Josep Guardiola, entraîneur du FC Barcelone, 26/04/2011
Josep Guardiola, entraîneur du FC Barcelone. | AFP PHOTO / DANI POZO

Guardiola : "C'est la manière qui nous rend le plus fiers"

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Sacré une deuxième fois en trois ans champion d'Europe après avoir encore battu Manchester United (3-1), samedi à Londres, l'entraîneur du FC Barcelone Josep Guardiola a relevé que c'était "la manière qui (les rendait) le plus fiers".

Alors c'est vous, le "putain de maître" ? (référence aux mots de Guardiola qualifiant Jose Mourinho de "putain de maître" dans le domaine de la communication)
(sourire) Je me sens privilégié d'entraîner ces joueurs, d'appartenir à ce groupe. On en est à quatre Ligues des champions, comme le Bayern et l'Ajax; il y a peu, on était à zéro, on est très heureux. Quatre, quatre, c'est fantastique !

Avez-vous mieux joué que lors de la finale 2009 ?
Après ce match de Rome, on pensait qu'on avait bien joué, mais après avoir revu le match, on avait un arrière-goût amer, mais ça nous a servi de revoir le match. Oui, on a fait un bien meilleur match, on l'a fait de bonne manière. On veut toujours gagner, mais c'est la manière qui nous rend le plus fiers. On savait qu'ils allaient presser au début et faire tourner le ballon, ils ont fait le premier, moins le second. On jouait une finale de Ligue des champions contre une équipe qui gagne presque chaque année son championnat, avec l'entraîneur le plus prestigieux du monde. Cette équipe a du talent, mais nous aussi avons pressé Ferdinand, Vidic, Giggs et Carrick. On a eu plus d'occasions qu'à Rome, et on a joué à un niveau plus élevé.

Y a-t-il une équipe dans l'histoire meilleure que ce Barça ?

Je ne sais pas, impossible de le dire, je n'ai pas vu les autres équipes, le Real Madrid de Di Stefano qui a gagné cinq C1 d'affilée, l'Ajax de Cruyff... On essaie de jouer le mieux possible, et on aimerait que dans dix, quinze ans on se souvienne de nous comme une des meilleures équipes, ou au moins que les joueurs se souviennent qu'ils ont savouré.

Abidal qui soulève le premier le trophée, est-ce un symbole ?
C'est une idée de Carles (Puyol) et Xavi, surtout de Carles, qui a lui aussi beaucoup souffert ces trois derniers mois. Mais on est en finale parce qu'il a joué la demi-finale. C'est Abidal qui a le plus souffert, il a eu une tumeur. Tu peux gagner ou perdre, mais là, c'est une question de qualité humaine, ce geste honore Carles, et rien que ce geste nous rend un peu plus forts.

Encore une fois, Messi a été décisif...

On pourrait être compétitifs, mais sans lui, on n'aurait pas autant de qualité: il est unique. J'espère que le club pourra lui donner des joueurs qui lui vont bien, et qu'il gardera le calme de sa vie. Le club est suffisamment intelligent pour recruter les joueurs dont il a besoin.

Ferguson dit que si vous partez, vous ne trouverez pas meilleure équipe...

Mon avenir sera très dur, parce que peut-être que j'aurai du mal à trouver d'aussi bons joueurs, mais il s'agira d'un autre défi, d'essayer de jouer le mieux possible. En Italie et en Espagne, c'est impossible de rester 25 ans; ça se trouve, l'année prochaine on sera mauvais et alors on me virera. J'ai une admiration sans bornes pour Ferguson. Je sais que l'entraîneur dépend des joueurs et de leur forme, et au Barça aussi. Mille professionnels ont travaillé pour qu'on en arrive là. J'ai encore un an de contrat, et j'espère l'honorer.

Chelsea s'intéresserait à vous...
Je n'ai rien à dire. On sait que celui qui gagne a beaucoup de fiancées, mais ça change, et les fiancées te quittent aussi rapidement. (rires)

AFP