Vucinic (Juventus) et El Shaarawy (Milan AC)
Vucinic (Juventus) et El Shaarawy (Milan AC) | OLIVIER MORIN / AFP

Vieille Dame et jeunes premiers

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Après l'Espagne, l'Allemagne et l'Angleterre, c'est au tour de l'Italie de démarrer son championnat. Après un été marqué par le scandale des matchs truqués, le "Calcioscommesse" et le départ de quelques-uns des meilleurs joueurs du championnat, la Série A va tenter de se refaire la cerise avec quelques arguments. Bien maigres.

La Série A reprend ce weekend dans une ambiance étrange en Italie. Secoué par le "Calcioscommesse", le foot italien est à l'orée d'une saison qui s'annonce compliquée, autant sur le plan national, qu'européen. Le parcours héroïque de l'équipe nationale à l'Euro 2012 n'a pas suffit à faire oublier le scandale lié à des matchs truqués, notamment en Série B, et même en Série A. Dans ce marasme général, le Calcio va tenter de se refaire une place dans le cœur des Transalpins. Décrié, le football italien a même vu Mario Monti, le président du Conseil, suggéré qu'il "s'arrête un an ou deux".

Plus sur le podium européen

Autrefois considéré comme l'un, voir le meilleur championnat du Vieux Continent, la Série A fait maintenant figure de 4e larron loin derrière la Liga espagnole et la Premier League anglaise et même derrière la Bundesliga allemande. Conséquence, la Série A n'a plus que deux qualifiés directs pour la Ligue des Champions. Pourtant la saison dernière avait enthousiasmé les suiveurs. Le retour au premier plan de la Juventus de Turin et son duel épique face au Milan AC avait rendu la Série A attractive. Mais depuis, l'entraîneur turinois, Antonio Conte, a été suspendu 10 mois pour son implication dans le " Calcioscommesse". Obligeant les dirigeants de la Vieille Dame à introniser Massimo Carrera, novice au poste d'entraîneur. Le rival milanais n'est pas mieux loti. Épargnés par les ennuis judiciaires, les Rossoneri n'ont pas pour autant vécu un été de tout repos. Les dirigeants, Silvio Berlusconi en tête, ont été contraints de vendre les deux stars de l'équipe, Thiago Silva et Zlatan Ibrahimovic, au PSG pour soulager les finances du club. Un problème qui n'est pas l'apanage des Lombards. Le Napoli a vendu Lavezzi au PSG alors que Marco Verratti, la nouvelle perle italienne est aussi parti pour le club parisien. Finalement, le mercato a surtout été agité par le départ des meilleurs joueurs du championnat. Seuls quelques transferts, italo-italien ont rempli les cases "arrivées". La "Juve" n'a pas fait de folie, et le Milan AC et l'Inter n'ont fait qu'échanger leur attaquant Cassano et Pazzini. Ce manque d'argent et le départ des stars oblige le football italien à se réinventer.

Place aux jeunes

Traditionnellement peu enclins à faire confiance aux jeunes, les clubs transalpins n'ont d'autres alternatives pour l'exercice à venir. Ainsi, tous les plus gros clubs italiens, ou presque, ont fait des paris, sur des jeunes joueurs, pas sur des résultats cette fois-ci. Le champion en titre, la Juventus de Turin, a recruté le jeune milieu de terrain français Paul Pogba en provenance de Manchester United et a rapatrié Giovinco après l'avoir prêté pendant plusieurs saisons. L'AS Rome a fait venir Mattia Destro, né en 1991, de Sienne et Naples a choisi Lorenzo Insigne, attaquant venu de la deuxième division et né la même année. Cette cure de jouvence se ressent aussi les bancs de touche. En plus de Carrera sur le banc turinois, l'Inter a confirmé Andrea Stramaccioni, 36 ans, au poste d'entraîneur. La Fiorentina fait confiance à Vincenzo Montella, 38 ans et Giovanni Stroppa débutera, à 44 ans, sa carrière d'entraîneur chez le promu Pescara. Dans cette myriade de jeunes coachs, Zdenek Zeman fait figure de dinosaure. L'Italien de 65 ans fait son retour à la Roma, 13 ans après l'avoir quittée. "Le bohème fumant" adepte des cigarettes, du 4-3-3 et du football offensif pourrait bien être l'attraction de la saison. D'autant plus qu'il a toujours défendu les valeurs du fair-play.

Fiorentina-Udinese en ouverture

Le match d'ouverture verra deux prétendants aux places d'honneur s'affronter. Loin au classement la saison dernière (13e), la "Fio" espère retrouver son lustre d'antan et cela passera par une victoire face à l'Udinese d'Antonio Di Natale qui avait accroché une place de barragiste pour la Ligue des Champions la saison dernière. Les gros bras débuteront par des matches abordables. La Juventus reçoit Parme, 8e du dernier exercice, alors que l'AC Milan jouera à San Siro face au promu, la Sampdoria de Gênes. L'Inter Milan se déplacera sur la pelouse d'un autre promu, Pescara. Il faudra aussi surveiller la première de Zeman à la tête de la Roma. La "Louve" reçoit Catane au Stadio Olimpico. Pour un premier feu d'artifice ?