La joie des Munichois
Contraste entre le bonheur des Munichois Gomez, Robben, Gustavo et Alaba et l'abattement des Madrilènes Sergio Ramos ou Pepe | REUTERS - SERGIO PEREZ

Le Bayern revient à la maison

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Le Bayern Munich a arraché le billet pour sa finale de la Ligue des champions face à Chelsea. Vainqueurs 2-1 à l'aller, les Bavarois se sont inclinés sur le même score face au Real Madrid, mercredi à Santiago-Bernabeu. Schweinsteiger a offert la qualification aux siens au terme de la séance des tirs au but (3-1). Ribéry et les siens seront bien au dernier rendez-vous de la saison, le 19 mai à l'Allianz Arena de Munich.

Le monde du footbal attendait, espérait, une finale Real Madrid-FC Barcelone. Ce sera finalement Chelsea-Bayern Munich. Comme les Anglais, Ribéry et les siens ont déjoué les pronostics pour poursuivre leur rêve jusqu'à son terme, cette finale disputée à domicile le 19 mai prochain à l'Allianz Arena. Le Graal est proche pour les Bavarois qui auront réussi à faire déjouer leurs hôtes, et parfois même à faire taire Santiago-Bernabeu.

Revenu d'Allemagne avec un handicap à remonter (1-2 à l'aller), le Real Madrid n'avait qu'une idée en tête au coup d'envoi: reprendre l'avantage. Aussitôt dit, aussitôt fait. Sur un penalty discutable, une main (involontaire ou non) d'Alaba sur un centre de Di Maria, Cristiano Ronaldo ne se fait pas prier pour mettre les siens sur de bons rails (1-0, 6e). Paradoxalement, le Bayern réalise une meilleure entame de match, dans la domination territoriale et la maîtrise des débats. Mais Robben manque complètement sa reprise face au but sur un centre impeccable d'Alaba (8e), puis Gomez se heurte à Khedira après une frappe de Gomez repoussée par Casillas (12e). Ronaldo, lui, n'a pas besoin de multiples occasions dans le jeu pour faire mouche. Laissé un peu trop seul par la défense bavaroise, le Portugais double son total de la soirée sur une ouverture splendide d'Ozil (2-0, 14e).

Le Bayern doit sans doute se dire à cet instant que ce Santiago-Bernabeu, où il était venu s'incliner en finale il y a deux ans face à l'Inter Milan d'un certain Jose Mourinho, est définitivement maudit. Les Munichois poussent, multiplient les frappes lointaines, souvent cadrées, mais rien n'y fait. Et la défense est tout près de se faire prendre à revers sur une mésentente entre Neuer et sa ligne arrière (26e). L'espoir renaît sur un centre de Kroos pour Gomez, poussé dans la surface par Pepe. M. Kassai n'hésite pas et offre un penalty justifié aux visiteurs que Robben se charge de transformer, sur un ballon que Casillas effleure du bout des doigts (2-1, 27e). Egalité parfaite sur l'ensemble des deux matches. Tout est à refaire.

Munich maladroit, le Real souffre

Le Bayern Munich est la 4e équipe de l'histoire de la C1 à disputer la finale à domicile, la première depuis l'AS Rome en 1984. Si les Italiens avaient été battus, l'avantage du terrain a souvent servi.
1957: Real Madrid – vainqueur de la Fiorentina 2-0
1965: Inter Milan – vainqueur du Benfica Lisbonne (1-0)
1984: AS Rome - battu par Liverpool (1-1, 4 tab 2)
2012: Bayern Munich

La seconde période est cadenassée de part et d'autre. Si le Bayern continue de faire le jeu, le Real tente de répliquer en contre. Mais ni Benzema, malgré toute sa volonté et une frappe stoppée par Neuer (56e), ni Ronaldo, très discret, ne parviennent à peser sur la défense adverse. Les hommes de Jupp Heynckes mettent la pression sur un leader de la Liga qui perd trop rapidement le ballon. Si Ronaldo cadre un coup franc direct sans danger pour le portier de la Mannschaft (69e), Robben (66e) puis Gomez (86e) ratent leur contrôle dans la surface et se privent d'occasions de but.

Au bord du KO dans les dernières minutes du temps règlementaire, le Real reprend du poil de la bête au coup d'envoi de la prolongation. Les Merengue confisquent le ballon, font le siège du but de Neuer. Mais, hormis quelques alertes, rien ne vient vraiment perturber la quiétude bavaroise lors des quinze premières minutes. Les débats s'équilibrent, les gestes limites commencent à fleurir. Ribéry, auteur d'un seul dribble réussi en huit tentatives, cède sa place à Thomas Müller. Benzema est remplacé par Higuain côté Real. Mais le jeu reste fermé et Ronaldo continue de ne pas cadrer ses frappes (108e). Boateng stoppe un Kaka mal inspiré (112e). La fatigue ayant fait son travail de sape, la lucidité et les automatismes ont déserté le terrain. Graneiro tente bien d'obtenir un penalty en s'écroulant devant Neuer (115e), il ne récolte qu'un jaune pour simulation.

Le Bayern diminué pour la finale

Comme si le sort de tout un stade, de toute une ville, reposait entre ses gants, Casillas est porté sur sa ligne par les "Iker, Iker" montés des travées. Mourinho vient lui-même encourager son gardien. S'il ne peut rien sur la tentative d'Alaba, le champion du monde remet une fois de plus les compteurs à zéro en stoppant les tentatives mal ajustées de Kroos et Lahm, répondant aux arrêts de classe de Neuer face à Ronaldo, puis Kaka. Mais il était écrit que le Bayern rentrerait chez lui pour la finale. Ramos expédiait la balle dans les nuages et Schweinsteiger expédiait, lui, les siens sur la voie royale vers la finale.

Les statistiques n'ont pas été démenties. Pour la sixième fois en autant de demi-finales, le Real est éliminé à ce stade de la compétition après s'être incliné à l'aller. Le Bayern s'en va lui disputer sa neuvième finale de C1. Mais ce sera avec un effectif diminué. Avertis, Alaba, Gustavo et Badstubber assisteront à la finale depuis les tribunes.