Kaka (Milan AC)
Kaka (Milan AC). | MARCO BERTORELLO / AFP

Milan AC - Naples: Dynamique inversée

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Deuxième de la Série A la saison dernière, le Napoli, auteur d'un mercato estival clinquant, fait désormais figure de prétendant sérieux au Scudetto. A l'inverse, le Milan AC, qui a dû racler les fonds de caisse pour recruter cet été, est dépeint comme "le outsiders des outsiders". Le Milan AC - Naples de ce dimanche (20h45), c'est somme toute, une affaire de destins croisés.

Champion du Calcio en 2011, dauphin de la Juve en 2012, et aujourd'hui, relégué au piteux statut de "challenger". Celui que personne - ou presque - ne voit gagner, mais qui pourrait, par un enchaînement de coups du sort et de circonstances malencontreuses, parvenir à s'accaparer la première place. Comment le grand Milan AC en est-il arrivé là ? C'est simple : Silvio Berlusconi;, le propriétaire du club milanais, n'injecte plus d'argent dans le club depuis plusieurs années. Galliani, le président de Rossoneri ne peut désormais compter que sur la vente de ses joueurs, ou sur le dégraissage de la masse salariale pour renflouer les caisses : addio Ibrahimovic, addio Thiago Silva, addio Pirlo. Ces deux dernières saisons, les décideurs milanais n'ont vraiment commis qu'une seule folie : l'achat de l'enfant terrible du football italien, Super Mario Balotelli, débarqué à San Siro contre la somme de 20M€.  Mais le Milan AC n'en reste pas moins un club prestigieux. Les Cascavit, en dépit d'une situation financière calamiteuse, attirent toujours : les arrivées de Kaka et de Matri en témoignent. Mais relativisons : Kaka était indésirable, et à la Juve, Matri restait embourbé dans les bas-fonds de la hiérarchie des attaquants (derrière Tevez, Llorrente, Vucinic, Giovinco). Les Milanais ont même envisagé l'arrivée de Renato Civelli. C'est dire. 

Le Napoli, irrésistible ascension

Le Napoli connaît la trajectoire opposée. Pendant que les Rossoneri s'affaiblissent, les azzuri se renforcent. Au point de triompher du dernier finaliste de la Ligue des Champions (victoire 2-1 mercredi contre Dortmund) et de faire figure de principal outsider pour détrôner la Juve de son confortable siège de champion d'Italie. Impensable quand on sait que les Partenopei était encore en Série C en 2006. Walter Mazzarri, l'ancien coach du Napoli désormais à la tête de l'Inter, n'est pas étranger à cette ascension incroyable. Arrivé en 2009 dans le berceau de la pizza, il insuffle à ses joueurs une mentalité de gagneur. Souvent comparé à Mourinho pour son goût pour la provocation, “O Prufessure" a réussi, en quatre ans, l'impensable pari de qualifier deux fois son équipe en Ligue des Champions et de remporter la Coupe d'Italie. 

Mais la grande force des azzuri réside surtout dans un vivier inépuisable de joueurs talentueux. Marek Hamsik, le génial  playmaker slovaque, la fusée Lavezzi, et El Matador Edinson Cavani ont porté ce Naples fringant et rafraîchissant sur leurs épaules ces deux dernières saisons. Et si les deux derniers ont quitté la Campanie, rassurez-vous, c'est au prix fort : 31M€ pour le premier et 64M€ pour le deuxième. La vente de Cavani a d'ailleurs permis à Aurelio de Laurentis, le président napolitains, de conclure les arrivées d'Higuain, de Raul Albiol, de Callejon, et de Pepe Reina. Rien que ça. 

Et puis, à Naples, la relève est assurée. Avez-vous déjà entendu parler de Lorenzo Insigne ? "Il Magnifico" comme le surnomment les supporters napolitains, est un savoureux condensé des qualités de Lavezzi et de Hamsik : un coup de rein dévastateur, une vista peu commune, et des passes millimétrés à la pelle. 

Naples, qui a a engrangé neuf points sur neuf possibles depuis le début de saison, fait peur. A l'inverse, Milan, qui a perdu contre Vérone en ouverture de la Série A et qui n'a ramené qu'un point du Torino, inquiète. Mais les Rossoneri ont l'occasion de montrer dès ce soir que les grands clubs ne meurent jamais. 

Jean Charbon