La carrière de William Gallas en 6 moments

La carrière de William Gallas en 6 moments

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William Gallas a mis un terme à sa carrière sportive ce jeudi. A 37 ans, il laisse derrière lui 19 ans d'une vie de footballeur professionnel débutée à Caen en 1995. De la Normandie, à l'OM en passant par la Premier League puis l'Australie, ou encore l'équipe de France, retour sur la carrière de ce défenseur qui aura oscillé entre moments de gloire et zones d'ombre.

Top 3

Le but contre Manchester United

La joie de William Gallas après son but contre Manchester United en Ligue des Champions
La joie de William Gallas après son but contre Manchester United en Ligue des Champions

Arrivé en 1997 sur la Canebière en provenance de Caen, William Gallas ne tarde pas à s'imposer dans l'axe de la défense marseillaise. Dauphin de Bordeaux lors de la saison précédente, l'OM dispute la Ligue des Champions, une première pour Gallas. Au Vélodrome, lors de la première phase, l'OM reçoit le grand Manchester United, alors champion d'Europe en titre. Avec un succès, l'OM reprendrait la tête du groupe D. Dans un match fermé, la lumière est venue du natif d'Asnières-sur-Seine auteur du seul but de la rencontre à la 69e minute sur un service de Stéphane Dalmat. Le défenseur pouvait laisser exploser sa joie dans un Vélodrome incandescent qui n'avait pas oublié sa "boulette" contre l'OL - il avait précipité le but de Sonny Anderson - le week-end précédent en championnat de France (défaite de l'OM 1-0).

La Coupe du monde 2006

William Gallas avec l'équipe de France lors du Mondial 2006
William Gallas avec l'équipe de France lors du Mondial 2006

Avec les Bleus, William Gallas compte 84 sélections. La première le 12 octobre 2002 contre la Slovénie (5-0), la dernière lors du Mondial 2010 contre l'Afrique du Sud (défaite 2-1). Entre les deux, cinq buts et un sommet, cette Coupe du monde 2006 où il a formé avec Lilian Thuram, un axe central infranchissable qui a encaissé seulement deux buts en sept rencontres. Solide sur l'homme, puissant, impérial dans les airs, Gallas va régner sur la défense bleue. Si seul Lilian Thuram sera élu dans l'équipe de ce Mondial, le joueur de Chelsea est au sommet de son art durant cet été en Allemagne. Malheureusement pour lui et contrairement à Thuram, il n'aura pas l'occasion de soulever la Coupe du monde. Les années suivantes en sélection furent en revanche beaucoup plus compliquée.

Chelsea pour garnir l'armoire à trophées

William Gallas lors de son deuxième titre de champion d'Angleterre en 2006
William Gallas lors de son deuxième titre de champion d'Angleterre en 2006

Après quatre saisons à Marseille, il franchit la Manche et atterrit à Chelsea au début de la saison 2001-2002. Recruté par Claudio Ranieri deux ans avant l'arrivée à la tête du club de Roman Abramovich, il va y rester cinq saisons. C'est là qu'il va régner sur la Premier League avec l'armada des Blues construite par José Mourinho empochant deux titres de champion (2005 et 2006), une Coupe de la Ligue (2005) et un Community Shield (2005). Il est l'un des cadres des Londoniens et jouera 225 rencontres sous le maillot des Blues (14 buts). Mais lassé d'être trimballé à droite, à gauche et dans l'axe, Gallas va demander à être transféré dans les derniers instants du mercato de l'été 2006. Un départ qui se fera dans les critiques et les doux mots du joueur envers ses dirigeants.

Flop 3

Les scandales en Bleu

William Gallas buteur décisif lors du barrage contre l'Eire en 2009
William Gallas buteur décisif lors du barrage contre l'Eire en 2009

L'histoire de William Gallas avec l'équipe de France n'a pas été un long fleuve tranquille. Après le sommet du Mondial 2006, la trajectoire de Gallas va suivre une pente descendante jusqu'au crash en mondovision en Afrique du Sud, à Knysna. Le scandale du bus aura été le deuxième pour l'ancien Gunner après celui qui l'avait opposé à Samir Nasri. Déjà dans un bus, mais pour une histoire de place cette fois-ci. Durant le triste Euro 2008 (élimination au premier tour), Nasri aurait pris la place de Thierry Henry et se serait attiré les foudres des cadres de l'équipe de France dont Gallas. Les deux hommes, alors partenaires en club auraient échangé des mots doux. Un accrochage que Gallas avait relaté dans son livre sorti en 2012 : "Comment tu me parles ? Pour qui tu te prends ? T'as que vingt ans, je ne suis pas ton ami", avait lancé Gallas à l'ancien Marseillais.

En Afrique du Sud deux ans plus tard, il n'avait rien fait pour empêcher la grève, mais n'a pas été sanctionné. Cette compétition sera la dernière pour lui en Bleu. Un regret qui demeure encore aujourd'hui au moment de se retirer : "Au Mondial, je n'ai pas été bon. Je l'assume. Mais en trois matches, on a tout remis en question", lâche-t-il dans l'interview qui sera diffusée ce jeudi sur L'Equipe 21. Son autre grand moment en Bleu est lié à un grand scandale, celui de la main de Thierry Henry contre l'Irlande. C'est lui qui inscrit le but qualificatif suite à cette action litigieuse qui a fait couler beaucoup d'encre. Presqu'autant que le doigt d'honneur adressé à David Astorga, alors homme de terrain de TF1, lors de la rencontre France-Mexique au Mondial 2010 (revers 2-0).

Le tweet de Maxime Dupuis

Les embrouilles en club

William Gallas en club, c'est des titres, des buts (36 en tout) mais aussi des clashs et des embrouilles. Ca débute à Chelsea quelques mois avant son départ. Lassé de passer de poste en poste, il veut se fixer dans l'axe - et une augmentation de salaire -, ce que lui refuse José Mourinho. Il prend la décision irrévocable de quitter le club et aurait menacé "de marquer contre son camp, de se faire exclure ou de commettre des erreurs délibérées, si on le forçait à jouer ou en cas de sanction disciplinaire ou financière". Un comportement qui provoque la colère du staff des Blues qui n'a d'autre choix que de le transférer dans les derniers jours du mercato à Arsenal, en échange d'Ashley Cole. Les remerciements de Mourinho? Du mépris pour un "un joueur dont le seul titre (avant de venir à Chelsea) était celui de champion de deuxième division française". De l'autre côté de Londres, à Arsenal, il va aussi se faire des amis. Nasri forcément avec qui il aura des accrochages en Bleu et chez les Gunners. "On a joué un an ensemble à Arsenal sans se parler. (...) Il y avait d'autres gens qui ne lui parlaient pas non plus. Le collectif primait et on a su mettre nos différends de côté sur le terrain", avait expliqué le milieu offensif.

William Gallas à Arsenal, à l'époque où il portait encore le brassard de capitaine
William Gallas à Arsenal, à l'époque où il portait encore le brassard de capitaine

Dans une interview à France Football parue après l'Euro 2012 - le joueur est alors passé chez l'ennemi Tottenham -, Gallas a réglé ses comptes avec son ancien coéquipier : "Je ne m’en réjouis pas, mais les gens ont pu apprécier par eux-mêmes qui était vraiment Samir Nasri. Et je n’étais ni en Ukraine, ni en Pologne ! Il n’a jamais cessé de faire croire que c’était moi la mauvaise personne et il a sali mon image". Il a également relaté un épisode entre les deux hommes se déroulant durant un match de C1 contre l'AS Rome en 2009 : "Il y a eu ce match à Rome, avec Arsenal, où il perd un ballon. Je montre ma déception, mais sans plus, et là, il me traite de tous les noms, sur le terrain : « Fils de p... » On a eu une sévère explication dans le vestiaire, à la fin du match. Je l’ai recadré et je lui ai dit qu’il n’était pas à Marseille". A Arsenal, il avait également perdu son brassard suite aux critiques émises par ses jeunes coéquipiers. Preuve des rancunes tenaces, Nasri n'avait pas voulu serrer la main de Gallas lors d'un Tottenham-Arsenal en 2010.

La bourde à Perth

Le 23 octobre 2013, William Gallas rejoint Alessandro Del Piero en Australie. Il signe à Perth Glory. Il a 36 ans et est beaucoup plus proche de la fin que du début. Il participera à 13 rencontres et inscrira un but, restant huit mois aux antipodes, ne laissant pas que des bons souvenirs comme l'illustre cette "boulette". Cette aventure en Australie sera la dernière de sa carrière. Malgré une réelle envie de continuer en Australie ou en Inde, l'histoire s'arrête là pour William Gallas, à 37 ans.

Le tweet de SportExpressen

Benoit Jourdain @BenJourd1