La "taxe Neymar" rejetée en Commission et partie pour subir le même sort à l'Assemblée Nationale

La "taxe Neymar" rejetée en Commission et partie pour subir le même sort à l'Assemblée Nationale

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La proposition de loi UDI-Agir-Indépendants visant à instaurer une taxe de 5% sur les transferts de sportifs professionnels afin de financer le sport amateur a été rejetée mercredi en commission, laissant augurer d'un échec similaire dans l'hémicycle le 7 décembre. Le texte n'a été soutenu que par les groupes "UDI, Agir et Indépendants" (ex-Constructifs) et La France insoumise, dont un des membres, François Ruffin, avait, de manière inhabituelle, cosigné la démarche.

Le rapporteur Michel Zumkeller a justifié sa proposition à la lumière des difficultés du sport amateur au regard du montant des transferts record réalisés cet été par le Paris Saint-Germain avec la venue de la star brésilienne du foot Neymar et de l'attaquant monégasque Kylian Mbappé. "Les petits clubs sont soumis à des normes et des contraintes de plus en plus fortes... Vous vous sentez abandonné et un matin vous ouvrez le journal et le PSG a acheté Neymar 222 millions euros... Et si on n'a pas les petits clubs, on n'a pas Mbappé", a expliqué M. Zumkeller à l'AFP. "Quand on peut donner 15% à un agent qui va le placer je ne sais où, on peut donner 5% pour le foot amateur", a insisté ce député centriste du Territoire-de-Belfort.

La compétitivité en jeu ?

La taxe s'appliquerait au club acheteur, forcément français, et à partir d'un certain montant de transfert. Les sommes récoltées alimenteraient le Centre National pour le Développement du Sport (CNDS) avec obligation de le répartir aux clubs sportifs amateurs. La majorité, mais aussi les Républicains et les socialistes de Nouvelle gauche, se sont toutefois montrés sceptiques en commission des Affaires culturelles et de l'Education, qui suit aussi les Sports, pointant des risques pour la compétitivité des clubs français. "Si nous avons tous été choqués par le montant du transfert de Neymar, votre proposition comprend plus d'inconvénients que d'avantages. Cela pénaliserait les clubs français alors que l'économie du sport est européenne, voire mondiale", a résumé l'orateur de la République en Marche Cédric Roussel, rappelant qu'un petit pourcentage de ces transferts est déjà redistribué vers les clubs formateurs.

Interrogé par l'AFP, Bruno Belgodère, directeur des affaires économiques du syndicat de clubs Première Ligue (qui regroupe les principaux clubs de Ligue 1) a indiqué "ne pas comprendre l'objet de cette taxe". "Elle servirait à financer le CNDS alors que nous en sommes déjà premiers contributeurs via les droits TV, à hauteur de 39,3 millions d'euros. Au total, chaque année notre contribution pour le sport amateur est de 100 millions, soit 5% de notre chiffre d'affaires", a-t-il estimé. "On voudrait être considéré comme une activité comme une autre. Quand les clubs achètent des joueurs, on peut aussi considérer que c'est de l'investissement", a-t-il plaidé.

AFP