Lisandro Lopez - Lyon
Lisandro Lopez (Lyon) | AFP - JOHANNES EISELE

Le contraste lyonnais

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Lyon a de quoi se faire tirer les oreilles ce jeudi. Qualifiés pour les 8e de finale de la C1 pour la huitième année consécutive, les hommes de Claude Puel ne doivent leur salut qu'au succès de Tel Aviv sur Benfica (3-0). Toujours en lice en Ligue des champions, de mieux en mieux en championnat, Lyon inquiète toujours autant et affiche un bilan contrasté.

Défaits (3-0) sur la pelouse de Shalke 04, Lyon a sauvé l'essentiel en se qualifiant pour la suite de la compétition. Le résultat, sans la manière. Les Gones ont affiché d'inquiétantes lacunes mentales et défensives. Même si Claude Puel juge que "C'est un match raté. Il n'y a pas que l'entame", le véritable point noir reste les débuts de match des Lyonnais. Un problème récurrent, en championnat comme en C1. Encore une fois contre Schalke, Hugo Lloris a été complètement livré à lui-même durant la première demi-heure de jeu. Diakhaté, Lovren et Cissokho ont tous eu un début de match "diesel". Au plus haut niveau, face à la formation d'outre-Rhin, cela ne pardonne pas. En 20 minutes, les joueurs de Bundesliga marquaient à deux reprises par l'intermédiaire de Farfan et Huntelaar.

L'histoire semble se répéter. Depuis quelques semaines, Lyon enchaîne les entames de matchs catastrophiques. En tant normal, le niveau de jeu en dents de scie des Gones leur permet de sauver les apparences. Une fulgurance de Bastos ou un coup de pied arrêté de Gourcuff et le club de Michel Aulas parvenait à retourner une situation mal embarquée. Face à Lens, la formation de la région Rhône-Alpes était menée (1-0) à la pause avant de se reprendre pour l'emporter (3-1). Quelques semaines plus tôt en Ligue des Champions, le scénario était identique face à Benfica. Menés (4-0) à l'heure de jeu, les Lyonnais avaient sauvés leur match dans les quinze dernières minutes, profitant du relâchement des Portugais (4-3). Mais contre Schalke la machine a coincé. Avec deux buts de retard les Lyonnais ont plafonné dans leur jeu. Les entrées de Gomis et de Pied n'y changeant rien. Un troisième but de Huntelaar achevant le cauchemar.

Aulas : "On risque d'être loin des objectifs espérés"

Au-delà du résultat, le match donne de quoi s'interroger sur l'avenir lyonnais. Après avoir commencé la C1 de la meilleure des façons, avec trois victoires en autant de rencontres, Bastos et consorts marquent le pas. Avec l'enchaînement de matchs, ses obligations de résultats en championnat et en C1, Lyon tire la langue. Son effectif de 2010-2011 lui permet-il de jouer sur tous les fronts ? A première vue oui. Avec son budget et son recrutement estival, Lyon est certainement le club le plus à même de briller sur tous les terrains. Le problème étant que Claude Puel a très souvent dû composer avec les blessures de ses joueurs (Lissandro, Cris, Toulalan).
Un autre facteur est commun à ces trois matchs. Les Lyonnais entrent difficilement dans leur match lorsqu'ils jouent loin de leurs terres. Un fait particulièrement visible en L1. S'ils sont 6e du classement au bilan des matchs à domicile, les Gones pointent à la 12e place lorsqu'ils jouent à l'extérieur. Un talon d'Achille qu'il faudra guérir pour viser le podium.

Effectif ou distance ? Dans les colonnes de l'Equipe, le président du club, Michel Aulas s'attarde sur un "problème de joueurs". "Plus qu'un problème de dirigeant ou d'entraîneur je crois que c'est un problème de joueurs, avance t-il. Mais si un déclic ne se produit pas après ce match perdu en Allemagne, on risque d'être loin des objectifs espérés."
Les joueurs eux-mêmes semblent partager cet avis. "Nous sommes amers, confie Jérémy Pied. Dans le vestiaire, tout le monde est motivé. Mais une fois sur le terrain, on est mou. Je ne sais pas comment on peut changer ça. C'est plus une question de mental." Plus désabusé encore, Bafé Gomis déclare avoir "beaucoup de regrets" malgré la qualification. "Car on a vu une équipe qui n'osait pas, qui ne se battait pas."
Quelques soient les raisons d'un pareil non-match, Lyon n'aura pas le temps de tergiverser. Les échéances du championnat l'obligent à se recentrer très vite sur son jeu. L'accueil de Paris dimanche sera un test d'envergure pour l'OL.

Pourtant, malgré tous ces griefs, les Lyonnais n'ont pas de quoi rougir quand vient l'heure du bilan. En Ligue 1, après un début de saison léthargique, le septuple champion de France fait son bonhomme de chemin vers les sommets du classement. Désormais 8e, les hommes de Puel comptent deux points de retard sur le leader, Lille. Certes, le niveau général du championnat laisse à désirer, mais avec sept matchs sans défaite, Lyon se rapproche de plus en plus de son objectif d'être sur le podium au moment de la trêve. Pas souvent académique, pas très esthétique, les résultats sont là. Et n'est-ce pas l'essentiel ?