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Neymar tente sa chance | PABLO PORCIUNCULA / AFP

Le Brésil bredouille

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A La Plata, le Brésil n'a pas convaincu, en concédant un match nul et vierge 0-0 face au Venezuela, en match du premier tour de la Copa America. Les spectateurs n'ont pas été plus gâtés par le match entre le Paraguay et l'Equateur, soldé par un nul identique (0-0).

Après le nul concédé par l'Argentine à la Bolivie (1-1) en match d'ouverture, voici l'autre grand favori du tournoi assommé d'entrée ! Car un nul face au Venezuela, qui ne compte que deux victoires dans son histoire en 50 matches de Copa America, équivaut à une défaite, du moins morale.
Une semaine pourtant que les titulaires s'entraînaient ensemble, et presque un an que le sélectionneur Mano Menezes attendait ce onze, depuis qu'il l'avait lancé pour son premier match, un amical remporté 2-0 contre les Etats-Unis en août 2010, avec quasiment la même équipe (les anciens Julio Cesar et Lucio ayant entre-temps été rappelés à la rescousse).

Pas de blessé, pas de grand absent, pas d'excuse. A moins que le froid térébrant qui s'est abattu sur Buenos Aires et ses environs n'ait congelé le "jogo bonito" (beau jeu) que Menezes entend réhabiliter ? Des occasions franches ? La première période en fut avare, la seconde carrément dépourvue ! Il y eut cette frappe surpuissante de Pato s'écrasant sur la transversale (27e), et ce décalage de Neymar pour Robinho dont le tir était freiné par Vizcarrondo. De la main, estimaient les Brésiliens, mais l'arbitre ne bronchait pas (39e).

Neymar ? Contrôles orientés flanquant deux joueurs à terre, feintes, déviations, roulettes, le petit prodige de 19 ans était bien là. De quoi amuser la galerie, sans vraiment menacer le gardien adverse. Et l'idole à la crête disparaissait en seconde période. Mais si Neymar a assuré un peu de spectacle par ses grigris, son coéquipier de Santos, Ganso, est pour sa part passé à côté de son match. Et Robinho, s'il affichait de la mobilité, n'était guère tranchant, au point d'être remplacé à l'heure de jeu par Fred. Le Brésil manquait de liant, notamment entre les secteurs défensif et offensif. La faute notamment à Ramires, un des deux milieux défensifs avec Lucas Leiva, qui ne se projetait pas assez vers l'avant et ne semblait pas dans son assiette.

Les Vénézuéliens, bien repliés, compensaient leur faiblesse technique, y compris chez le meneur et capitaine Arango, par un engagement physique de tous les instants. Quelques contre-attaques à leur actif, et un temps fort en début de seconde période et deux frappes trop molle (71) et non cadrée (72), mais rien de bien méchant. Et la bronca des supporters brésiliens se mêlait à la clameur vénézuélienne. Un délire populaire à la hauteur de la satisfaction du sélectionneur vénézuélien, qui parlait de ce match nul comme d'un "résultat historique. Nous venons de faire notre entrée en lice contre un grand, le Brésil joue très bien mais nous avons eu beaucoup de mérite à conserver le score. Quand il a pu le faire, le Vénézuela a joué, et quand il a dû lutter comme des gladiateurs, il l'a fait."

Déclarations:

Renny Vega (gardien du Venezuela): "Ce ne sera pas facile pour les grandes équipes, elles devront se battre à chaque match. Nous rêvons tous de la qualification, nous ne sommes pas venus ici pour nous promener. Ce résultat est important parce qu'il ne faut pas oublier que le Brésil est champion d'Amérique. C'est un nul important, mais nous restons tranquilles. Le travail que nous effectuons depuis un mois au Venezuela nous a heureusement souri, c'est quelque chose qui nous motive, mais nous n'avons encore rien gagné, cela ne fait que commencer."
Mano Menezes (sélectionneur du Brésil): "En première période, nous avons eu des occasions, mais dans la deuxième, ça a été différent. Il nous a manqué un peu de tranchant. Si nous avons réussi à passer sur les côtés, nous avons manqué de vitesse. Il aurait fallu davantage pénétrer dans la surface de réparation, où nous n'avions aucun joueur. Le Venezuela a bien travaillé."
Pato (attaquant du Brésil): "Nous avons eu beaucoup de situations dangereuses que nous n'avons pu concrétiser, mais bon, un nul ce n'est pas si mal. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'y a pas d'adversaire ni de match facile ou simple, c'est ce qu'on a toujours dit en venant ici. Le résultat contre le Venezuela aujourd'hui reflète bien cela. Espérons que nous puissions élever notre niveau pour le prochain match et obtenir un résultat qui nous permette de croire à la qualification.
Robinho (attaquant du Brésil): "Nous avons fait une très bonne première période, et il a juste manqué le but. Nous nous sommes créé beaucoup d'occasions, ce qui nous rend tranquilles, même s'il est toujours mieux de gagner. Nous devons maintenant corriger ce qu'on a mal fait et penser au match contre le Paraguay".

AFP