Manifestation à Bastia
Les manifestations des supporteurs bastiais avaient été houleuses | Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

"Ghjustizia per Maxime": plusieurs milliers de Corses défilent à Bastia

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Plusieurs milliers de personnes ont commencé à défiler dans le calme samedi vers 14H30 derrière une banderole "Ghjustizia per Maxime" ("Justice pour Maxime") à Bastia, une semaine après des incidents avec la police à Reims au cours desquels un supporter du SC Bastia, Maxime Beux, a été grièvement blessé.

Le cortège, comprenant de nombreux fans du SC Bastia, dont le principal  club de supporters, Bastia 1905, avait appelé à défiler, et beaucoup  d'étudiants, est parti du Palais de justice de la villle et a emprunté le  boulevard Paoli, la principale artère de Bastia, en direction de la préfecture,  a constaté un journaliste de l'AFP. Beaucoup craignent que la manifestation ne dégénère. Peu avant le départ du  cortège, la préfecture de Haute-Corse a annoncé que des policiers avaient  découvert près de la préfecture des engins explosifs "dangereux pour les  personnes".

Ces engins --des boules de pétanque évidées et remplies d'explosif, a  précisé une source proche du dossier à l'AFP-- ont été découverts "dans le  cadre des vérifications préparatoires à la manifestation de cet après-midi à  Bastia (...) dissimulés aux abords de la préfecture", selon un communiqué de la  préfecture. Scandant "Tous avec Maxime", "Ghjustizia per Maxime" ou "Liberta per Di  Caro", les manifestants portaient en nombre des drapeaux corses ou aux couleurs  du Sporting Club de Bastia. "On n'oublie pas Rémi (Di Caro) qui a soutenu  Maxime et qui paie pour cela", a déclaré un des porte-parole de Bastia 1905,  Jean-Etienne Venturi. Rémi Di Caro, 20 ans, a été condamné jeudi à à 10 mois de prison, dont 5  ferme, après avoir été interpellé après une manifestation qui a dégénéré mardi  soir à Corte, où se trouve l'Université de Corse.

Appels au calme

Dans un contexte marqué en outre par les crispations entre Paris et les  dirigeants nationalistes corses parvenus au pouvoir à la faveur d'une victoire  historique lors des élections territoriales de décembre, des affrontements  parfois violents, même s'ils n'ont pas fait de blessé, ont opposé manifestants  et de l'ordre à Bastia et à Corte depuis les incidents qui ont eu lieu à Reims  le 13 février. Les appels à l'apaisement se sont multipliés avant la manifestation. Samedi  matin, c'est Maxime Beux lui-même, tout juste rentré en Corse, qui appelait par  la voix de son avocate Cynthia Costa-Sigrist "à la sérénité, la dignité et au  calme". Vendredi soir, le président nationaliste de l'exécutif de la Collectivité  territoriale de Corse, Gilles Simeoni, avait appelé à "désamorcer cette logique  de confrontation", tout en mettant en garde contre "des risques avérés de  dérapages et d'affrontements". Le président nationaliste de l'Assemblée de  Corse Jean-Guy Talamoni a lui aussi appelé au "calme, à la dignité et à la  sérénité".

Maxime Beux assure avoir été blessé par un tir de Flash-Ball des forces de  l'ordre dans les incidents qui ont opposé des supporters bastiais et des  policiers à Reims le 13 février après le match Reims-Bastia. Il a évoqué même,  selon son avocate, "un guet-apens tendu par les policiers". Le parquet de Reims  assure de son côté qu'il se serait blessé en tombant sur un poteau alors qu'il  était poursuivi par des policiers. Une information judiciaire pour "violences volontaires" a été ouverte à  Reims pour clarifier les circonstances des incidents, et l'Inspection générale  de la police nationale a été saisie. Les sept supporters du club impliqués dans  les événements rémois --mais pas Maxime Beux-- ont également porté plainte pour  "violences aggravées". Ces sept supporteurs doivent comparaître le 22 mars à  Reims. A la différence des grandes manifestations nationalistes des années  1980-90, strictement encadrées par des organisations politico-militaires, des  groupes de jeunes gens très mobiles et déterminés affrontent souvent désormais  les forces de l'ordre dans de véritables scènes de guérilla urbaine en fin de  défilé.

AFP