Michel Platini
L'image de Michel Platini est de plus en plus écornée avant le vote pour la présidence de la FIFA | PATRICK SEEGER / DPA / dpa Picture-Alliance/AFP

Le rapport qui pourrait sauver Platini pour la présidence de la Fifa

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Un rapport distribué le 12 novembre 1998 aux membres du comité exécutif de l'UEFA fait état, selon le Journal du Dimanche, du salaire annuel "d'un million de francs suisses" pour les activités de Michel Platini comme conseiller à la Fifa. C'est ce salaire qui lui vaut d'être menacé de radiation à vie du monde du foot. Cette nouvelle pièce pourrait donc démontrer la réalité de la mission du Français à la Fifa, et donc mettre à mal les accusations de collusion entre Platini et Sepp Blatter.

"Cette pièce vient démontrer, contrairement à la thèse sur laquelle repose  toute l'accusation, que le contrat de Michel Platini avec la Fifa n'avait aucun  caractère occulte, et que de nombreuses personnes, y compris à l'UEFA et à la  Fifa, en avaient connaissance dès 1998", a réagi auprès du JDD l'avocat de  Michel Platini, Me Thibaud d'Alès. Cette note, "qui ressemble à une des notes d'un service de renseignements",  selon le Journal du Dimanche qui en "détient un script", a été distribuée lors  d'un comité exécutif de l'UEFA à Stockholm, en Suède, en 1998 écrit  l'hebdomadaire. Y assistent celui qui est alors président de l'UEFA, le Suédois Lennart  Johansson, ainsi que les Allemands Egidius Braun et Gerhard Aigner, l'Italien  Antonio Matarrese, le Turc Senes Erzik et le Norvégien Per Ravn Omdal. Trois  d'entre eux, Johansson, Matarrese et Erzik, sont également membres de la Fifa,  selon le JDD.

Dans ce document est indiqué que Joseph Blatter "a déjà annoncé que Platini  deviendrait le futur directeur des sports de la Fifa. Platini deviendrait donc  impliqué dans la Fifa", et qu'il y a des rumeurs selon lesquelles "Platini  souhaite travailler depuis Paris". Est également écrit, selon le JDD, qu'"on entend parler d'un salaire d'un  million de francs suisses". Lennart Johansson, battu par Platini pour la présidence de l'UEFA en 2007, avait pourtant déclaré récemment n'avoir jamais été au courant d'une quelconque rémunération pour le Français... Certes, il ne s'agit pas d'un contrat écrit, mais ce document atteste qu'une rémunération était bien envisagée dès 1998, et que le rapport remis par Vanessa Allard, la juriste chargée par la commission d'éthique de la Fifa pour mener les investigations, fait fausse route. Elle estime en effet que la somme perçue est "possiblement" la contrepartie de la non-candidature du Français à la présidence de la Fifa contre Blatter en 2011. C'est elle qui a demandé que Platini soit suspendu à vie.

Vidéo: La Fifa réclame la suspension à vie ​de Platini

Le TAS va-t-il lever sa suspension ?

Le triple Ballon d'Or est menacé de bannissement à vie sur la base d'un  rapport d'enquête interne à la Fifa à propos du paiement controversé de 1,8  million d'euros reçu en 2011 de la part de Blatter, président démissionnaire de  la Fifa, pour un travail de conseiller achevé en 2002. Ce travail n'a pas fait  l'objet d'un contrat écrit. Le 10 octobre, Platini a contesté devant la Fifa sa suspension provisoire  de 90 jours prononcée deux jours avant. Il a fallu un mois et huit jours pour  que la chambre des recours de la Fifa lui notifie le 18 novembre le rejet de  cet appel. Platini s'est alors tourné le 20 novembre vers le TAS, juridiction  sportive suprême et indépendante. En procédure d'urgence, le TAS peut rendre sa  décision entre deux et trois semaines. Ses conclusions pourraient donc tomber dans les jours prochains.

Si le TAS donnait raison au Français, et levait la suspension de 90 jours, il pourrait reprendre ses activités dans le foot, présider le tirage au sort de l'Euro-2016 au Grand Palais samedi prochain, et surtout mener campagne pour la présidence de la Fifa. Sur le fond, c'est une autre histoire. L'ancien N.10 de l'équipe de France doit être entendu par la chambre de jugement de la commission d'éthique de la Fifa entre le 16 et le 18 décembre prochain. C'est elle qui aura son destin en mains.

Avec l'appui de ce document, parvenu également dans les mains des avocats de Michel Platini en fin de semaine, la cote du Français remonte. Pour la première fois depuis plusieurs semaines, le président de l'UEFA voit enfin une bonne nouvelle apparaître dans son dossier. Mais le temps est compté: l'élection a lieu le 26 février prochain. Et toute cette affaire laissera, sans nul doute, des traces, même s'il était disculpé.

Avec AFP