunes du Stade de France, faisant oublier la froideur hivernale. Pas moins de 70 artistes brésiliens paradaient avec des danseuses en tenues bien légères, des danseurs de Capoeira, des musiciens aux couleurs du pays de Pelé, Zico, Socrates et autre Ronaldo. Les 23 Bleus prenaient conscience si ce n’était pas déjà fait, qu’ils allaient devoir imposer leur propre rythme dans cette rencontre, pour ne pas voir les artistes que sont les Pato, Augusto et Robinho danser la samba sous leurs yeux… Alors que les hommes de Mano Menezes se contentaient de quelques touches de balle durant une dizaine de minutes, les joueurs français restaient 20 minutes de plus sur la pelouse.

Pour faire monter un peu la pression, un petit spot concocté par la FFF montrait quelques images de précédents France-Brésil, et Laurent Blanc y allait de sa petite phrase, espérant que les Français allaient « danser la samba ce soir ». A 20h54, les deux équipes entraient sur le terrain, les deux capitaines, Alou Diarra et Robinho en tête.Lorsque l’Hino Nacional Brasileiro (l’hymne brésilien) a retenti, on ne pouvait pourtant s’empêcher d’avoir un petit pincement au cœur, et espérer que cette rencontre permette aux Bleus de tourner définitivement la page du Mondial 2010. Mais une fois la Marseillaise entonnée, devant des milliers de drapeaux tricolores, c’était à du spectacle que les 80000 spectateurs s’attendaient. Dès les premiers échanges de balle, on sentait que cette rencontre allait être difficile. Les Brésiliens jouaient d’emblée à la passe à dix, et après avoir quelque peu chambré les Français, se procuraient déjà une occasion sur une frappe de 20 mètres de Dani Alves, repoussée non sans mal par Lloris (2e) sous le nez de Hernanes. Le corner suivant donnait encore des sueurs froides à la défense tricolore, mais le pire était évité.

Hernanes out !

Peu à peu, les Bleus reprenaient quelques couleurs, à l’image d’un joli dribble de Benzema entre trois Brésiliens (4e). Le 4-3-3 de Blanc prenait ses marques face au 4-1-3-2 de Menezes, et à la 10e minute, sur une belle passe de Gourcuff, Benzema tentait sa chance sur une frappe croisée qui passait à quelques centimètres du montant droit de Julio Cesar. Adil Rami s’imposait en patron de la défense tricolore sortant à plusieurs reprises les siens d’une situation bien compliquée. A la 13e, c’était au tour d’Alexandre Pato de tenter sa chance sur une frappe enroulée, qui n’enroulait finalement que le cadre. Sur le flanc gauche, Dani Alves et Florent Malouda se chauffaient un peu, tandis que Gourcuff avait un peu de mal à ajuster ses passes.

Après 25 minutes, une petite ola réchauffait le public, à l’exception comme souvent de la tribune présidentielle. Une nouvelle mauvaise appréciation de Lloris stoppait net l’engouement de la foule (27e). Une faute sur Benzema permettait aux Bleus de s’illustrer par un coup franc de Malouda, détourné de la tête par Diarra (29e), mais le cuir passait au-dessus de la barre. Peu après, une combinaison entre Andre Santos et Hernanes donnait le tournis aux défenseurs français, qui avaient le mérite de garder leur sang froid lorsque Robinho se permettait des petits jongles sur la ligne des 18 mètres… Mais à cinq minutes de la fin, ce n’était pas un dribble, mais un attentat de Hernanes qui déposait ses crampons sur le torse de Benzema. Match amical ou pas, l’arbitre allemand de la rencontre M. Stark, n’hésitait pas à sortir le rouge, et le Brésil se retrouvait à dix. Hernanes quittait le terrain, et une fois soigné, Benzema revenait pour le plus grand plaisir des supporteurs français, et peu après, c’était l’heure de regagner les vestiaires sur ce score de 0-0.

Un quart d’heure plus tard, les 21 mêmes acteurs (avec l’expulsion de Hernanes) revenaient sur le terrain. Face à une équipe désormais réduite à dix, la question était de savoir si les hommes de Laurent Blanc allaient en profiter. Benzema apportait un début de réponse lorsqu’après deux minutes de jeu dans cette deuxième période, il se trouvait en position idéale pour ouvrir le score, mais alors que sa volée semblait se diriger tout droit vers le but, le bras de David Luis déviait le ballon. L’arbitre considérant qu’il n’y avait pas intention de faire main, il laissait l’action se dérouler, suscitant quelques mécontentements venant du banc français, l’adjoint de Laurent Blanc, Alain Boghossian en tête.

Benzema en sauveur

Mais les Bleus allaient se faire justice eux-mêmes à la 53e, sur un déboulé côté droit de Ménes qui mystifiait ses vis-à-vis, s’engouffrant dans la défense brésilienne, et ajustant une passe au millimètre pour Benzema, qui n’avait plus qu’à ouvrir son pied (1-0, 53e). Dès l’ouverture du score, les drapeaux tricolores se levaient à l’unisson, deux minutes plus tard, il fallait une excellente parade de Julio Cesar pour ne pas assister au doublé de l’attaquant du Real Madrid sur une belle tête plongeante.

Sentant que son équipe donnait quelques signes de fatigue, Menezes effectuait le premier changement peu avant l’heure de jeu, Renato Augusto laissant sa place à Jadson. Blanc imitait peu après son homologue, et M’Vila était remplacé par Abou Diaby sous les ovations du public (61e). Huit minutes plus tard, le bal des remplacements s’ouvrait de nouveau, et Ménez, le passeur décisif, cédait sa place à Rémy, tandis que le capitaine brésilien Robinho sortait à son tour, remplacé par Sandro (69e). Ce que souhaitait Laurent Blanc arrivait, la maîtrise du ballon était bel et bien tricolore, il est vrai aidée par une supériorité numérique intervenue assez tôt dans la rencontre.

Alors qu’il était resté sur le banc ce week-end en championnat en Espagne, Benzema prouvait s’il fallait encore le prouver, qu’il possédait une technique remarquable. A la 73e, le N.10 français passait en revue tout le côté gauche de la défense adverse, et sur un centre-tir flottant, manquait de peu le deuxième but. Si Blanc restait debout sans sa zone, Menezes restait quant à lui assis depuis l’ouverture du score, jusqu’à ce qu’un centre d’Andre Santos qui passait devant la cage de Lloris, ne le fasse réagir (78e).

A cinq minutes de la fin, Pato était lui aussi remplacé par Hulk, et Benzema reçevait son ovation, remplacé par Gameiro. La sortie de Gourcuff –remplacé par Cabaye- était bien plus mitigée, et quelques hués se faisait même entendre, pas forcément ce qu’il y a de mieux pour la confiance…  Elias cédait quant à lui sa place, au phénomène Andre, qui n’allait bénéficier que de deux minutes pour s’illustrer. C’était finalement Sandro qui allait s’offrir une balle d’égalisation, mais Lloris veillait au grain. Un dernier raid de Rémy faisait vibrer une dernière fois le Stade de France. Le score en restait là, et une fois encore, la France pouvait savourer une nouvelle victoire sur le Brésil (1-0). Une victoire qui va sûrement donné des ailes à une équipe de France qui en a grandement besoin.

Déclarations :
Laurent Blanc (sélectionneur de l'équipe de  France): "On est toujours heureux de gagner un match, surtout  à domicile devant son public, et de jouer contre le Brésil qui reste une  référence dans le foot. Il y a de la satisfaction dans le score et le résultat  mais il y a aussi de la satisfaction dans le contenu. Ce soir on est satisfait  de toute l'équipe et même de tout le groupe car malheureusement tout le monde  n'a pas pu participer à cette rencontre".
Karim Benzema
(attaquant de l'équipe de France): "On a vu  un très bon match de football. (Marquer) Ca fait plaisir, j'étais super  content, comme tous les Français je pense."
Jérémy Ménez
(attaquant de l'équipe de France):  "Cette victoire fait plaisir, on savoure. C'était un peu plus facile à onze  contre dix (après l'exclusion de Hernanes en fin de première période, ndlr), et  on en a profité. On était mieux en seconde période, on a gagné en confiance. A  l'image de l'équipe, je suis monté en puissance après la pause. J'ai été  heureux d'offrir le but (de la victoire) à Karim (Benzema). Après ma  performance décevante contre le Belarus, j'ai pris un coup au moral mais je  n'ai jamais baissé la tête. J'ai continué à bosser. Ce soir on a donné du  plaisir au public, on laisse une belle image et notre dynamique est bonne."
Florent Malouda
(attaquant de l'équipe de France): "Je suis très content. Ce genre de match, même si c'était amical,  contre une équipe de niveau mondial comme le Brésil, est un gros plus au niveau  confiance. On a essayé, en regardant le jeu du Brésil, de rivaliser au niveau  de la qualité technique, de la conservation du ballon. Avec l'état de la  pelouse, ce n'était pas évident, mais on a essayé de jouer au sol et de passer  sur les côtés: on sait qu'ils sont toujours regroupés dans l'axe et qu'ils ont  des latéraux qui exploitent bien les côtés, donc ça a été une bataille tactique  en première mi-temps. Il y a eu un fait de jeu avec l'expulsion, et on a été  récompensé par le but de Karim (Benzema). On a essayé de les faire déjouer. Le  piège pour nous aurait été de se livrer, on a été dur à jouer, et c'est ce qui  a fait qu'ils n'ont pas été trop dangereux".