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Raymond Domenech | AFP-Fife

La FFF et Domenech restent sur leur position

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L'audience de conciliation devant les prud'hommes, entre Raymond Domenech et la Fédération Française de Football s'est soldée par un échec. L'ancien sélectionneur de l'équipe de France contestait son licenciement pour faute grave après le fiasco du Mondial-2010. L'affaire a donc été renvoyée au bureau de jugement des prud'hommes, le 13 janvier 2012.

Il n'y a pas eu de coup de théâtre au tribunal des Prud'hommes situé dans le 10e arrondissement de Paris. Huit mois après le fiasco de la Coupe du monde, Raymond Domenech et la FFF se retrouvaient devant un tribunal. En cause, une histoire de gros sous. L'ancien sélectionneur et ses avocats entendent bien récupérer la coquette somme de 2,9 millions d'euros au titre de licenciement abusif, et la première étape du procès qui opposent les deux parties s'est terminée par un renvoi, neuf mois plus tard, soit le 13 janvier 2012.

La FFF avait annoncé la couleur par l'intermédiaire de l'un de ses avocats, Me Yves Wehrli. Ce dernier expliquait notamment que la Fédération "avait vécu la pire période de son existence, avec une image désastreuse donnée au monde", au moment du fiasco de Knysna, et que par conséquent, la FFF resterait ferme sur sa position. Evoquant la somme demandée par l'ancien patron des Bleus (2,9 millions d'euros), Me Wehrli avait jugé "excessive" et "incongrue", la requête de Domenech et de ses avocats.

Raymond Domenech avait été licencié pour faute grave pour trois raisons avancées par la FFF. Tout d'abord, il n'avait pas rendu compte à sa hiérarchie des insultes lancées à son encontre par Nicolas Anelka à la mi-temps de France-Mexique. Deuxième faute, celle d'avoir lu le communiqué des joueurs grévistes alors que devait se tenir un entraînement à Knysna le 20 juin. A ce sujet, Domenech dira dans une interview accordée à L'Express en février dernier, qu'il avait commis une erreur. "Si j'avais réfléchi deux secondes, je serai parti...", a-t-il estimé. Troisième et dernière raison avancée par la FFF pour expliquer le licenciement de Domenech, celle d'avoir refusé ostensiblement de serrer la main du sélectionneur adverse lors du dernier match des Bleus.

Pour la défense de Domenech, les arguments sont un peu légers. "On ne résout pas une crise collective par le licenciement d'un homme seul, avait indiqué mardi à l'AFP Me Jean-Yves Connesson. Notre axe de travail sera de démontrer que ce licenciement est infondé, abusif, et prétexte pour montrer du doigt un seul homme tout en oubliant de rappeler que les dirigeants qui l'ont licencié étaient sur place au moment des faits". Cela dit, le président de la Fédération Française de football, Jean-Pierre Escalettes, avait pris ses responsabilités en démissionnant...

Et revoilà les primes...

Alors qu'à la FFF, un groupe de travail pour la redistribution des primes des joueurs présents au Mondial-2010 examine ce jeudi les dossiers des clubs amateurs qui en seront bénéficiaires, l'avocat de Domenech,  Me Jean-Yves Connesson, a qualifié d'"aberration juridique", le dossier des renonciations aux primes et droits à l'image du  Mondial-2010. "Nous avons obtenu -après mise en demeure, sommation interpellative et conclusions devant le bureau de conciliation, ce qui est tout de même un peu consternant- des éléments qui ont clairement fait apparaître que la lettre de renonciation aux primes et droits à l'image de Raymond Domenech n'existe pas",  a indiqué Me Connesson.

"Le seul argument soulevé par la FFF est une interview de Patrice Evra  (ex-capitaine de l'équipe de France, ndlr) annonçant que le groupe renoncerait  à ses primes le 22 juin, après le dernier match de l'équipe de France,  poursuit-il. Nous ne sommes pas à une aberration juridique près dans ce dossier mais là c'est le pompon !" "La Fédération crée le principe de la renonciation pour autrui, assène-t-il  C'est comme si je m'engageais au nom d'un salarié par une simple déclaration à ce qu'il renonce à son 13e mois ou à ses primes ! Ce n'est pas sérieux." "Il y a eu un progrès, on nous a communiqué certaines pièces, mais nous ne  sommes pas encore convaincus d'avoir tous les éléments. Nous demandons toute la clarté, pour mettre fin à l'opacité qui règne au sein de la Fédération", a  encore ajouté Me Connesson.

Romain Bonte