La Ligue remet les droits télé en vente

La Ligue remet les droits télé en vente

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La Ligue de football professionnel) a surpris jeudi en annonçant le lancement anticipé et immédiat d'un appel d'offres sur les droits de diffusion pour la Ligue 1 et la Ligue 2 sur la période 2016-2020. Ce lancement anticipé -il était plutôt attendu à l'automne 2015- ne remet pas en cause les contrats actuellement passés avec Canal + et BeIn Sport, qui courent comme prévu jusqu'à la fin 2016 et qui rapportent actuellement à la Ligue environ 607 millions d'euros par an. Mais les dirigeants du football professionnel français ont expliqué cette décision par leur volonté d'offrir de la "visibilité financière" à des clubs qui doivent actuellement compter leurs sous.

Les candidats à la diffusion ont seulement quatre semaines pour présenter  une offre: Canal +, BeIn sports et d'éventuels nouveaux entrants doivent  travailler dans l'urgence. Les diffuseurs intéressés doivent en effet remettre leurs offres qualitatives le 2 avril puis leurs offres financières le 4 avril.  Et c'est dès cette date que la LFP, qui va fixer un prix de réserve global secret, attribuera les droits. Si ce prix minimal n'est pas atteint, elle se réserve toutefois le droit d'attribuer ou non les différents lots.

Donner une visibilité aux clubs

"En lançant cette consultation dès maintenant, on donne aux clubs cette visibilité qui leur manque. C'est valable aussi pour les opérateurs, nos  clients, et d'éventuels nouveaux entrants", a expliqué le Président de la Ligue Frédéric Thiriez. "Nos clubs ont des difficultés dans la conjoncture actuelle, avec la crise  économique, la baisse du marché des transferts, le poids des charges sociales, la suppression du DIC (droit à l'image collective), à quoi s'ajoute  malheureusement la taxe à 75% qui va nous coûter 45 millions d'euros par an  pendant deux ans", a-t-il argumenté. La LFP veut également profiter pour faire monter les enchères d'un contexte  sportif qu'elle juge "optimal". "Il y a des clubs locomotives qui tirent le championnat vers le haut. Le PSG et Monaco évidemment", a déclaré M. Thiriez, avant de poliment citer également "Lille, Saint-Etienne, Marseille et Lyon".

L'idée est donc de faire mieux que les 607 millions d'euros actuels, qui représentaient une baisse par rapport aux 668 millions de la période 2008-12. Et si c'est le cas, la perspective d'entrées financières plus importantes pourrait peut-être adoucir les présidents de clubs mécontents de l'accord  financier passé avec Monaco pour autoriser le club à conserver son siège social  sur le Rocher (50 millions d'euros sur deux ans), qui ont maintenu leur recours  devant le Conseil d'Etat.

Christian Grégoire