Laure Boulleau
La footballeuse tricolore Laure Boulleau | AFP - FRANCOIS NASCIMBENI

Laure Boulleau fixée sur son sort dans "3 à 4 semaines"

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Laure Boulleau, l'internationale tricolore, doit encore attendre un mois maximum avant de connaître la décision de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Accusée d'avoir manqué à trois reprises des contrôles en moins de 18 mois, la joueuse du PSG risque jusqu'à un an de suspension.

Laure Boulleau va encore devoir patienter avant de savoir à quelle sauce va être manger. Coupable d'avoir manqué trois contrôles antidopages, elle a été reçue en audition par le collège de l'Agence française qui rendra sa décision "dans 3 à 4 semaines" a déclaré en préambule de l'audition son premier président Guy Joly. Le Mondial organisé cet été au Canada pourrait donc se jouer sans elle. La joueuse, accompagnée de ses conseils, est arrivée vers 9h30 au siège de l'AFLD à Paris, pour une audience qu'elle avait souhaité ouverte à la presse. Pendant une heure, l'audition a permis aux intervenants d'exposer dans le détail les manquements reprochés à la joueuse (2 no-show et un oubli de remplissage du formulaire de localisation, le 29 mars 2013, le 25 février 2014  et le 10 juin 2014).

En introduction, le rapporteur du collège Patrick Sassoust a ouvert la voie à une possible sortie par le haut dans ce dossier, évoquant l'application du nouveau code mondial antidopage en vigueur depuis le 1er janvier 2015. Désormais, le code dispose qu'une procédure pour défaut de localisation ne peut être ouverte à l'encontre d'un sportif que si trois manquements ont été constatés en 12 mois et non plus 18, comme avant. Or, les trois manquements constatés pour Laure Boulleau s'étalent sur 15  mois. L'avocat de la joueuse, Me Alexis Gramblat, avait logiquement choisi de  faire reposer la première partie de sa défense sur ce point. "Dans ce cadre, Mlle Boulleau ne saurait encourir aucune sanction car l'infraction n'est pas constatée", a-t-il argumenté. Mais le conseil de la joueuse est allé plus loin, en développant une  argumentation juridique visant à démonter sur le fond les "rendez-vous manqués"  avec les "prétendus contrôleurs".

"Vous pensez de l'agence ce que Zlatan pense de la France"

L'avocat a d'abord évoqué la légalité de la procédure. Selon lui, les premier et troisième avertissements relevaient "d'une procédure irrégulière" puisque "la section juridique de l'agence n'avait pas été consultée avant d'infliger ces avertissements". Incisif, Me Gramblat s'est ensuite intéressé aux contrôleurs. Il a ainsi plaidé l'illégalité de la procédure de contrôle en raison de "dossiers incomplets" des contrôleurs. Selon lui, ils n'avaient pas non plus satisfait "aux obligations de formation initiale". "Aucun agrément ne pouvait leur être délivré", a-t-il asséné. "L'AFLD n'est pas aussi intransigeante avec elle-même qu'avec les sportifs", a-t-il souligné, estimant que "la quasi totalité des contrôles pouvaient être irréguliers".

De quoi faire réagir avec humour le président de session: "Vous pensez de l'agence ce que Zlatan pense de la France", a commenté Guy Joly. La joueuse, elle, a fait profil bas, réitérant sa compréhension de la situation. "J'assume mes erreurs et je les regrette. Je suis là pour que tout le monde, club, fédération, AFLD, travaille dans le même sens. Je ne suis en guerre contre personne", a-t-elle avancé. En cas de sanction, la joueuse risque un an de suspension. En décembre, la Fédération française de football (FFF), saisie par l'AFLD comme le prévoit la procédure, avait décidé de ne pas sanctionner la joueuse.