Robin Van Persie (Arsenal)
Robin Van Persie (Arsenal) | GIUSEPPE CACACE / AFP

Le Milan et Benfica qualifiés

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Le Milan AC s'est qualifié pour les quarts de finale de la Ligue des champions en dépit de sa défaite sur la pelouse d'Arsenal (3-0) mardi en 8e de finale retour puisque les Italiens s'étaient imposés à l'aller (4-0). Qualification également pour le Benfica Lisbonne, battu 3-2 à l'aller au Zenit Saint-Petersbourg, et qui a enlevé le match retour 2-0.

Arsenal près de l'exploit 

Massimiliano Allegri (entraîneur de l'AC  Milan,): "Si j'ai perdu du poids pendant le match? Mes  joueurs se sont dit qu'il fallait faire maigrir l'entraîneur (rires)... Souvent  on croit que c'est trop facile... Je regrette la défaite, mais l'objectif était de figurer parmi les huit derniers en Europe, et nous allons récupérer des  joueurs blessés, ça va aller mieux. On a manqué le match techniquement, en  jouant trop lentement. A la mi-temps, j'ai dit aux joueurs de faire comme si on  était à 0-0, et là les gars ont été bons."

Arsenal a bien cru pouvoir renverser la vapeur après un match aller catastrophique. Les Anglais sont en effet passés bien près d'un exploit. Ils se sont donnés les moyens de modifier totalement la donne de ce 8e de finale en faisant les trois quarts du chemin à la pause, après avoir engagé les débats tambour battant à l'Emirates Stadium, bien décidés à en découdre, en se portant immédiatement à l'offensive. Trop confiants et décontractés après leur victoire 4 à 0 à l'aller, les Milanais étaient au bord de l'effondrement à la pause après les 3 buts marqués par Koscielny, Rosicky et Van Persie, devant quelque 60.000 Londoniens qui n'en croyaient pas leurs yeux.  

Arsenal avait besoin de prendre rapidement l'avantage pour faire vivre  l'espoir d'un retournement de situation vraiment miraculeux puisque aucune  équipe ne l'avait jamais réussi en Ligue des champions. C'est exactement ce qui s'est passé lorsque Koscielny, monté sur un corner d'Oxlade-Chamberlain, a catapulté la balle de la tête dans les buts d'Abbiati  dès la septième minute, en profitant de la passivité totale des Milanais au  marquage. Le rêve un peu fou qu'Arsène Wenger avait entretenu auprès de ses joueurs  par des déclarations optimistes est devenu un peu moins inimaginable lorsque Rosicky, très bon dans le rôle de meneur de jeu en l'absence d'Arteta, a creusé  l'écart d'un joli plat du pied d'une quinzaine de mètres, après avoir hérité  d'un dégagement complètement raté par Thiago Silva (26). Puis, deux minutes avant la pause, la peur s'est installée définitivement  dans le camp italien à la suite d'un penalty transformé par van Persie. L'arbitre avait désigné les neuf mètres après qu'Oxlade-Chamberlain eut été pris en sandwich par Mesbah et Nocerino. Si les "Gunners" avaient été catastrophiques en défense à San Siro, les "Rossoneri" semblaient décidés à leur faire un nombre au moins équivalent de cadeaux au retour.  

Car Arsenal avait eu au moins deux autres grosses occasions de marquer: une  tentative de van Persie repoussée de justesse du pied par Abbiati dès la 10e  minute, puis un superbe tir du même Néerlandais des 20 mètres, encore une fois détournée par le gardien au prix d'une belle détente.

Tétanisés pendant les 45 premières minutes, les Milanais ont changé  d'attitude au retour des vestiaires, enfin convaincus que la meilleure manière de se sortir de ce guêpier était peut-être de marquer un but. Mais à part quelques tentatives d'Ibrahimovic et un raté de Nocerini seul à six mètres de  la cage en fin de match, ils ont eu du mal à se montrer vraiment dangereux. Au contraire, Arsenal a failli marquer le quatrième but du bonheur sur un  tir de Gervinho détourné par Méxes, et repoussé in extremis par Abbiati juste dans les pieds de van Persie, qui n'a pas su conclure (59). Les "Gunners", après avoir énormément donné physiquement lors d'une première heure menée sur un rythme trépidant, n'ont pas pu monopoliser autant  le ballon en fin de match et les occasions se sont raréfiées. Enfin réveillés de leur cauchemar, les Milanais ont serré les rangs pour conserver une qualification qui a bien failli leur échapper.

Le Benfica logiquement

Le Benfica avait fait l'essentiel à l'aller en s'inclinant 3-2. Ces deux buts marqués à l'extérieur lui donnait une soupape de sécurité puisque un but d'avance sur sa pelouse lui suffisait. L'équipe portugaise a bien maîtrisé la rencontre face à une formation russe qui a subi durant 90 minutes en ne s'octroyant que quelques occasions sur des ballons perdus par les Portugais. Ce sont les coéquipiers de Cardozo qui ont le mieux négocié les débats. Après plusieurs tentatives infructueuses, ils ont enfin trouvé la faille par Maxi Pereira dans le temps additionnel de la première période. Le Benfica, qui n'avait pas atteint les quarts de la Ligue des champions  depuis 2006, a logiquement pris le dessus grâce à l'infatigable arrière droit  uruguayen, servi en pleine surface de réparation par une talonnade du Belge Axel Witsel. 

Plus rapide et plus performant techniquement, et même si le Zenit se montrait un peu plus entreprenant, le Benfica s'est ensuite adossé à cet avantage en contrôlant les contres trop désordonnés du Zénit. Les joueurs de Lisbonne se faisaient malgré tout un point d'honneur à conclure la rencontre par le jeune attaquant international portugais Nelson Oliveira, entré à la 80e minute, qui a fini par doubler la mise à la conclusion d'un contre mené par Bruno César (90+3). Les Lisboètes faisaient trembler les filets pour la deuxième fois et entérinaient une qualification méritée.

Christian Grégoire