Mario Balotelli
Mario Balotelli, l'enfant de Milan | AFP - ALBERTO LINGRIA

Balotelli et Milan, un rapport amour-haine

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Dimanche soir, l'Inter Milan et le Milan AC s'affrontent dans le 208e derby de la ville. Un homme sera au centre des regards : Mario Balotelli. "Super Mario", qui a débuté chez les Nerrazurri avant de revenir cet hiver en Lombardie, chez l'ennemi juré, le Milan. Le club qui l'a toujours fait rêver.

Mercredi soir, Mario Balotelli n'était pas sur la pelouse contre le FC Barcelone. La faute au règlement FIFA. Mais pourtant, on a quasiment vu que lui. En tribunes, avec sa nouvelle compagne, la Belge Fanny Nequesha, ses amis et ses coéquipiers du Milan, il a largement fêté la victoire de son nouveau club. Puis sur les réseaux sociaux où ses déclarations d'après-match ont fait un tabac ("moi je n'ai pas joué à cause du règlement de l'UEFA. Mais je ne sais pas pourquoi Messi lui était là"). A le voir s'éclater avec Robinho après le but de Muntari, on ne se doute pas que la greffe du joueur avec son nouveau club a déjà pris. Ses 4 buts en 3 matches depuis son arrivée fin janvier ne disent pas autre chose. Car Balotelli et le Milan, c'est une longue histoire. Déjà à l'époque quand il n'était qu'un débutant sous les couleurs du rival, l'Inter. Les anecdotes ne manquent pas.

En 2007, le joueur fait ses débuts sous les couleurs nerrazurri. Remarqué pour son talent brut, son comportement déjà volcanique, son arrogance, sa couleur aussi (il essuiera des nombreux cris stupides sur les différents terrains de la Botte), le joueur tranche, dérange même parfois. Sa crête, ses looks, ses histoires toutes plus invraisemblables les une que les autres, certaines parfois fantasmées ont forgé sa légende. "Why always me?", "Pourquoi toujours moi?", arborait-il sur son tee-shirt un jour de doublé pour une victoire historique (6-1) dans le derby de Manchester. Pourquoi toujours lui? Il se posera peut-être la question dimanche devant l'accueil des supporters de l'Inter. Mais cette fois, il devrait connaître les réponses.

Un maillot à terre

A ses débuts, il est couvé par Roberto Mancini. L'actuel entraîneur de Manchester City le lance dans le grand bain et lui offre ses premiers moments de gloire sous le maillot interiste (son doublé contre la Juventus en Coupe d'Italie). Les supporters se prennent d'affection mais n'arrivent pas à l'adopter totalement. Gênés aux entournures, voire plus, par le comportement d'un enfant qu'il considère trop gâté. Son jet de maillot lors de son remplacement en demi-finales de Ligue des Champions contre le FC Barcelone (3-1) est encore dans les mémoires. Les paroles de Materazzi également qui raconte comment le défenseur italien découpait les chaussettes du Milan AC appartenant au joueur quand celui-ci débarquait avec, à l'entraînement de l'Inter.

Le Bleu et Noir, les couleurs de ses débuts, mais pas celles de son cœur. Super Mario, lui, vibre pour du vif, le Rouge et le Noir. Celui du Milan AC. En 2010, année du triplé de l'Inter, il commet l'irréparable : mettre le maillot du rival honni, offert par le journaliste d'une émission de la chaîne italienne, Canal 5. Un crime. Pas le premier pour celui qui quelques mois avant, en novembre 2009, avait déclaré, comme le raconte l'édition de France Football de vendredi, à un jeune lors d'une visite dans un centre pour adolescents handicapés : "je vibre pour le Milan, tu ne le savais pas?". Des paroles et des actes qui ne s'oublient pas. Les trois saisons passées au Nord de l'Angleterre n'ont pas atténué les souvenirs.

Jusqu'ici tout va bien

A l'Inter et à Manchester City, l'histoire n'aura duré que trois ans. On dit que c'est le temps que dure l'amour. L'amour-vache alors, car en Angleterre, même sous les ordres d'un entraîneur qui savait se montrer patient, Mancini, malgré des coups d'éclats, il a fini par partir et arriver là où il rêvait d'atterrir. A Milan, chez Silvio Berlusconi. Ce "Cavaliere" qui déclarait quelques semaines avant sa signature : "si vous mettez un fruit pourri dans le vestiaire, vous infectez tous les autres…". Une pique que ne notera pas Balotelli. La preuve? Sa déclaration sur sa page Facebook au moment de rejoindre le Milan : "Je rêvais de ce maillot depuis gamin. J'arrive dans le club le plus titré du monde. Moi, je ne bouge que pour gagner et je suis sûr que le Milan va, à nouveau, gagner".

Si le joueur est arrogant, l'homme est un peu fou, capable de tout. De payer un taxi pour qu'il le guide jusqu'à Londres depuis Manchester. De faire danser, sourire aux lèvres, Adriano Galliani, le vice-président du Milan AC, avec les supporters à la sortie d'un restaurant. Des supporters qui l'ont déjà adopté comme un des leurs, oubliant son passé. Ce même passé que le peuple nerrazurro ne lui a pas pardonné et devrait lui faire payer à son entrée sur la pelouse de Giuseppe Meazza dimanche soir. Fidèle à lui-même, le joueur devrait les toiser du haut de son torse musclé qu'il avait offert aux spectateurs du monde entier le soir de son doublé lors de la demi-finale de l'Euro 2012 contre l'Allemagne. Pour le plus grand plaisir du peuple rossonerro déjà conquis par l'enfant, pas chéri, de Milan.