Les tribunes du MMArena (Le Mans)
Le MMArena (Le Mans) | Xavier Richard

Le Mans veut un dernier délai

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Le Mans football club, relégué en National et menacé d'une rétrogradation administrative en CFA, a annoncé mardi avoir demandé une conciliation et un ultime délai pour mettre en oeuvre un "plan de consolidation" destiné éviter un dépôt de bilan.

"J'ai mis du temps et de l'argent dans ce club et je vais continuer à le  faire. Je continuerai à y croire jusqu'au bout", a déclaré son président et  actionnaire Henri Legarda, lors d'une conférence de presse convoquée mardi  alors que le sort du club se joue ces jours-ci. Dans cet ultime effort pour échapper au dépôt de bilan, le club a demandé  lundi au tribunal de commerce du Mans la nomination d'un conciliateur, a  précisé l'avocate de M. Legarda, Catherine Léger. Le 20 juin, le club a par ailleurs prié la Direction nationale du contrôle  de gestion (DNCG) de lui accorder un nouveau délai, "jusqu'au 15 juillet", pour  mettre en oeuvre son plan de consolidation, a-t-elle ajouté. Le club, qui accusera le 30 juin un passif de 14,4 millions d'euros, estime  pouvoir surmonter celui-ci, à la condition, entre autres, que ses créanciers  -dont le fisc, l'Urssaf et des banques- consentent un abattement "de 30%",  "plutôt que de tout perdre", a-t-elle précisé.

Legarda demande un geste

En retranchant par ailleurs "trois millions d'actifs", ce geste "porterait  le passif net à 6,7 millions d'euros", selon le club, qui estime pouvoir  couvrir cette somme avec un tour de table de la dernière chance et 1,8 million  d'euros de ventes de joueurs, "en cours de finalisation". "On a créé des richesses quand ça allait bien, on a payé beaucoup  d'impôts", a avancé M. Legarda pour justifier un geste des créanciers publics. Concernant les besoins de financement futurs, chiffrés à 4,7 millions  d'euros, M. Legarda a demandé un geste des collectivités locales, affirmant  présider "le seul club en France qui ne bénéficie pas de subventions", et  faisant valoir "le rôle d'action sociale" de son centre de formation, célèbre  pour avoir formé entre autres Didier Drogba. Dotée du premier stade français construit en partenariat public-privé, le  MMArena, un projet pharaonesque lancé alors que le FC évoluait en Ligue 1, la  ville du Mans risque de devoir payer jusqu'à 44 millions d'euros à l'exploitant  Vinci si le club résident disparaissait. Selon Me Léger mardi, le groupe a "accepté un report" d'une créance de  640.000 euros liée à des loyers impayés par le club. Parmi les investisseurs pressentis pour le tour de table figurent toujours  le groupe Veolia et l'homme d'affaires sarthois Claude Hervé, a confié  l'avocate.

AFP