Wolfgang Niersbach
Wolfgang Niersbach | Reuters

Le président de la Fédération allemande démissionne

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Le président de la Fédération allemande de football (DFB), Wolfgang Niersbach, a annoncé sa démission lundi, après son passage devant le comité directeur de la DFB, faisant suite aux révélations sur l'attribution de la Coupe du monde de football 2006 à l'Allemagne, en marge des affaires de la FIFA.

Les jours de Wolfgang Niersbach à la tête de la Fédération semblaient  comptés depuis les perquisitions menées mardi par les enquêteurs du fisc au siège de la DFB ainsi qu'à son propre domicile.

L'Allemagne, victime collatérale de la FIFA

Niersbach devait apporter des éclaircissements sur la somme de 6,7 millions d'euros que la Fédération aurait versés à la FIFA pour obtenir cette coupe du monde, au regard des informations et des éléments qui sont ressorties des premières investigations sur le fonctionnement de la Fédération internationale. L'affaire avait été révélée par l'hebdomadaire Der Spiegel mi-octobre, qui évoquait des soupçons de caisse noire pour acheter des voix lors de la décision, prise en 2000, d'attribuer le Mondial-2006 à l'Allemagne. Elle avait pris une nouvelle dimension la semaine dernière avec des perquisitions du siège de la DFB et des domiciles de M.Niersbach, de l'ancien  président de la DFB Theo Zwanziger et l'ex-secrétaire général de la Fédération Horst Schmidt. Tous sont soupçonnés de fraude fiscal, le parquet ayant renoncé à des poursuites pour corruption en raison des règles de prescription. Niersbach siégeait au Comité d'organisation du Mondial-2006, présidé par  Franz Beckenbauer.

"Rien à se reprocher"

"Je me suis rendu compte que le temps était venu pour moi de prendre la responsabilité politique", de cette affaire a déclaré Wolfgang Niersbach, 67 ans, à l'issue de cette audition devant ses pairs. "J'étais là (à différentes fonctions) depuis le premier jour de la candidature pour la Coupe du monde 2006 (...), j'ai travaillé à travers les années d'une façon propre, digne de confiance et correcte", a-t-il ajouté."Dans les domaines qui m'ont été assignés, le marketing, les médias, les accréditations et l'organisation de l'événement, je peux dire avec bonne  conscience que je n'ai personnellement rien à me reprocher". 

Selon lui, ces 6,7 millions d'euros ne constituaient pas un pot-de-vin visant à assurer à l'Allemagne le Mondial, mais un montage payé par l'ex-patron d'Adidas, Robert Louis-Dreyfus avec l'intervention de M. Beckenbauer afin d'obtenir de la Fifa une subvention de 170 millions d'euros pour aider à l'organisation du mondial. La Fifa a rejeté en bloc ces affirmations et Beckenbauer a admis "une  erreur" dans ce scandale, soutenant qu'il n'y avait "pas eu de voix achetées" au sein de la Fifa.

Les propos brumeux de Niersbach a en tout cas remis en cause l'aventure de l'Allemagne en 2006 avec ce scandale de corruption présumée six ans plus tôt. Son prédecessur à la tête de la DFB Theo  Zwanziger, est aussi monté au créneau pour multiplier  le  accusations à son encontre mais aussi contre Beckenbauer, le "Kaiser", capitaine de l'équipe championne du monde 1974 et sélectionneur de celle de 1990. Après le départ de Niersbach, tous les regards convergent désormais vers la légende vivante du football allemand qui, s'il a reconnu du bout des lèvres  "une erreur" dans ce scandale, devra sans doute fournir de plus amples  explications

Christian Grégoire