Lionel Messi
Lionel Messi | AFP

L'Argentine encore en échec

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L'Argentine, à court d'idées, a de nouveau balbutié son football en faisant match nul face à la Colombie (0-0), mercredi soir à Santa Fe, et se trouve désormais en position délicate pour la qualification où seuls les deux premiers du groupe accèdent aux quarts de finale. Après le terne 1-1 face à la Bolivie, l'Albiceleste n'y arrive toujours pas. Les Colombiens, eux, avec quatre points, confortent leur statut de leader du groupe A, en attendant Bolivie-Costa Rica.

Il ne suffit pas d'aligner les grands noms ni le meilleur joueur du monde pour remporter des matches. Encore faut-il que cette accumulation de stars décide de jouer ensemble. Or, pour le moment dans cette compétition pourtant disputée à domicile, l'Albiceleste affiche un collectif très en deçà de ce qu'on attend d'un double champion du monde.La production argentine fut à nouveau pauvre en terme d'occasions, dans le droit fil de la seconde contre la Bolivie (0-0). La meilleure fut un centre-tir de Cambiasso, que le gardien colombien Martinez sortait de justesse (20e). La meilleure occasion fut donc involontaire...

Tout un symbole, si on y ajoute le coup franc tiré depuis l'angle de la surface par Messi dans les nuages (80e). Le N.10 se cachait le visage, impuissant. Les Cafeteros, eux, mangeaient la feuille de match par Ramos qui manquait l'immanquable (21e). Puis c'était au tour de l'arbitre, lors d'une action qui fera jaser. Le même Ramos récupérait une passe en retrait molle de Milito et se faisait faucher par Romero dans la surface. L'arbitre laissait l'avantage mais Moreno ratait le cadre (28e) ! Et la seconde période argentine fut du même acabit. Encore une fois, les Colombiens s'avéraient plus menaçants, avec cette frappe d'Armero à ras du poteau à l'issue d'une belle contre-attaque (66e). Les Cafeteros présentaient un bien meilleur visage que face au Costa Rica, qu'ils avaient battu 1-0 dans la grisaille.

Messi ? Discret, sans réussite y compris dans ses courses diagonales (les fameuses "Messi-Messi"), il a tout de même délivré une passe en profondeur magnifique pour Lavezzi, qui butait sur Martinez (35e). Encore positionné bien bas avant la pause, il est monté d'un cran après, puis est redescendu en soutien d'un nouveau trident Agüero-Higuain-Tevez.
Et il a été gêné par l'abattage de Sanchez, la bonne pioche du sélectioneur colombien Hernan Dario Gomez. Les joueurs autour de Messi sur le terrain étaient en débat, mais Sergio Batista a décidé de leur maintenir sa confiance.

"Il est bien accompagné, avec des joueurs qui ont les mêmes caractéristiques que lui, qui parlent le même langage que lui", a avancé le technicien. Or, dans l'entrejeu, Banega manquait de vitesse, et Cambiasso était trop occupé à la récupération. Les deux autres attaquants, Tevez et Lavezzi, se montraient à nouveau en-dessous de leur niveau espéré. Il va maintenant falloir corriger le tir très vite car un succès face au Costa Rica est indispensable pour aller en quarts de finale. Mais il faudra peut-être également marquer plusieurs fois, la qualification risquant de se jouer à la différence de buts.

Réactions

Carlos Tevez (attaquant de l'Argentine): "C'a été un adversaire difficile, très dur. C'est très difficile d'être en bas du classement, mais on a encore notre destin en mains. La Colombie a su nous marquer, mais on savait que tous les matches allaient être comme ça, difficiles.

Hernan Dario Gomez (sélectionneur de la Colombie): "C'était un match équilibré, les deux équipes ont joué sur tout le terrain, un bon match, très dynamique. La Colombie a essayé de sortir rapidement, mais elle est encore en formation, avec des temps faibles. On est dans les temps en vue des éliminatoires du Mondial 2014. L'Argentine est candidate au titre. J'ai vu beaucoup de bonnes choses chez elle, avec de l'ordre, de la discipline, de la vitesse, très déséquilibrante, c'est pourquoi la Colombie est sur le bon chemin. Je suis sûr qu'elle passera sans problème, et qu'elle sera très difficile à jouer pour tous. Le foot se joue aujourd'hui très vite, et on n'a pas assez de patience dans la surface. Ce n'est pas encore le match déclic. On parle de notre meilleur match en raison de la qualité de l'adversaire. Sanchez a fait un travail très loyal. Messi est un crack, mais il ne s'est jamais plaint: ç'a été un duel d'hommes. J'ai félicité Mascherano, parce que j'aime les joueurs argentins, et pour ses titres avec le Barça".