Le président d'Amiens SC, Bernard Joannin, la victoire de David contre Goliath

Publié le , modifié le

Auteur·e : Apolline Merle
Bernard Joannin le président du Amiens SC
Bernard Joannin le président du Amiens SC | PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD/MAXPPP

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C'est une victoire non négligeable. Ce mardi, le conseil d'Etat a suspendu la relégation d'Amiens et de Toulouse en Ligue 2. Une décision qui va dans le sens de l'infatigable président du club picard, Bernard Joannin, qui n'a jamais lâché pour voir son club se maintenir en Ligue 1. Retour sur cet homme déterminé, que rien n'a fait changé de trajectoire.

La bataille judiciaire, qui a pour toile de fond les relégations d’Amiens et de Toulouse, a pris un tournant important ce mardi. Mais tout n’est encore pas résolu. Si la fin de partie a été tranchée pour l’Olympique Lyonnais, le destin de l'Amiens Sporting Club et du Toulouse Football Club est encore en suspend. Mais pour ces deux clubs, il s’agit bien d’une première victoire sur le plan judiciaire. 

Et pendant ce combat, ce sont les présidents des clubs qui ont été en première ligne, notamment Bernard Joannin. Le président du club d’Amiens a défendu son club coûte que coûte et n’a rien lâché pour le voir se maintenir en Ligue 1 la saison prochaine. Déterminé à ne pas se laisser faire, et fort des nombreux soutiens d’élus et de personnalités, Bernard Joannin a d'abord lancé une pétition le 5 mai, réclamant la justice pour son club tout en contestant ainsi la relégation. Plus d’un mois après, elle avait déjà recueilli plus de 19 000 signatures. "Si notre combat n’était pas juste, ces personnalités ne seraient pas venues signer la pétition", avait-il tranché.  

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"Je suis persuadé que la justice nous donnera raison"

Mi-mai, le président du club picard montait aux créneaux et dénonçait cette relégation décidée par la LFP. "Comment peut-on reléguer à la 28eme journée deux équipes alors qu’il reste un quart du championnat à effectuer ? C’est une décision contraire à l’équité sportive, une décision sanction de la part de la Ligue. Un championnat c’est 38 matches. 28 journées, ce n’est pas révélateur de la performance des équipes." Pour appuyer ses propos, le président amiénois prenait même l’exemple du LOSC : "Nos amis lillois, il y a deux ans, ils étaient 19e à la 28e journée et ont réussi à se sauver."

Ensuite, Amiens avait saisi le tribunal administratif de Paris pour demander l’annulation de sa relégation, et a appelé aux principes généraux du Droit, dont l’équité, qui prévalent lorsqu’il y a un vide dans le règlement. Et Bernard Joannin martelait déjà à l’époque : "Les arguments de Droit sont de notre côté, je vous l’assure. Je suis persuadé que la justice nous donnera raison." Début juin encore, le président du club picard persistait. "La justice est le seul rempart face à la décision de la Ligue de reléguer arbitrairement l'Amiens SC. La seule chose qui compte pour nous aujourd'hui, c'est de faire gagner le sport et ses valeurs." Sa détermination sans faille a donc été payante et lui a permis d’avoir gain de cause, ce mardi, devant de conseil d’Etat.

La victoire "valeurs de football et du sport"

Mais surtout, Bernard Joannin se réjouit de la victoire des "valeurs de football et du sport". "Nous sommes fiers et honorés d'avoir défendu l'équité sportive devant la plus haute instance administrative. On a fait gagner les valeurs du foot et du sport", nous a confiés Bernard Joannin, après que la décision du Conseil d’Etat ait été rendue publique. Le président d’Amiens rappelle aussi que son combat est aussi au nom de son territoire, car la descente d’Amiens aurait provoqué une suppression d’emplois. "C'est une grande fierté pour moi d'avoir mené ce combat pour toutes ces personnes qui travaillent au sein du club", a-t-il expliqué. 

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Une dernière étape encore à franchir

Mais ce maintien, tant espéré, n’est pas encore assuré, bien que Bernard Joannin y croit dur comme fer. "Une chose est certaine, l'Amiens SC est de retour en Ligue 1", insiste-t-il ce mardi. Malgré l'envie de Bernard Joannin, la prochaine étape est bien entre les mains de la LFP, qui devra se prononcer sur la relégation ou non d’Amiens. Le conseil d’Etat a en effet enjoint la Ligue de football professionnel (LFP), en lien avec la Fédération française de football (FFF), de réexaminer, d'ici au 30 juin 2020, la question du format de la Ligue 1 pour la saison prochaine, qui pourrait donc se jouer à 22 équipes au lieu de 20 actuellement. D’ailleurs, dans un communiqué, la Ligue a indiqué avoir pris bonne note "de la demande du Conseil d’Etat de réexaminer en lien avec la FFF la question du format de la Ligue 1 pour la saison 2020-2021 d’ici au 30 juin 2020". Là encore, le président amiénois avait raison. "Si le juge prononce l’annulation de cette relégation, le monde du foot devra se mettre autour d’une table", indiquait-il mi mai. C'est donc chose faite. 

Pour cette dernière ligne droit, Bernard Joannin n’a, comme à son habitude, pas dit son dernier mot et lance ce mardi un appel à la LFP et à la Fédération. "Je lance un appel solennel à la Ligue professionnelle de football et la Fédération pour mettre fin à cette bataille judiciaire, qui n'a que trop durée. Je leur demande d'entériner cette solution d'un format d'une Ligue 1 à 22, c'est une solution humaine et solidaire. A conditions exceptionnelles, car la France a vécu une pandémie exceptionnelle, on doit mettre dans les décisions de l'humanité et de la solidarité. Ce sont des valeurs que j'ai toujours défendues fortement." La persévérance du président picard aura-t-elle une nouvelle fois gain de cause dans le sprint final ? Réponse d'ici le 30 juin. 

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