Jacques-Henri Eyraud
Jacques-Henri Eyraud, président de l'OM. | BORIS HORVAT / AFP

Jacques-Henri Eyraud, l’ultra-communicant

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Depuis son arrivée à la tête de l'Olympique de Marseille il y a quatre mois, le président Jacques-Henri Eyraud s'est transformé en VRP du projet phocéen. Il multiplie les prises de parole et n'hésite pas à s'impliquer lui-même dans la communication du club sur les réseaux sociaux. L'occasion de se faire accepter rapidement par les supporters marseillais, et d'attirer la lumière pour laisser Rudi Garcia travailler tranquillement.

Jacques-Henri Eyraud est un homme de communication. Depuis son arrivée il y a quatre mois à la tête de l’OM, le nouveau président multiplie les apparitions dans les médias pour défendre l’OM champions project. Il n’hésite pas non plus à donner de sa personne pour donner un coup de fouet à la communication du club sur les réseaux sociaux.

 

 

Le président de 48 ans, patron du groupe de média Paris-Turf, a déployé une stratégie d’hyper médiatisation en très peu de temps. Là où certains présidents sont plus discrets, intervenant dans la presse en de rares occasions, Eyraud s’est transformé en véritable VRP du projet marseillais. Ironiquement, c’est dans un entretien de deux pages accordé à La Provence samedi qu’il se défendait en déclarant : ”Je ne suis pas tout le temps dans les médias”. Comme Jean-Michel Aulas il a pourtant choisi de parler beaucoup, occupe le terrain médiatique et les réseaux sociaux. Mais Jacques-Henri Eyraud a adopté un autre ton, plus consensuel. Le président lyonnais aime la polémique et la petite phrase, le Marseillais fait tout pour se faire accepter par les supporters du club.

Pull de Noël et rap marseillais

A Noël, on l’a vu se déguiser et interpréter une chorégraphie avec les autres salariés et joueurs du club. Un peu plus tard, dans une interview à la Provence, il déclarait adorer le titre “Bad Boys de Marseille” d’IAM, et l’a prouvé en commençant à réciter la chanson des rappeurs marseillais. Dernièrement, le président a participé à une opération médiatique en se faisant interviewer par cinq auditeurs de RMC.

 

 

En bon communicant, le président Eyraud a aussi fait monter la pression avant le Classico, en s’épanchant dans les colonnes de La Provence sur “l’ADN marseillais”. De quoi se mettre les supporters dans la poche, tout en mettant une légère pression sur les joueurs, qui s’ils ne gagnent pas, doivent au moins se montrer dignes de cette identité marseillaise.

"La rébellion, l'insoumission, le goût du combat, c'est l'identité marseillaise. Ce qui est plus fort à l'OM qu'ailleurs et est probablement lié à l'ADN de la ville. (...) Il y a une passion que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Certainement pas à Paris, même si j'ai beaucoup de respect pour le PSG et pour le PSG version qatarie."

"La rébellion, l'insoumission, le goût du combat, c'est l'identité marseillaise. Ce qui est plus fort à l'OM qu'ailleurs et est probablement lié à l'ADN de la ville. (...) Il y a une passion que l'on ne retrouve nulle part ailleurs. Certainement pas à Paris, même si j'ai beaucoup de respect pour le PSG et pour le PSG version qatarie."

Si certains critiquent cette ultra communication qui semble parfois forcée, le président semble réussir son pari : se faire accepter le plus vite possible par les exigeants supporters marseillais tout en prenant petit à petit le rôle de paravent. Un peu à la manière d’Aulas : plus l’attention médiatique est focalisée sur Jacques Henri Eyraud, moins elle se concentre sur Rudi Garcia, qui peut tranquillement construire son équipe. Se constituer un fort capital sympathie rapidement permet aussi de voir venir : les présidents sont souvent les premières cibles des mécontentements quand l’OM va mal. Le nouveau président n’a certainement pas envie de vivre les mêmes moments que son prédécesseur Vincent Labrune, pris en grippe par les supporters quand les résultats sportifs ne suivaient pas...