Ça s'est passé un 25 juillet 2006 : La relégation en Serie B de la Juventus est confirmée après l'affaire des matches truqués

Publié le , modifié le

Auteur·e : Jules Boscherini
Le logo de la Juventus Turin dans son stade
Le logo de la Juventus Turin dans son stade | AFP

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L'affaire du Calciopoli. Un peu plus de deux mois après la démission de son conseil d'administration et malgré sa décision de faire appel, la Juventus Turin est rétrogradée en Serie B. En outre, le club du Piémont est même privé de ses titres de champion d'Italie de 2005 et de 2006. Le 25 juillet 2006, sur les quatre clubs de Serie A incriminés, les Bianconeri sont les seuls, à finalement descendre à l'échelon inférieur.

En mai 2006, alors que la Juventus s'apprête à être sacrée officiellement championne d'Italie pour la pour la deuxième fois consécutive, le monde du football italien est secoué par une affaire qui va prendre une ampleur hors du commun. À quelques mois de la Coupe du monde, la presse transalpine publie des comptes rendus d'écoutes téléphoniques. Des écoutes compromettantes qui mettent en lumière des liens de complicité entre Luciano Moggi, alors directeur général de la Juve, et un responsable de la Fédération italienne de football chargé de désigner les arbitres. C'est le début du scandale du Calciopoli. La commission disciplinaire du football italien est saisie du dossier et décidera finalement la relégation pure et simple de la Juventus Turin en Serie B.

Moggi dans le viseur

Si le scandale du Calciopoli éclate officiellement en mai 2006, en septembre 2005, le parquet de Turin avait classé dans un premier temps l'affaire sans suite. Les écoutes téléphoniques de l'époque ne permettent pas d'établir de corruption ou d'achat de matches. C'est la parution dans la presse qui fait prendre un tournant à l'affaire. L'opinion publique est alors révoltée. La Juventus domine le calcio depuis la nuit des temps et traîne l'image de l'équipe la plus détestée de la Botte. Les nombreuses polémiques concernant les erreurs d'arbitrage et la présence de Luciano Moggi, directeur sportif réputé mais peu porté en estime de l'autre côté des Alpes, n'aide pas non plus le club à se sortir d'affaire...

Luciano Moggi, directeur sportif de la Juventus lors de l'affaire du Calciopoli.
Luciano Moggi, directeur sportif de la Juventus lors de l'affaire du Calciopoli. © PACO SERINELLI / AFP

Lorsque la commission disciplinaire du football italien est saisie du dossier, le scandale implique plusieurs clubs de Serie A. La Juventus, le Milan AC, la Lazio, la Fiorentina et la Reggina sont pointés du doigt tout comme plusieurs arbitres qui sont mis en accusation (Massimo De Santis, Paolo Dondarini, Paolo Bertini, Domenico Messina, Gianluca Rocchi, Paolo Tagliavento et Pasquale Rodomonti). Le procureur en charge de l'affaire est alors persuadé d'être face à "un système 'sophistiqué' visant justement à se rendre invisible aux médias et à l'opinion publique en agissant lors de phases de jeu 'litigieuses', mais pas sur des actions incontestables". Le 11 mai 2006, Moggi et les onze autres membres du Conseil d'administration de la Juve démissionnent. Inculpé et accusé d'association de malfaiteurs destinée à la fraude sportive par le parquet de Naples, chargé de l'enquête, l'ancien directeur sportif de la Juve est suspendu de toute fonction sportive pour une durée de cinq ans.

Sur près de 180 000 appels, le travail d’investigation des carabinieri met en évidence pas moins de 200 écoutes où les dirigeants du football italien ont des contacts réguliers avec les personnes chargées de désigner les arbitres, sachant qu'à l'époque ces contacts sont autorisés par la fédération. Aucune preuve flagrante de matches truqués ne ressort pourtant de ces différentes écoutes, mais l’opinion publique est scandalisée. “Voici comment Moggi donnait des ordres aux arbitres” titrait en première page La Repubblica“A Messina, envoie-moi l’arbitre Cassarà !” pour le Corriere Dello Sport ou encore “Voici comment Moggi truquait les matchs” de la Gazzetta dello Sport qui a été, l’un des plus grands accusateurs de cette affaire. La Gazzetta décide même d’appeler cette affaire “Moggiopoli”.

Une rétrogradation historique

Le 14 juillet 2006, la commission d'appel fédéral publie la sentence du scandale Calciopoli. Le verdict tombe : la Juventus est rétrogradée en Serie B avec 30 points de pénalité au classement. La Vieille Dame, qui se voit également retirer ses deux derniers scudetti (ndlr : celui de 2005 ne sera pas attribué et celui de 2006 reviendra à l'Inter Milan), ne perd pas espoir. Comme les autres clubs mis en cause dans cette affaire, la Juve décide de faire appel.

Le 25 juillet 2006, la sentence définitive est claire : la Juventus est officiellement reléguée à l'échelon inférieur. La commission d'appel décide néanmoins de ramener la pénalité à 17 points. La justice fait preuve de plus d'indulgence avec les autres clubs impliqués. La Fiorentina et la Lazio qui devaient accompagner la Juve en 2e division restent finalement en Serie A, avec respectivement 12 et 7 points de pénalité. L'AC Milan voit lui aussi sa peine réduite et ne compte plus que 8 points de pénalité. Pour la première fois de leur histoire, les Bianconeri vont jouer en Serie B.

Après l’annonce de la relégation, Cannavaro, Zambrotta, Thuram, Vieira ou encore Ibrahimovic décident de quitter le navire. Orphelin de plusieurs de ses cadres, le club peut toutefois compter sur le soutien de nombreux joueurs : Del Piero, Nedved, Buffon, Chiellini, Marchisio, Trezeguet et compagnie, restent encore aujourd'hui parmi les icônes des tiffosi. Avec un certain Didier Deschamps en tant qu'entraîneur, la Juventus qui écrase la concurrence, ne restera qu'une saison en 2e division.

Jules Boscherini @julesboscherini