Walter Mazzarri
Walter Mazzarri | CARLO HERMANN / AFP

Inter-Juve : Mazzarri a tout changé

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Débarqué cet été chez les Nerazzuri, l'ancien coach napolitain n'a eu besoin que de quelques semaines pour imposer sa "patte" et sa mentalité de gagneur. Samedi soir (18h00), dans le choc du Calcio qui oppose l'Inter à la Juve, Mazzari prendra la mesure des progrès réalisés par son équipe. Suffisant pour triompher du champion d'Italie ?

Dans la Grande Botte, les comparaisons vont bon train. Certains vous diront que le style de Mazzarri rappelle celui de Mourinho. Comme "The Special One", le technicien italien sait tirer de maximum de ses garçons. Comme "The Special One", il s'appuie sur des joueurs besogneux et sur une organisation défensive rigoureuse. Comme "The Special One, il a lui aussi, un goût prononcé pour la provocation. En janvier dernier, Mazzarri s'est dit "heureux de paraître antipathique". En Décembre 2012, à l'aube d'un match opposant le Napoli à la "Vieille Dame", il avait mis le feu aux poudre en affirmant en conférence de presse :"la Juve nous craint". Et puis, il a, comme Mourinho, cette capacité à faire progresser ses équipes, année après année. Sous sa coupe,  le Napoli a affiché une régularité impressionnante pour une équipe qui, rappelons le, était encore en troisième division il y a de ça quelques années. Depuis son arrivée dans le berceau de la pizza en 2009, "le mage toscan" a qualifié à deux reprises son équipe en C1, et deux fois également en C3. Quant à sa dernière saison à Naples, elle a été simplement fantastique.Devant la Juve est trop forte. Mais avec un trio infernal composé de Hamsik, Cavani, Insigne, le Napoli subjugue l'Italie du football. 

Sur les traces de la Juve ? 

A l'Inter, la révolution est d'abord tactique. Grand maniaque quant au placement de ses joueurs, Mazzarri est, à l'instar de Pioli avec Bologne, de Montella avec Catane, ou de Guidolin avec l'Udinese, un adepte de la défense à trois. Pour un esprit plus offensif ? Pas forcément. Alberto Zaccheroni, ancien coach de l'Udinese et actuel sélectionneur du Japon, avait affirmé à la Gazzeta dello Sport qu'une défense à trois têtes permettait surtout "de mettre un milieu de terrain en plus, et pas un attaquant". Ce système a aussi l'avantage de pouvoir presser l'adversaire plus intensément en phase offensive. "C'est mathématique : si votre milieu est renforcé, vous avez plus de chances de récupérer le ballon. Et si par chance, vous disposez en attaque d'une triplette explosive composée de Lavezzi, Hamsik et Cavani (sa ligne d'attaque à Naples), ça peut faire faire mal." 

Et son Inter est bien partie. Elle a même gagné ses trois premiers matches de la saison (un en Coupe d'Italie, 2 en Serie A), et ce, sans même encaisser de buts. Si le "mage toscan" a bouleversé l'organisation tactique des Nerazurri, il a aussi enclenché une révolution "jeune" : Rodrigo Palacio a déjà marqué des buts, et  Jonathan et Yuto Nagatomo, qui avaient disparu du onze de départ la saison dernière, font merveille derrière. 

Mais il y a un hic : ce soir, c'est la Juve qu'affronte les Milanais. On parle d'une équipe championne d'Italie depuis deux ans, et dont la rigueur défensive est louée partout en Europe. Depuis le début de saison, la formation entraînée par Antonio Conte s'est même octroyé le luxe de surclasser deux  fois une équipe solide comme la Lazio Rome, en SuperCoupe (4-0) et en Championnat (4-1). Pourtant, s'ils demeurent incontestablement supérieurs sur le papier, les Turinois abordent ce match avec prudence : Ce grand classique "servira de banc d'essai, confie le gardien de la Juve Gigi Buffon. C'est  une équipe en pleine santé, à la recherche de continuité, et qui donnera du fil à retordre à qui veut gagner le championnat". Le dernier rempart italien ne pouvait pas viser plus juste. Si les Bianconeri donne l'occasion à l'Inter de les distancer, Mazzarri ne s'en privera pas. 

Jean Charbon