Zlatan Ibrahimovic Milan AC
Zlatan Ibrahimovic sous le maillot du Milan AC | ALBERTO LINGRIA / AFP

Ibrahimovic, un génie à Paris

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Avec la signature de Zlatan Ibrahimovic le PSG a décroché le gros lot. Joueur aussi imprévisible que charismatique, le Suédois a toutes les cartes pour devenir l'idole du Parc des Princes. A la condition expresse que Carlo Ancelotti parvienne à canaliser le bouillant attaquant. Certains s'y sont déjà cassés les dents.

Son prénom claque comme un coup de fouet. Son nom évoque la magie des joueurs slaves mais il est Suédois. Il mesure 1m95, pèse 85 kilos et possède pourtant la souplesse d'un chat. Il s'est brouillé avec le gentil Pep Guardiola au Barça mais José Mourinho, souvent cruel avec ses joueurs, n'a gardé que des bons souvenirs de son passage sous ses ordres à l'Inter Milan. Il est capable de marquer un but après avoir dribblé la moitié de l'équipe adverse puis de disparaître complètement du même match. Tel est Zlatan Ibrahimovic. Insaisissable. Inclassable. Et parfois même ingérable.

"Zlatan", en serbo-croate, signifie "or". Et c'est bien une affaire de ce métal précieux que vient de réaliser le PSG en arrachant le Suédois à l'AC Milan. En tout cas sur le papier. Encore dans la force de l'âge (30 ans), Ibrahimovic possède assez de talent dans chaque orteil pour mettre la Ligue 1 à ses pieds, c'est une évidence. Lors du dernier Euro, le Scandinave a joué en marchant la plupart du temps, ce qui ne l'a pas empêché de ridiculiser l'équipe de France, inscrivant face aux Bleus l'un des plus beaux buts de la compétition d'un ciseau acrobatique typiquement "zlatanien".

Depuis qu'il a commencé le foot, Ibrahimovic a toujours su attirer l'attention. Par son jeu et par sa personnalité. La légende raconte qu'il a dix ans quand il rentre en seconde période d'un match de jeunes alors que son équipe est menée 4-0. A la fin de la rencontre, le jeune Zlatan a inscrit 8 buts et son équipe l'emporte 8-5. De telles démonstrations ne peuvent restées longtemps inaperçues. Après avoir débuté sa carrière chez les pros à Malmö en 1999, ce fils d'un père bosniaque et d'une mère croate qui se sont installés en Suède en 1977, tape dans l'œil du puissant Ajax Amsterdam. C'est donc dans le championnat batave que le prodige va faire ses gammes, à l'abri des regards trop curieux. Déjà, le jeune homme fait preuve d'un caractère bien trempé : lors d'un match amical entre la Suède et les Pays-Bas, il blesse semble-t-il volontairement son coéquipier néerlandais à l'Ajax, Rafael Van der Vart coupable, aux yeux d'"Ibra", de lui faire de l'ombre. 

Porte-bonheur en championnat

Des anecdotes de ce genre, Ibrahimovic en traîne plein les valises. On ne compte plus ses altercations avec adversaires, journalistes et coéquipiers. Jusqu'à présent, et à l'exception de son passage raté à Barcelone où le collectif du vestiaire blaugrana a eu raisons de son caractère de diva, le viking a toujours su imposer sa volonté. En sera-t-il de même à Paris ? Il faudra toute l'expérience et la psychologie de Carlo Ancelotti pour faire rentrer Ibrahimovic dans le moule, tout en lui laissant son grain de folie pour qu'il puisse s'exprimer librement. Car Zlatan est un pur-sang qu'on ne saurait mettre en cage sous peine de le transformer en cheval de trait retors et boudeur. 

Au-delà de cette réputation de forte-tête, "Ibracadabra" est également connu, et c'est beaucoup plus flatteur, pour être le véritable porte-bonheur des équipes dans lesquelles il évolué. Avant sa dernière saison au Milan AC, le Suédois restait en effet sur une incroyable série de neuf titres nationaux consécutifs (Ajax, Juventus, Inter, Barcelone, Milan). Incontestablement de bon augure pour Paris... S'il devrait régaler les publics de Ligue 1, Ibrahimovic sera surtout attendu en Ligue des Champions. Car l'attaquant prolifique, deux fois meilleur buteur en Serie A notamment, a parfois la fâcheuse tendance à passer au travers lors des grands rendez-vous. Et la Ligue des Champions, objectif déclaré du PSG, en est un. Zlatan jouera de plus avec tout le poids de son transfert, et surtout de son salaire faramineux (14 millions d'euros par an), sur les épaules. Bref, c'est peu dire qu'"Ibra" est attendu. Au tournant par certains, comme le Messie par d'autres...

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Julien Lamotte