Milan Ac Tottenham Ibrahimovic Dawson duel 02 2011
Ibrahimovic bousculé en duel aérien par le capitaine de Tottenham, Dawson | AFP - Olivier Morin

Le gros coup de Tottenham à Milan

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Battu (4-3) par l'Inter en poule malgré un retour tonitruant, Tottenham a pris sa revanche sur une équipe lombarde, en venant s'imposer à San Siro (1-0) contre l'AC Milan, en 8e de finale aller de la Ligue des Champions. Dominateurs en 1ère période, les Spurs ont ensuite été totalement dominés, mais ils ont marqué en contre grâce à Crouch (80e). Les Milanais, leaders du Calcio, devront réaliser un exploit à White Hart Lane, sans Yepes ni Gattuso, suspendus.

Comme des poissons dans l'eau. Les joueurs de Tottenham n'ont pas donné l'impression de jouer à l'extérieur. Sur la pelouse de San Siro, sur laquelle ils avaient bien failli réaliser un énorme exploit en poule contre l'Inter (défaite 4-3), sous une pluie digne de Londres, les Spurs ont débuté la rencontre contre l'AC Milan comme s'ils étaient chez eux. Un gros pressing, une volonté d'asphyxier l'adversaire, et près de 20 minutes à donner le tournis aux Lombards, voilà la physionomie du début du match. Et s'ils ont ensuite souffert en deuxième période, ils ont su rester solides contre une équipe peu inventive malgré les Ibrahimovic, Robinho, ou Pato, et bêtement indisciplinés, Gattuso et Yepes écopant d'un avertissement qui leur coutera leur présence au match retour en Angleterre le 9 mars.

Dès la 1ère minute, un centre tendu de Pienaar repoussé semble-t-il du bras par Nesta sans que l'arbitre, M. Lannoy, ne siffle, puis un long centre de Corluka au deuxième poteau pour le contrôle de la poitrine de Crouch qui ne parvenait pas à armer sa reprise du droit (5e). La marée anglaise ne faiblissait pas, et Abbiati devait s'employer pour dégager du poing devant Crouch (10e, 11e), puis pour arrêter un tir dévié de Van der Vaart (13e), avant de quitter le terrain, se plaignant de la tête (17e). Les Milanais desserraient peu à peu l'étau, Ibrahimovic voyant son centre repoussé par Gallas (21e) puis s'écroulant à l'entrée de la surface après un retour de Sandro (23e). Amelia, le successeur d'Abiati, devait claquer une frappe de Van der Vaart (41e), juste avant que Gomes ne capte à l'horizontal un ballon convoité par Robinho (43e). Et le centre du Brésilien dans le temps additionnel, qui pouvait ressembler à un tir, passait rapidement devant le but anglais.

C'est donc un leader du Calcio poussif et bousculé qui regagnait les vestiaires, et l'entrée en jeu de Pato à la place de Seedorf semblait rééquilibrer l'équipe en deuxième période, mais une pichenette de Van der Vaart faisait passer un frisson dans les tribunes en frôlant la lucarne d'Amelia, semble-t-il battu (49e). Mais il fallait un arrêt extraordinaire de Gomes sur une tête de Yepes pour que l'AC Milan n'ouvre pas le score (50e). A la 55e minute, Flamini, déjà auteur d'un tacle très limite en première période sur Van der Vaart, se lançait dans un tacle terrible, les deux pieds en avant et décolés, sur Corluka, écopant d'un carton jaune qui aurait bien mérité d'être rouge, surtout que le joueur de Tottenham devait sortir sur cette action.

Le ton montait de plusieurs crans, avec Gattuso qui venait repousser, la main sur le visage, l'assistant de Redknapp (58e). Juste après, le gardien brésilien des Spurs, d'une solide main, sortait une nouvelle tête de Yepes sur sa ligne (60e), et l'ancien Nantais se vengeait en l'empêchant de dégager, héritant d'un avertissement synonyme d'absence au match retour. L'expérience n'empêche pas les fautes grossières pour un joueur très "chaud" pour mettre la pression sur l'arbitre dans les minutes précédentes. Et Gattuso refaisait le "ménage" en repoussant Crouch des mains, sans que M. Lannoy n'y trouve rien à redire alors qu'un avertissement le priverait du match retour (69e). Milan était de mieux en mieux, Tottenham de moins en moins dangereux, et Flamini voyait son tir dévié par Woodgate (71e). Finalement, c'est à la 76e minute que Gattuso écopait de cet avertissement sur un tacle de Pienaar, provoquant une énorme colère de l'Italien. Un ballon perdu par Ibrahimovic aux 35m permettait à Lennon de déclencher un contre rapide, l'Anglais gagnant son duel en vitesse sur Yepes pour centrer et offrir un cadeau que Crouche ne laissait pas passer en poussant du pied droit le ballon pour l'ouverture du score (80e). Incapables d'accélérer, les Milanais ne parvenaient pas à se montrer dangereux jusqu'à la fin du match, sauf sur cette mésentente entre défenseurs qui permettait à Robinho de reprendre volée, mais le ballon était contré en corner (90e+2). Sur celui-ci, le ballon était remis dans le paquet et Ibrahimovic, d'un retourné, égalisait (90+4) mais le but était justement refusé, le Suédois ayant poussé Dawson pour jouer le ballon.

L'AC Milan s'inclinait donc (1-0), et la tête de Gattuso montait encore dans les tours à l'issue de la rencontre, Flamini devant l'éloigner des Spurs pour éviter qu'il ne se batte. Le match retour sera très difficile pour les Lombards, qui perdent seulement pour la troisième fois à domicile contre une équipe anglaise.

Réactions

Harry Redknapp (entraîneur de  Tottenham): "C'est une merveilleuse performance de notre part. A la mi-temps,  j'avais dit aux garçons de passer la balle à Aaron Lennon dès qu'ils le  pouvaient car il avait pris le dessus sur le latéral gauche (Luca Antonini,  ndlr). Et sur le but, son travail est fantastique. C'est une superbe soirée  pour les fans et une superbe soirée pour Tottenham. A la fin, ils (les  Milanais, ndlr) ont perdu leurs nerfs, car ils devaient être énervés, et cela  est aussi un bon signe pour nous."
Massimiliano Allegri (entraîneur de  l'AC Milan): "En première période, on a eu trop peur d'aller de l'avant,  c'était difficile de jouer dans de si petits espaces et on a commis beaucoup  d'erreurs. Cela a permis à Tottenham de gagner la possession de balle et de  jouer en contre. On a changé en deuxième période mais nos efforts n'ont pas suffi".
William Gallas (défenseur français de Tottenham, au micro de Canal +): "C'était pas évident, on voulait faire un bon résultat face a une équipe  italienne qui joue très bien au ballon. On a montré qu'on était une équipe  solidaire. (Interrogé sur le fait d'avoir évolué sur le côté droit de la  défense et pas dans l'axe) Je reviens comme si j'avais 20 ans ! Il fallait que  quelqu'un joue côté droit et j'ai accepté tout de suite. Il a fallu que je  prenne mes repères mais ça s'est bien passé. Cette équipe surprend pas mal de  personnes, on sait garder la balle, jouer au ballon. On a montré qu'on peut  mettre en danger les grosses équipes. Il fallait garder son calme quand ils ont  joué un peu dur mais on a eu du répondant, on a répondu présent."