Antonio Conte et Guus Hiddink
Antonio Conte et Guus Hiddink, les nouveaux sélectionneurs de l'Italie et des Pays-Bas | AFP - ALBERTO PIZZOLI / MAXPPP - PETER STEFFEN

Italie - Pays-Bas, débuts attendus pour Conte et Hiddink

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Pour le premier match de l'équipe d'Italie après le séïsme du Mondial au Brésil (élimination au 1er tour suivie des démissions du sélectionneur et du président de la Fédération), la nouvelle formation d'Antonio Conte, parti de la Juventus, affronte à Bari, ce soir, les Pays-Bas. Troisièmes de la Coupe du monde, les Bataves démarrent également une aventure avec un nouveau sélectionneur, Guus Hiddink, qui a déjà occupé le poste entre 1994 et 1998. Portrait croisé de deux hommes aux parcours bien différents.

Les colères de Conte face au flegme de Hiddink

Méconnaissable. L'ex-entraîneur agité de la Juventus s'est présenté tout  miel à sa conférence de presse de son premier entraînement à la tête de  l'Italie. Conte a même offert une heure de "rab" aux journalistes, une leçon de  tableau noir, pour détailler pédagogiquement son 3-5-2. Souvent chahuté dans les stades de Serie A, qui aiment bien détester les  coaches de la Juventus, Conte a senti en rendant visite aux clubs "qu'une  nouvelle ère avait commencé, désormais je suis l'entraîneur de tous". Mais il ne promet pas de rester calme sur son banc de touche. "J'aime que  les joueurs sentent ma présence, les adversaires et les arbitres aussi. J'ai  toujours été comme ça, si on naît rond, difficile de devenir carré".
Arrondir les angles, Hiddink a toujours su le faire, et rester fair-play.  Il ne s'était pas énervé quand son Chelsea s'était senti "volé" de deux  penalties lors d'une demi-finale de Ligue des champions contre Barcelone en  2009. L'entraîneur néerlandais de 67 ans, contre les 45 de Conte, n'est "pas rigide, tactiquement. En fonction des joueurs à ma disposition et de la façon  de jouer des adversaires, je pourrai évoluer en 4-3-3, en 4-4-2 ou en 3-5-2. Je  n'ai pas encore tranché".

L'expérience hors-norme de Hiddink face au novice Conte

"Guus" s'emporte rarement, quand Conte s'en prenait aux arbitres, au sort  ou aux adversaires, car il a poli son caractère au long d'une carrière de  globe-trotter. Sa carrière débutée en 1982 à De Graafschap l'a vu diriger des équipes  comme le PSV Eindhoven, Fenerbahçe, Valence, le Real Madrid et Chelsea,  remportant la C1 en 1988 avec le PSV. Cet Érasme du football a également dirigé de nombreuses sélections, les  Pays-Bas de 1998, qui frôlèrent la finale du Mondial, battus aux tirs au but  par le Brésil, la Corée du Sud, l'Australie, la Russie et la Turquie. Il  conduisit la Corée en demies du Mondial-2002 et ramena la Russie au sommet,  dans le dernier carré de l'Euro-2008.
Conte n'a pour l'instant oeuvré qu'en Italie, Hiddink a travaillé partout  en 32 années d'expérience sur le banc. Conte fourmille d'idées et a un palmarès solide pour son début de carrière,  deux montées en Serie A (Bari et Sienne) et trois titres de champions de rang  avec la Juve, en huit saisons.

Pour Conte et Hiddink, un changem​ent de jeu sans changement de joueurs

Les deux coaches se retrouvent sur l'appétit et rencontrent la même  problématique: changer de tactique avec à peu près les mêmes hommes que leurs  prédécesseurs. Conte veut "remettre l'Italie où elle doit être, la deuxième équipe du  monde derrière le Brésil". Il a peu modifié le groupe du Mondial, malgré l'échec au premier tour,  changeant surtout les attaquants (exit Balotelli). Il a rappelé Giovinco,  Osvaldo et même Quagliarella, qui ne jouaient pourtant guère... sous ses ordres  à la Juve, mais ils connaissent ses méthodes et lui permettent de travailler  tout de suite la tactique. Il pense pouvoir arriver à inculquer même en trois jours par mois  maximum les préceptes de son précieux 3-5-2, qui requiert beaucoup  d'automatismes.
Guus Hiddink a pour objectif déclaré "d'amener les Pays-Bas en demi-finales, au  moins, de l'Euro-2016". Pour y parvenir, il va garder l'épine dorsale de Louis van Gaal,  demi-finaliste au Brésil, Robben (forfait contre l'Italie), Sneijder, De Jong,  Vlaar ou Van Persie (maintenu capitaine). Mais Hiddink ne conservera sans doute  pas la tactique utilisée au Brésil, un 5-3-2 (ou 3-5-2) dont il ne semble pas  partisan. Il pourrait associer Robin van Persie et Klaas-Jan Huntelaar en pointe  alors que sous les précédents sélectionneurs, c'était l'un ou l'autre (le plus  souvent "RVP") mais jamais les deux ensemble. "J'ai un groupe et des joueurs de qualité, explique-t-il. Succéder à Louis  après une superbe Coupe du monde est un défi énorme. Mais j'ai de l'expérience,  cela ne me fait pas peur. Je reprends une équipe en plaine santé et qui a des  certitudes". Comme Conte et Hiddink.

AFP