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Mario Monti (à droite), en compagnie de Donald Tusk (à gauche) | AFP / ANDREAS SOLARO

Mario Monti lâche une bombe

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A l'issue d'une rencontre avec le Premier ministre polonais Donald Tusk, le président du conseil italien, Mario Monti a estimé qu'il faudrait suspendre le football "pendant deux ou trois ans", en raison du scandale des matches truqués dit "Calcioscommesse" qui secoue à nouveau le pays après la vague d'arrestation de lundi. Des déclarations émises à titre personnel, qui pourraient néanmoins avoir l'effet d'une bombe dans un pays où le football est une institution.

L'italie n'en est pas à son coup d'essai. Dès le début des années 80, le "Totonero" secouait la Botte, provoquant la relégation du Milan AC et de la Lazio Rome. Puis en 2006, le "Calciopoli" envoyait la Juventus en Serie B et pénalisait le Milan, la Lazio et la Fiorentina sur le plan comptable. Jusque-là, seules des sanctions étaient tombées. Avec ses déclarations fracassantes, Mario Monti remet en cause le football italien dans son ensemble et se questionne sur la possibilité de mettre la Serie A entre parenthèses. Ce n'est pas son prédécesseur Silvio Berlusconi, propriétaire du Milan AC depuis 1986, qui aurait pu tenir des propos pareils.

"Est-ce qu'une suspension totale de ce jeu pour deux ou trois ans ne profiterait pas à la maturité de nos concitoyens?" s'est ainsi demandé le président du conseil italien. "Je ne suis pas en train de faire une proposition gouvernementale, mais (d'évoquer) un désir que, moi qui suis un passionné de foot depuis longtemps, je sens au fond de moi", a-t-il ajouté, comme pour atténuer la portée de ses propos.

Le scandale du "Calcioscommesse", où des joueurs sont soupçonnés d'avoir été corrompus par des parieurs clandestins, a de nouveau frappé l'Italie après les 19 arrestations de lundi, dont celle du capitaine de la Lazio Rome, Stefano Mauri. Il s'agissait de la troisième vague d'interpellations dans cette affaire après les coups de filets de novembre 2010 et avril 2011. L'international Domenico Criscito, réveillé lundi matin par la police pour être entendu comme témoin assisté dans cette affaire, y a perdu sa place dans l'équipe d'Italie pour l'Euro-2012.

"Triche généralisée, mensonge et démagogie"

Toute la presse italienne titrait mardi matin sur le Calcioscommesse "indigne", selon le mot de Mario Monti, et les télés et radios évoquent le sujet à longueur de journée. "C'est particulièrement triste lorsqu'un monde qui devrait être l'expression des plus grandes valeurs - le sport, la jeunesse, l'esprit de compétition -, s'avère n'être que triche généralisée, mensonge et démagogie", a même conclu le dirigeant italien.

Pour le sélectionneur de la "Nazionale", Cesare Prandelli, pas question d'arrêter le football. Il compte au contraire sur l'Euro-2012 pour laver l'honneur du football italien, sali par cette affaire qui secoue tout le pays, a-t-il dit. "Salis, nous? L'important est de faire comprendre aux gens quelle est notre intention: nettoyer tout ça!, a affirmé Prandelli à la chaîne RaiSport. Nous voulons tous jouer, gagner, et en sortir lavés".

Jerome Carrere