Cenk Tosun et ses coéquipiers de l'équipe nationale de Turquie font un salut militaire, le 11 octobre 2019
Cenk Tosun et ses coéquipiers de l'équipe nationale de Turquie font un salut militaire, le 11 octobre 2 | AFP

Le conflit entre la Turquie et les Kurdes s'invite dans le football

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Mercredi 9 octobre, la Turquie a lancé une offensive militaire contre les Kurdes dans le nord de la Syrie. Cette attaque, dénoncée notamment par la France et l’Union Européenne, divise autour du globe, et s’immisce même dans le monde du ballon rond. Vendredi, ce sont les joueurs de l'équipe nationale turque qui ont mimé un salut militaire...

En attaquant les Kurdes dans le nord de la Syrie contre l’avis de la communauté internationale, la Turquie s’attire les foudres de nombreux états. Dans ce contexte international délicat, la rencontre de football lundi entre la France et la Turquie inquiète les autorités. Déjà classée à risques en raison du nombre de supporters turcs attendus (entre 30 000 et 40 000 selon les dernières estimations) et des sifflets entendus pendant la Marseillaise au match aller en juin, ce match sera aussi tendu d’un point de vue sportif. Et pour cause, il s’agira certainement d’une finale pour la première place du groupe H des éliminatoires de l’Euro 2020, place occupée par Français et Turcs avant le coup d’envoi.

A ces éléments s’ajoute donc un contexte international conflictuel. Opposées sur la question, la France et la Turquie entretiennent des relations diplomatiques très froides depuis que le président français, Emmanuel Macron, a demandé à son homologue Recep Tayyip Erdogan de mettre fin à cette opération militaire. Si cela n’a pas encore été confirmé, il se pourrait qu’aucun membre du gouvernement français n’assiste à cette rencontre. Les autorités françaises ont donc décidé de mettre en place un dispositif de sécurité conséquent pour la réception de la Turquie, trois jours après la victoire des Bleus en Islande (1-0).

Un salut militaire qui passe mal

En outre, la célébration des Turcs -mimant un salut militaire- au moment de leur but contre l'Albanie, vendredi soir, n'a pas laissé indifférente l'UEFA. "Personnellement, je n'ai pas vu ce geste, qui pourrait cependant ressembler à une provocation. Le règlement interdit toute référence politique ou religieuse et je peux garantir que nous examinerons cette situation", a indiqué le responsable presse de l'UEFA à l'agence de presse italienne ANSA, Phil Townsend.

Jeudi, l’ancien défenseur Rennes, Marseille et Sochaux, Jacques Faty, a soutenu publiquement cette offensive sur Twitter. L’ex-international sénégalais de 35 ans, aujourd’hui employé d’une académie du PSG en Turquie à Antalya, a déclaré : "Pour Allah, pour cette terre sainte, pour mettre fin au mal, nos soldats sont partis. Que Dieu bénisse l’armée turque musulmane ".

En Allemagne, c’est un joueur de Sankt Pauli qui a soutenu l’opération militaire turque sur son compte instagram. Une prise de position pas du tout au goût de ses supporters, qui dans un communiqué ont demandé au club de se séparer de lui : « Ce n'est pas la première bévue linguistique et médiatique de Şahin à ce sujet. Par le passé, il a déjà exprimé sa loyauté au régime et son mépris quant à la mort de la population kurde. Il savait qu'il avait déjà fait des faux pas et que ces prises de position dans notre club étaient un affront clair. Pour nous ultras, il est donc certain que Cenk Şahin ne doit plus porter le maillot du FC Sankt Pauli et demandons au club de licencier Cenk Şahin aujourd'hui, vendredi 11 octobre ». Dans un communiqué, le club s’est désolidarisé des propos du joueur « incompatibles avec les valeurs du club », avant de préciser : « Le club a déjà parlé au joueur et règle cette affaire en interne. No more wars ! ».

Par ailleurs, la célébration des Turcs -mimant un salut militaire- au moment de leur but contre l'Albanie, vendredi soir, n'a pas laissé indifférente la Fifa. "Personnellement, je n'ai pas vu ce geste, qui pourrait cependant ressembler à une provocation. Le règlement interdit toute référence politique ou religieuse et je peux garantir que nous examinerons cette situation", a indiqué le responsable presse de l'UEFA à l'agence de presse italienne ANSA, Phil Townsend.

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