Franck Ribéry
La rage de Franck Ribéry devant le public du Bayern Munich | AFP - Christophe Stach

Le Bayern finit le travail

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Le miracle n'a pas eu lieu pour l'Olympique de Marseille, battu à l'Allianz Arena par le Bayern Munich (2-0) mardi soir en quarts de finale retour de la Ligue des Champions. Déjà victorieux sur le même score à l'aller, les Allemands atteignent logiquement le dernier carré. Pour l'OM en revanche, et ce match sans passion l'a prouvé, la marche européenne était bien trop haute.

Pour ne pas sombrer tout de suite, les Marseillais ont lâché les premiers coups. D'abord par un tir de Rémy stoppé par Neuer, puis par un face à face de Morel avec le gardien du Bayern qui repoussait le ballon. Ce fut presque tout pour une première période où les Bavarois ont monopolisé le ballon et gagné la bataille du milieu. Avec un Ribery virevoltant les Munichois allaient rapidement éteindre les timides velléités marseillaises. D'abord par une relance rapide, un débordement de Ribery suivi d'un centre parfaitement ajusté pour Olic qui trompait Mandanda (1-013e). Le gardien de l'OM n'en avait pas fini pour autant. Il s'interposait à trois reprises dans les minutes suivantes devant Timoschuk et Olic intenable.Puis Mandanda était sauvé par son poteau sur une énorme frappe de Kroos. Contraints de subir, les Marseillais étaient privés de ballons et n'avaient que peu d'atouts à jouer dans une partie mal engagée. Sûr de son fait, le Bayern continuait de pousser. Une ouverture de Ribéry trouvait Alaba lequel centrait pour Olic qui doublait la mise pour Munich (2-0, 37e).

Les Marseillais étaient complètement étouffés par une organisation collective allemande très bien huilée, très solide, qui maîtrisait parfaitement la situation avec de l'application et du rythme. Les hommes de Deschamps ne pouvaient que constater les dégâts et faire le dos rond jusqu'à la pause.      

Des Marseillais sans conviction

La France va perdre une place dans les coefficients clubs UEFA après l'élimination de Marseille, ce qui veut  dire que le troisième de Ligue 1 devra effectuer à partir de 2013-14 un tour supplémentaire avant d'accéder aux barrages de la Ligue des champions. Le Portugal, qui compte encore deux engagés dans les coupes européennes, a  accru son avance à la 5e place des coefficients clubs UEFA devant la France  (6e).

Les Marseillais savaient évidemment qu'ils avaient brûlé leurs cartouches d'espoir et qu'ils allaient devoir faire une croix sur la Ligue des Champions.Mais ils n'abandonnaient pas le combat pour autant. Profitant d'un peu plus d'espace dans un bloc allemand plus étiré, ils se hasardaient à quelques tentatives, mais jamais très tranchantes, que ce fut par Ayew ou Brandao, ce dernier manquant d'ailleurs une tête en bonne position après l'heure de jeu. Les Bavarois géraient tranquillement, baissant le pied quand il le fallait pour trouver leur second souffle, puis capables d'accélérer si nécessaire, alors que les Marseillais sans imagination ni vraiment de conviction, ne savaient trop quoi faire des quelques ballons qu'ils récupéraient. Ils s'appliquaient surtout défensivement à ne pas se faire déborder   pour ne pas concéder un 3e but qui ne manquerait pas de faire mauvais effet. 

Les dernières minutes étaient plutôt monocordes, les Allemands se contentant d'un succès probant, les Marseillais n'ayant plus qu'une envie, celle de voir l'arbitre norvégien M.Moen siffler la fin des débats et celle d'une rencontre où ils n'ont jamais été en mesure de renverser la tendance. Incapables de mettre de la folie, de l'envie, du coeur, ils ont joué trop petitement pour surprendre des Allemands techniquement supérieurs, qui ont su se montrer efficaces et rigoureux. Ils vont devoir maintenant se projeter vers leur prochain objectif en Ligue des champions: ce sera face au Real Madrid et sans doute beaucoup plus difficile que face à Marseille.

L'OM de son côté vient de connaître son dixième match sans victoire et traverse une période très compliquée. Deschamps va avoir beaucoup à faire pour remotiver ses troupes pour tenter de grappiller encore quelque chose en championnat ou pour essayer de sauver la saison en remportant la coupe de la Ligue. Mais après cette défaite qui semblait écrite, c'est un esprit de reconquête qu'il faudra retrouver, pour stopper une spirale négative qui risque de priver le club phocéen de rendez-vous européen la saison prochaine.    

Loïc Rémy: "On sait le chemin qui nous sépare  du Bayern. C'est vraiment une très grande équipe. On traverse aussi une passe difficile. On sait qu'il nous reste encore la finale de la Coupe de la Ligue. En championnat, faire bonne figure jusqu'à la fin. Après on verra. En tous les  cas c'est vraiment une saison difficile cette année. Et pour nous c'est  vraiment de se battre jusqu'à la fin. On a encore des objectifs comme la finale  de la Coupe de la Ligue qui peut être intéressant." 

Didier Deschamps: "Je n'ai pas de regret, mais cela aurait pu être différent. On a  essayé de faire de notre mieux. On a pris plus de risques ce soir, on s'est  exposé et c'est logique que le Bayern fasse partie des quatre meilleures  équipes d'Europe. On a essayé. On a fait de bonnes choses, d'autres moins. On  peut sortir la tête haute. L'avantage au tour précédent contre l'Inter n'était  pas forcément dans la logique sportive, il faut s'en rappeler. Aujourd'hui, la  marche était trop haute pour nous. Il y a une certaine forme de logique. Mes 11  joueurs au coup d'envoi n'avaient pas connu de quart de C1. C'est quelque chose  qui va leur servir pour acquérir de l'expérience.

Christian Grégoire