Frédéric Thiriez LFP
Le président de la Ligue professionnelle de football, Frédéric Thiriez | DPPI - JEAN-MARIE HERVIO

Grosse tension entre la Fédération et la Ligue

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Ce mercredi se tient le comité executif de la Fédération française de foot. Une réunion qui s'annonce d'ores et déjà agitée en raison du désaccord entre la Fédération et la Ligue professionnelle au sujet de la décision prise le 9 jullet dernier de procéder à deux montées et des descentes entre la Ligue 1 et la Ligue 2, au lieu des trois actuellement en place. Cette décision, la Fédération a le pouvoir, aujourd'hui, de l'annuler. Au risque de provoquer une crise d'ampleur dans la foot français.

Frédéric Thiriez ne mâche pas ses mots à quelques heures du comité exécutif de la Fédération. Dans les colonnes de L'Equipe de ce jeudi, le président de la LFP parle tout simplement de "crise majeure entre le football professionnel et la Fédération". Pour lui, la potentielle annulation par le comité exécutif de la décision prise par la Ligue d'autoriser deux montées et deux descentes entre la L1 et la L2 pourrait avoir de graves conséquences sur le football français. Comme l'explique Etienne Moatti, la FFF a concrètement le pouvoir s'annuler la décision prise par votre par la LFP si celle-ci est illégale ou contraire à l'intérêt supérieur du football tricolore. Mais une telle décision viendrait, à coups sûrs, pourrir des relations qui sont déjà déplorables entre les deux instances.

Du côté des clubs, les avis sont tranchés : les clubs de Ligue 1 sont évidemment favorables à la décision actée par la LFP tandis que les équipes de L2 y sont farouchement opposées car elles voient logiquement leurs chances d'accéder à l'élite diminuer. 

A l'heure actuelle, les dirigeants se renvoient la faute de manière plutôt virulente. Ainsi, Frédéric Thiriez rejette la responsabilité de ce mic-mac sur Noël Le Graët, président de la FFF, à qui il a d'ailleurs fait parvenir un courrier lui rappelant ses manquements. Dans le camps de la FFF, les arguments fusent aussi et Thiriez est mis au banc des accusés. Dans ces conditions, les discussions du comité exécutif de la Fédération, ce jeudi matin, risquent d'être animées. 

Un manque de concertation 

Interrogé sur le sujet, Jacques Rousselot, président du club de Nancy et membre du comité exécutif, affirme dans les colonnes de L'Equipe vouloir faire "invalider cette décision". "Il faut arrêter tout ça, c'est nul", estime-t-il avant d'ajouter que "les membres du comité exécutif de la Fédération feraient une faute lourde en déclarant la guerre à la Ligue". Fernand Duchaussoy, ancien président de la FFF et actuel président de la Ligue Nors-Pas-de-Calais, rappelle pour sa part qu'il "devait y avoir un groupe de travail pour débattre avant une décision en décembre, et la Ligue a voulu anticiper".

Ce matin, sur Europe1, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, Patrick Kanner, a demandé aux présidents de la FFF et de la LFP de trouver "un accord" dans cette "crise de gouvernance entre les deux autorités souveraines". "Je considère qu'à un an de l'Euro 2016, ce n'est pas une bonne image, a-t-il estimé. Je les appelle à se réunir".

En effet, à un an de l'Euro en France, on ne peut pas dire que le football français fasse bonne impression et aucun des deux camps ne semblent décidés à mettre leurs rancunes et leurs rancoeurs de côté pour faire table rase et remettre le football français sur de bonnes bases. Un constat plutôt regrettable. 

Isabelle Trancoën