Nasser Al-Khelaifi
Nasser Al-Khelaifi. | ALEXANDER KLEIN / AFP

Le PSG répond à Platini

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Le président du Paris SG Nasser El Khelaïfi n'entend pas déroger aux règles du fair-play financier, défendu fermement par Michel Platini, Président de l'UEFA, et qui sera très prochainement mis en application dans tous les championnats européens. Il a indiqué que le club "respecterait ces règles" précisant que le PSG préparait sa stratégie à moyen terme pour cela.

"Nous ne reviendrons jamais en arrière, PSG ou pas PSG "avait déclaré Platini en conférence de presse. S'exprimant sur la question du fair-play financier, le président de l'UEFA, s'est montré ferme, rappelant implicitement à l'ordre les clubs qui dépensent plus qu'ils ne gagnent et qui risquent gros à partir de 2014-15. Les premières sanctions pourraient tomber à ce moment là, avec un panel large allant du simple avertissement jusqu'à l'exclusion, par exemple, de l'épreuve reine des clubs en Europe, la Ligue des champions. Autant dire que les clubs ambitieux tueraient en quelque sorte la poule aux oeufs d'or.

Le fair-play financier (FPF) a pour but d'éviter que la majorité des clubs européens --le Bayern Munich qui fait des bénéfices est un contre-exemple-- ne creusent leurs déficits abyssaux (1,7 milliard d'euros de pertes en 2011 pour les clubs européens). Mais le Paris SG des Qataris, richissime, n'échappe pas à la règle: au nom de l'équité, un autre volet du FPF, ses revenus doivent couvrir ses dépenses. Sur les trois dernières périodes de transferts (été 2011, hiver 2012, été 2012), le Paris SG a dépensé environ 260 millions d'euros ! Et ce n'est pas le ventes du maillots d'Ibrahimovic ou les recettes guichets du Parc des Princes qui pourront faire apparaître ce fameux équilibre budgétaire que l'UEFA recherchera bientôt dans les livres de comptes des clubs.

"J'ai parlé avec tous les grands patrons des clubs en Europe, j'ai même parlé avec les patrons de Manchester City à Abou Dhabi, et tout le monde veut le respecter, ce fair-play financier, mais certains montrent qu'ils ne le veulent pas", a réagi le patron du foot européen à l'évocation des achats frénétiques du club parisien. "Le nom du PSG en fait  peut-être partie...Celui qui ne respectera pas le fair-play financier aura des problèmes, que ce soit un club français, anglais, géorgien, tout le monde sait où on va", a encore martelé l'ancien capitaine des Bleus. "Au PSG, ils savent tout ça, au début du projet, des représentants du club ont travaillé sur la question. C'est à eux maintenant, dirigeants du PSG, de se montrer créatifs,, la philosophie n'est pas d'assassiner les clubs mais de les aideré a précisé Michel Platini.  

Le Qatar pourrait-il s'en tirer par le biais d'une société satellite qui deviendrait un sponsor maillot généreux ? "Construire un nouveau stade par exemple", rebondit plutôt Platini .Car le FPF est plus souple pour les clubs qui investissent dans les infrastructures en propre. "Avant, quand les clubs italiens achetaient des joueurs, le fair-play financier, ça ne les intéressait pas en Italie, maintenant les clubs français achètent en Italie (Ibrahimovic et Thiago Silva, notamment, passant de l'AC Milan au PSG) alors les Italiens sont intéressés, et maintenant en France ils n'en parlent plus, ça ne les intéresse plus le fair-play financier", a enfin ironisé le patron de l'UEFA.

Le PSG a une stratégie 

Effectivement, en changeant de dimension européenne, un club peut aussi changer de conviction sur le sujet. Et en filigrane Michel Platini a adressé un avertissement aux clubs de "nouveaux riches" qui voudraient contourner la loi. Nasser El Khelaïfi a donc réagi calmement en affirmant que le PSG était prêt à adopter les nouvelles dispositions. "Nous respecterons les règles. J'ai parlé avec Michel Platini, et il a compris le message de notre stratégie.Il a dit qu'il fallait être créatif. Et bien, nous sommes optimistes et confiants que nous n'aurons pas de problèmes. Nous avons des idées" a indiqué le président parisien qui n'a pas voulu développer ces idées mais se veut constructif pour l'avenir. Notamment sur la possibilité de construire un nouveau stade. "C'est l'une des solutions absolument. C'est une source de revenus très importante. Arsenal en est le meilleur exemple." précise le président parisien même si pour l'instant le PSG n'a prévu qu'une rénovation pour le Parc des Princes. "On prépare le Parc pour 2016. Après, nous essaierons d'arriver à 60.000 places. Ce n'est pas simple. Jean-Claude Blanc y travaille nuit et jour. Je lui fais confiance, il trouvera une solution.".

Les actionnaires qataris et la direction du club vont sans nul initier des projets et modifier leur approche en matière d'investissement pour répondre aux exigences du futur fair-play financier. Mais tout cela évidemment s'appuiera sur une solidité sportive et des résultats. C'est le premier chantier pour le PSG.