Giroud Lugano France Uruguay
Giroud et Lugano dos à dos | FRANCK FIFE / AFP

La France et l'Uruguay se neutralisent en amical

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En dépit d'une domination globale, l'équipe de France a dû se contenter d'un résultat nul face à l'Uruguay en match amical au Havre (0-0). Pour ses débuts à la tête des Bleus, Didier Deschamps peut être rassuré par son assise défensive mais le nouveau coach tricolore doit encore trouver la meilleure formule devant où ses attaquants ont peiné.

Déjà, lors de la Coupe du monde 2010, l'Uruguay avait fait déjouer la France en phase de poules (0-0). Cette fois, l'enjeu n'était pas le même mais la physionomie rappelait bien ces mauvais souvenirs. Face à une Céleste bien regroupée dans sa moitié de terrain, les hommes de Didier Deschamps ont bien tenté de bousculer les certitudes sud-américaines mais la fraîcheur, sûrement, et la confiance, peut-être, ont fait défaut. Il faudra vite les retrouver début septembre pour entamer le début des phases qualificatives pour la Coupe du monde 2014…

Comme annoncé par le sélectionneur en conférence de presse d'avant-match, Olivier Giroud est bien associé à Karim Benzema à la pointe de l'attaque tricolore au coup d'envoi du match. Le moins que l'on puisse dire c'est que les deux joueurs auront peu l'occasion de tester leur éventuelle complémentarité lors de ces 45 premières minutes. Certes, les automatismes sont encore rouillés en ce début de saison et le souffle se fait parfois court mais un tel manque de rythme de part et d'autre plongeait vite les spectateurs du Stade Océane du Havre dans une douce torpeur d'été. Valbuena et Ribéry, chargés d'alimenter les attaquants, avaient beau essayer de dynamiter la rencontre, les attentions en restaient au stade du pétard mouillé. Les choses auraient peut-être été différentes si Muslera, le gardien uruguayen, n'avait pas sorti une extraordinaire parade réflexe sur une tentative à bout portant de Yange-Mbiwa qu'il repoussait sur son poteau ! (16e)

Sakho-Yanga-Mbiwa, les deux font l'affaire

Hormis cette alerte, les Bleus affichaient un manque de spontanéité et de créativité flagrants dans l'animation offensive, une lacune plus que partagée par l'Uruguay d'ailleurs. La Céleste, toujours aussi bien organisée (sa marque de fabrique) se contentait de subir "tranquillement" les assauts tricolores et ne montrait que rarement ses aptitudes devant où Forlan paraissait bien esseulé. Si le secteur offensif décevait, derrière, la paire Sakho-Yanga-Mbiwa a déjà marqué de nombreux points. Tranchants dans leurs interventions, ne s'embarrassant pas de fioritures inutiles dans la relance, le Parisien et le Montpelliérain ont parfaitement tenu la baraque. Et Jallet, entré en jeu dès la 28e minute de jeu en remplacement de Debuchy, blessé, s'est lui aussi bien fondu dans le moule. Bref des bonne surprises individuelles mais un bilan collectif un peu poussif… 

La seconde période, heureusement, offrait un meilleur spectacle et quelques motifs de satisfaction supplémentaires. Ainsi Karim Benzema retrouvait-il toute sa spontanéité, oublié en Pologne et en Suède, pour tenter une reprise de volée somptueuse qui s'écrasait sur le poteau uruguayen (60e). Globalement dominateurs, les Bleus passaient toutefois près de la correctionnelle à la 71e minute quand, sur l'une des rares erreurs de marquage de la défense centrale, Abreu se présentait seul face à Lloris... peu sollicité jusque-là, le gardien lyonnais sortait le grand jeu, et le ballon, sur cette frappe à bout portant ! Merci Capitaine. 

La valse des changements opérés par les deux sélectionneurs ne changeait rien à la donne en cette fin de match, sinon à contribuer à une certaine désorganisation. Jimmy Briand, parfaitement servi par Ribéry, aurait pu profiter de ce flou pour ouvrir le score mais le Lyonnais "dévissait" complètement son coup de tête (85e). Et c'était même sous quelques sifflets que les Français rentraient aux vestiaires. Didier Deschamps le savait, le chantier est conséquent. Il en a eu la confirmation ce soir.

Déclarations :

Rio Mavuba : "Je me suis bien senti, j'ai eu des bonnes sensations, tout le monde m'a mis à l'aise. J'ai essayé de diriger un peu le jeu, c'est dans ma nature et le coach me le demandait. Je le fais assez naturellement. Le coach nous avait demandé d'essayer de passer par les côtés pour les mettre en danger par des centres, mais ils défendaient bien. Avec plus de réalisme offensif, on aurait pu gagner, mais ce n'est pas grave, l'important sera de gagner en septembre lors des qualifications pour le Mondial-2014. On a senti que toute l'équipe avait eu envie de se battre, les quatre offensifs se sont bien repliés défensivement. Après, offensivement il y a encore du travail à faire. Je suis content d'avoir retrouvé le maillot bleu, jouer 45 minutes m'a fait du bien."

Mahmadou Sakho : "Je suis content d'avoir pu revêtir de nouveau ce maillot. Il fallait du temps pour que je reprenne mes marques, mais avec le temps on réussit à s'adapter au jeu de ses coéquipiers. Didier Deschamps était venu me voir juste avant le match et m'a dit qu'il avait confiance en moi, cela fait plaisir d'apprendre cela de son sélectionneur. J'ai beaucoup travaillé avant la reprise (de la L1), je me suis remis en question. Donc pour moi, ma performance est dans la continuité de ce que je fais depuis la reprise. C'est décevant de faire match nul, on était bien en place, on s'est créé des occasions et nous en avons concédé peu."

Julien Lamotte