Joachim Low fragilisé

France-Allemagne : Le sélectionneur allemand Joachim Low en plein doute

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L'équipe d'Allemagne est en plein doute alors qu'elle s'apprête à affronter, pour la deuxième fois en un mois, les champions du monde français. En première ligne des critiques, Joachim Low aborde chaque rencontre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Les résultats, le style, l'extrasportif : rien ne va plus chez le mythique sélectionneur à la mèche parfaite.

" Oui, je comprends qu'il y ait un débat et on doit faire avec" Joachim Low n'a pas esquivé. Après l'humiliation batave (0-3 face aux Pays-Bas le 13 octobre dernier), le sélectionneur a du faire face aux interrogations sur son avenir. Lui qui enregistrait sa 168e cape à la tête de la Nationalmanschaft  ce jour-là, n'avait pas l'esprit à l'auto-satisfaction.  

• Des choix discutables, encore

Dans les rangs allemands, force est de constater que le sélectionneur ne fait plus l'unanimité. Les jeunes crocs ne sont pas assouvis. Julian Brandt et Leroy Sané ont début la rencontre sur le banc alors que les deux joueurs dynamitent les matchs de leur club respectif (Bayer Leverkusen et Manchester City). "Il titularise l'attaquant de Schalke Ulth, zéro but cette saison, et laisse les feux follets Brandt et Sané sur la touche" lui reproche ainsi le quotidien allemand Bild. Le même journal indique que des joueurs seraient étonnés de la légèreté des entraînements lors de l'actuelle tournée. 

• Une image écornée

Joachim Low a longtemps été comme sacralisé en Allemagne. Son allure impeccable, sa verve en conférence de presse, et surtout ses résultats lui ont conféré un statut à part. A l'abri des critiques et des remises en question.  Mais depuis l'effondrement de son équipe à Moscou, il n'est plus intouchable. Des voix respectées outre-rhin, comme celle de Michael Ballack, marquent leur scepticisme : "Comme d'autres, j'ai été surpris qu'il conserve son job. Il est avec l'équipe depuis longtemps et parfois il faut admettre que les choses ne fonctionnent plus" Au-delà de l'usure sportive, il y aurait donc un fléchissement dans les relations  qu'il entretient avec les joueurs et les cadres de l'équipe. La plus éclatante manifestation de cette perte d'autorité a eu lieu fin septembre, à Londres. Low s'y est rendu pour arranger la situation avec Mesut Ozil, qui avait tiré une croix sur la sélection allemande après l'affaire des photos avec le président turc Erdogan. Sauf qu'Ozil a tout simplement refusé de le rencontrer

• Une équipe au creux de la vague

La forme des joueurs ne l'aide pas. Sélection mise à part, la génération championne du monde est en train de piétiner, voire de décliner. Historiquement, le Bayern Munich est un peu le baromètre de la Nationalmanschaft. Quand les Bavarois flambent, les Allemands vont bien. Le sacre mondial de 2014 ponctuait une période faste pour les joueurs bavarois : les Müller, Lahm et Neuer sortaient alors d'un triplé historique, un an plus tôt. Ils étaient au sommet de leur carrière. Aujourd'hui, le Bayern est 6ème de Bundesliga et vient d'enchaîner quatre matches sans victoire. Manuel Neuer, après une saison 2017 blanche, n'a jamais semblé aussi friable dans les buts : son pourcentage de parade, habituellement autour de 80%, stagne à 57,9%. Jérôme Boateng est en plein doute après un mercato agité et un début de saison compliqué, tout comme Thomas Müller, qui enchaîne les mauvaises performances en club et en sélection. Lui-même l'a reconnu, la crise du Bayern se propage jusqu'aux rangs de la sélection : "Dans les conversations à table on en parle, les autres joueurs nous demandent : alors, chez vous, comment ça va?"  Un autre entraîneur que Joachim Low arriverait-il à pallier ces interrogations? Rien n'est moins sûr. Selon l'Equipe, il ne serait d'ailleurs même pas menacé en cas de défaite face à la France. Les cadres de l'équipe d'Allemagne craigneraient la tornade qui suivrait le licenciement de Joachim Low