Ofer Eini (L), président de l'Association israélienne de football (IFA), et Rotem Kamer, directeur de l'IFA.
Ofer Eini (L), président de l'Association israélienne de football (IFA), et Rotem Kamer, vice-président de l'IFA. | JACK GUEZ / AFP

Israël-Argentine annulé : marche arrière et ardoise salée

Publié le , modifié le

Initialement programmé samedi à Tel-Aviv, le match Israël-Argentine a été annulé par la l'Association argentine de football (AFA), qui a dû faire marche arrière. Selon Claudio Tapia, patron de la fédération argentine, cette annulation répond à des considérations sécuritaires et doit être comprise comme un geste pacifique.

Le président de l'Association argentine de football (AFA) Claudio Tapia a assuré mercredi que l'annulation du match Israël-Argentine samedi, servant à préparer le Mondial 2018, répondait à des considérations sécuritaires et que la décision devait être comprise comme un geste pacifique. "Les actions et les menaces nous ont conduits à prendre la décision de suspendre la rencontre. Ma responsabilité comme président de l'AFA est d'oeuvrer pour la sécurité de mes gens, c'est pour cela que j'ai pris cette décision. J'espère que ce sera perçu comme une contribution à la paix mondiale, le football est un jeu et va au delà des religions, et n'a rien à voir avec la violence", a déclaré à la presse depuis Barcelone le patron du football argentin.

Le match était initialement prévu à Haïfa, mais les organisateurs ont finalement décidé qu'il serait joué à Jérusalem. Les dirigeants argentins ont mal évalué le contexte de fortes tensions israélo-palestiniennes après la décision des Etats-Unis de reconnaître Jérusalem comme capitale et d'y installer son ambassade, rompant avec un consensus international.

Un match à 3 millions de dollars

Depuis des semaines, le sélectionneur argentin Jorge Sampaoli exprimait son opposition à la rencontre. "Pour des raisons sportives", disait-il prudemment, rejetant la responsabilité de la rencontre sur l'AFA et son équipe dirigeante. En Argentine, ce dernier match amical en Israël ne recueillait pas l'enthousiasme, ni l'intérêt généré en Israël, à l'occasion du 70e anniversaire de la création de l'Etat hébreu.

Vendu pour la somme de trois millions de dollars à l'AFA, moins si Lionel Messi ne foulait pas la pelouse, l'annulation entraîne un manque à gagner pour l'organisateur israélien et la fédération argentine. Aucune information officielle n'a été divulgué sur le montant du contrat, mais la presse argentine assure que l'AFA a déjà encaissé 1,5 millions de dollars.

Tapia s'est dit désolé pour les passionnés de football qui avaient acheté un billet pour le match de samedi à Jérusalem et espéraient voir la sélection argentine. "Nous demandons pardon aux Argentins qui vivent en Israël et à la communauté israélienne", a-t-il dit. Il a conclu son intervention en laissant la porte ouverte à un match amical contre Israël plus tard en 2018. La presse argentine évoque octobre.

Une plainte d'Israël contre la fédération palestinienne

La Fédération israélienne de football a elle annoncé mercredi le dépôt d'une plainte auprès de la Fifa contre la fédération palestinienne à la suite de l'annulation du match, en raison de "menaces" proférées selon elle contre les joueurs argentins.

"Nous avons affaire à un acte de terrorisme footballistique de la part de la fédération palestinienne de football et de son président. Il ne s'agit plus simplement d'un discours de plus devant le congrès (de la Fifa) ou d'une proposition de plus à l'agenda, mais de menaces contre les joueurs de football venant en Israël", a dit devant la presse le vice-président de la fédération israélienne Rotem Kamer.

  

AFP