Brésil Neymar Robinho 2011
Neymar et Robinho, deux des joyaux du Brésil | AFP - Antonio Scorza

Le Brésil décroche son quart

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Le Brésil a dominé l'Equateur (4-2), lors de la troisième et dernière journée de la phase de poules de la Copa America, arrachant la première place du groupe B au Venezuela, qui, mené 3-1 par le Paraguay, avait auparavant arraché le nul dans les dernières minutes. Brésil - Paraguay, ce sera l'une des affiches des quarts de finale.

Les traditionnels rivaux s'imitent. Comme l'Argentine, après deux matches nuls ternes, le Brésil a trouvé le chemin d'un succès large, et des quarts de finale de la Copa America. Comme avec Messi pour l'Argentine, c'est la star de l'équipe, décriée jusque-là, Neymar, qui a sonné la charge. Tancé par son sélectionneur Mano Menezes pour son manque d'altruisme et par son capitaine Lucio pour son manque d'engagement, la perle de Santos a répondu sur le terrain.

Pourtant, le début du match faisait penser à un Brésil dans le droit-fil de ses précédentes prestations (0-0 contre le Venezuela et 2-2 face au Paraguay). Il avait bien sûr le souci de poser le jeu, mais il manquait l'envie, l'étincelle. Les deux équipes s'observaient dans les premières minutes, et ce faux rythme s'installait pernicieusement. Mais la Seleçao montait en puissance, lentement mais sûrement, et a su rester mobiliser lors des deux égalisations de Caicedo, d'un tir à ras de terre sur lequel Julio Cesar réalisait une "Arconada", le ballon filant sous son ventre (37e), et d'une frappe sèche à l'entrée de la surface (59e).Pato avait ouvert le score (28e). C'était au tour de Neymar de jouer.

Après une première période dans la lignée de ses deux précédents matches, terne, l'attaquant à la crête servi par Ganso dans l'axe marquait son premier but dans le tournoi (49e). Ce fut une vraie délivrance, et tous les remplaçants se jetaient sur lui pour le fêter. L'attaquant à la crête (19 ans) prenait soudain une autre dimension, disponible et serviable. C'est lui qui décochait une violente frappe contraignant Elizaga à repousser le ballon sur Pato, qui y allait de son doublé (61e). Cette soudaine générosité de la part de Neymar était même récompensée par un centre en or où il n'avait qu'à pousser le ballon dans les filets (73e). Un centre signé Maicon, qui avait remplacé Dani Alves dans le onze de départ. Une bonne pioche de la part de Menezes, qui peut se rassurer: le vent du boulet n'est pas passé loin.

Ce n'est pas encore un grand Brésil, et la faiblesse de l'adversaire, totalement inoffensif en-dehors de Caicedo, est pour beaucoup dans la débauche de buts. Face au Paraguay dimanche, ce sera peut-être une autre chanson. D'autant que les Paraguayens sont passés tout près de la victoire contre le Vénézuela, menant (3-1) avant de concéder le nul dans les dernières minutes. Traditionnel Petit Poucet du continent sud-américain, le Vénézuela finit deuxième et réalise un petit exploit en se qualifiant pour la seconde fois consécutive pour les tours à élimination directe. Le sélectionneur de la "Vinotinto" Cesar Farias avait décidé de ménager son capitaine, le meneur de jeu Arango, et les attaquants Maldonado et Fedor. Son équipe était déjà qualifiée mais a néanmoins cherché la victoire, si bien que le match fut ouvert, avec beaucoup d'espaces. Le Venezuela a eu surtout les ressources de remonter deux buts de retard dans les dernières minutes, grâce à un doublé de Fedor, entré en jeu peu avant (89, 90+2).

Rondon avait ouvert la marque d'une frappe à l'entrée de la surface, marquant le but venu le plus tôt dans un match du tournoi (4). Le Guarani Alcaraz égalisait après le renvoi du poteau d'un tir de Torres (32), lors d'une première mi-temps engagée et que la Vinotinto a pris à son compte, profitant d'étonnants errements dans la défense paraguayenne. Les Guaranis ont ensuite réagi, et se sont davantage approchés de la cage adverse. Haedo Valdez et Barrios, après de nombreuses offensives avortées, étaient récompensés lorsque le premier tirait sur le gardien, et que le ballon revenait au second pour le deuxième but paraguayen (62). Les dernières minutes produisaient encore trois buts, le 3e paraguayen de la part de Riveros de la tête, prolongeant un coup franc de Torres (85), puis le doublé de Fedor, d'une frappe en pivot déviée (89) puis d'une tête au deuxième poteau sur un corner (90+2).

Réactions

Julio Cesar (gardien du Brésil): "Nous avons maintenant la possibilité de travailler plus tranquillement, sans toute cette pression même s'il ne faut pas se relâcher. Dans le vestiaire, on a parlé, l'équipe voulait se montrer forte rapidement et se dire qu'elle allait gagner. Les buts se créent toujours à partir d'actions bien construites, collectives. Le deuxième but encaissé était un peu plus difficile à arrêter que le premier, mais sur les deux, j'ai pris une décision technique erronée et je n'ai pas eu le temps d'arriver sur le ballon. C'est sûr que le Paraguay a réalisé une prestation un peu plus faible que ce à quoi on s'attendait, mais parfois les équipes s'améliorent".
Felipe Caicedo (attaquant de l'Equateur, auteur d'un doublé): "Nous nous en allons tristes. Nous aurions pu au moins faire match nul, mais c'est le football. Nous voulions écrire une page d'histoire mais nous n'y sommes pas parvenus. On s'est déconcentré, on a donné des espaces au Brésil et il ne faut pas donner d'espaces au Brésil. Nous avons eu deux occasions pour égaliser mais ne l'avons pas fait. Sur un plan personnel, je suis satisfait d'avoir marqué deux buts au Brésil, mais ça a un goût amer parce qu'on a raté notre objectif, qui était la qualification pour le deuxième tour".
Mano Menezes (sélectionneur du Brésil): "Il est toujours bon de gagner, on avait besoin d'un bon match, on l'a fait contre l'Equateur, au moment décisif de la phase de groupes. Je travaille pour tirer le meilleur de nos joueurs. Parfois c'est compliqué quand on a deux joueurs extraordinaires dans la même position, comme Dani Alves et Maicon. Robinho a fait un bon match, comme tout le collectif. Les individualités sont ressorties, mais il faut encore mieux jouer. Julio Cesar ? Aborder des aspects négatifs après un tel match, ce n'est pas juste. Ce n'est pas pour une erreur d'un joueur que je vais choisir une autre option. Julio mérite la même confiance qu'avant, de la même manière que Dani Alves. On va prendre des décisions à l'approche du match contre le Paraguay. Neymar ? J'ai aimé sa prestation, il a retrouvé le chemin du but, c'est important, et il a pris conscience de son importance dans le groupe. Tout le monde a confiance en lui. On sait qu'il peut progresser dans cette Copa America. Contre le Paraguay ce sera dur, et si on veut passer en demi-finale, il faudra continuer à progresser. On n'a plus de joker, il faut vaincre chaque adversaire".
Reinaldo Rueda (sélectionneur de l'Equateur): "Notre objectif, on l'a toujours dit, c'est la qualification au Mondial. Ce tournoi est un tournoi intermédiaire sur ce chemin. On a fait des approximations qui nous ont coûté cher. On va analyser tout cela pour voir quelles décisions il faut prendre. On fera l'évaluation avec la Fédération. On peut dire qu'un seul point, ce n'est pas acceptable, vu nos aspirations. C'est un bilan négatif pour l'Equateur. On a raté notre match contre le Venezuela, et aujourd'hui ça a été dur. On n'a pas su résister à leurs contre-attaques, on n'a pas su conserver le 2-2 plus longtemps que trois minutes. Quatre buts, c'est un peu sévère, mais le Brésil a une grande force offensive, et je pense que pour cette défense, pour ce qu'elle a montré contre le Paraguay, c'est un peu sévère. Il faut dire aussi qu'on a été affaibli par les absences de plusieurs attaquants, comme J. Ayovi et Valencia".
Pato (attaquant du Brésil, auteur d'un doublé): "On a tous joué pour gagner. C'est arrivé parce qu'on a bien joué. On espère toujours un grand match du Brésil, des résultats avec beaucoup de buts. Le football est très difficile, et ça n'a pas été différent aujourd'hui, ils sont revenus deux fois au score. Depusi le premier match on essaie de marquer des buts, moi j'ai besoin de buts. Si on gagne et que je ne marque pas, pour moi c'est comme si je marquais. La finale est lointaine, on ne pense qu'au prochain match. Il faut progresser à chaque fois. Le Paraguay, ce sera difficile, on a déjà joué contre eux. On va voir ce qu'on peut faire de mieux. C'est une nouvelle Copa America qui commence, on va chercher trois victoires et le titre".

Le tableau des quarts de finale

Samedi à Cordoba
Colombie - Pérou
Samedi à Santa Fe
Argentine - Uruguay
Dimanche à La Plata
Brésil - Paraguay
Dimanche à San Juan
Chili - Venezuela