Gianni Infantino, nouveau patron de la FIFA, impliqué dans l'affaire "Panama papers"

Gianni Infantino, nouveau patron de la FIFA, impliqué dans l'affaire "Panama papers"

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Selon les informations du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, Gianni Infantino, nommé président de la Fifa le 26 février dernier en remplacement de Sepp Blatter, serait impliqué dans l'affaire "Panama Papers". Il est accusé d'avoir signé des contrats, en 2006 et 2007, avec une société offshore pour des droits télévisés alors qu'il dirigeait le département juridique de l'UEFA. Toujours selon le média allemand, ces contrats portaient notamment sur des droits télévisés pour 3 saisons de Ligue de champions et auraient été signés avec des hommes d'affaires aujourd'hui poursuivis par la justice américaine dans le scandale de corruption qui secoue la Fifa.

En septembre 2006, la société Cross Trading a acheté à l’UEFA les droits télévisés de la Ligue des champions pour la période 2006-2009 pour 111 000 dollars. Quelques mois plus tard, elle a obtenu pour une saison les droits de la Coupe de l’UEFA et de la Supercoupe d’Europe pour 28 000 dollars.

Des relations peu recommandables

Premier problème : les propriétaires de cette société sont les Argentins Hugo et Mariano Jinkis inculpés aux Etats-Unis pour avoir versé des pots-de-vin en échange de droits de diffusion des compétitions de la Fifa en Amérique du Sud. Second problème : Cross Trading a ensuite revendu ces droits sur la Ligue des champions pour plus de 311.000 dollars au groupe télévisé équatorien Teleamazonas. Ce même groupe a aussi racheté les droits de la Coupe de l’UEFA et de la Supercoupe d’Europe pour 126 000 dollars. Au final, ces opérations furent particulièrement juteuses pour Cross Trading qui a ainsi réalisé des marges considérables.

Aujourd'hui, le Süddeutsche Zeitung s'interroge sur les raisons qui ont poussé l'UEFA à vendre des droits pour des prix largement inférieurs à ceux du marché. A cette époque, Gianni Infantino était directeur des affaires juridiques de l'UEFA. Interrogé par le quotidien allemand sur cet épisode, l'UEFA a indiqué: "Nous ne savions pas qui étaient à l'époque les véritables propriétaires de Cross Trading ". "Rien n'indique qu'un méfait a été commis par l'UEFA ou par moi-même, a assuré pour sa part le nouveau président de la Fifa dans un communiqué. Je suis consterné et n'accepterais pas que mon intégrité soit mise en doute par certains médias." Une réponse assez peu convaincante alors que l'affaire "Panama papers" vient de lever le voile sur un vaste système d'évasion fiscale à l'échelle planétaire.

Isabelle Trancoën