Football : le retour des spectateurs au stade des interrogations

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Auteur·e : AFP
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Avec du public, mais dans quelles conditions ? Le retour du football professionnel en France, prévu cet été, semble parti pour se faire devant des spectateurs. Mais de la jauge de 5.000 personnes au protocole à élaborer, le chemin menant au stade reste pavé d'embûches.

La Ligue 1 a peut-être échappé à l'image terne de matches sans supporters. Le recul de la pandémie du coronavirus en France entretient l'optimisme autour d'une reprise du Championnat, le week-end du 22 août, avec des spectateurs. Mais le retour de l'ambiance s'annonce "mezza voce".

En cas de réouverture au public, le gouvernement a pour l'heure fixé une jauge maximale de 5.000 personnes, commune à tous les événements sportifs et culturels. Un chiffre qui pourrait être revu, selon la ministre des Sports Roxana Maracineanu.

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"On y travaille pour que cette jauge soit dépassée"

"Nous allons évidemment travailler pour que, si la doctrine sanitaire le permet, la jauge puisse augmenter", a-t-elle déclaré, en réponse au souhait du président de la Fédération (FFF) Noël Le Graët d'accueillir plus de monde au Stade de France pour la finale de la Coupe de France cet été.

Avoir aussi du public pour la finale de la Coupe de la Ligue et la reprise de la L1 ? "On espère. Et que cette jauge de 5.000 personnes soit dépassée, en tout cas, on y travaille", a confirmé la présidente de la Ligue (LFP) Nathalie Boy de la Tour, à Canal+. La question des 5.000 spectateurs laisse entrevoir certaines difficultés : qui aura un billet, en sachant que la demande risque de largement dépasser l'offre ? Aujourd'hui, les modalités de choix sont encore inconnues.

"Comparer une salle de basket et le Vélodrome, ça n'a absolument rien à voir"

"Si demain on nous dit qu'il y aura en priorité l'ouverture des loges et des tribunes présidentielles, les dents vont grincer", prévient Pierre Barthélémy, l'avocat de l'Association nationale des supporters (ANS). "Le principe de la jauge est très compliqué à mettre en place de manière équitable pour les clubs notamment parce qu'il va falloir jongler entre leurs abonnés, leurs groupes ultras, les hospitalités. Ça va être compliqué de satisfaire tout le monde", explique à l'AFP Ronan Evain, directeur général du réseau Football Supporters Europe (FSE).

Une solution serait d'adapter la jauge aux capacités d'accueil du stade. C'est ce que propose un rapport de l'Instance nationale du supportérisme (INS) que l'AFP s'est procuré: "Si une reprise avec une jauge réduite est inévitable, il serait préférable de l'exprimer non pas en valeur absolue mais en valeur relative."

"Ce qui paraît absurde, c'est d'avoir une jauge à 5.000 plutôt qu'en pourcentage. Comparer une salle de basket et le Vélodrome, ça n'a absolument rien à voir", poursuit M. Evain. La clé des discussions se trouve dans le protocole sanitaire. C'est ce texte, que clubs et instances préparent, qui fixera les limites du retour des spectateurs.

Les spectateurs devront changer leur routine

"Il s'agit surtout, pour nous, de la manière dont les supporters se rendent au stade, avec quels moyens de transport", a assuré Roxana Maracineanu. Il s'agit donc d'éviter des flux trop chargés de personnes dans les transports ou les coursives, avec des critères médicaux qui s'appliqueront du domicile au siège pour le fan.

"Le port du masque sera la base du dispositif que nous compléterons avec la différenciation des accès en entrée et sortie, marquage au sol pour respecter la distanciation, mise en place de distributeurs de solution hydroalcoolique, désinfection régulière par les équipes de nettoyage...", décrit pour l'AFP Xavier Pierrot, stadium manager du Groupama Stadium à Lyon.

Le club travaille aussi en lien avec la Préfecture et l'opérateur Keolis, qui exploite les transports en commun de l'agglomération. Pour la sécurité, il planche sur des "solutions alternatives" avec ses prestataires. "Cela pourrait éventuellement passer par la mise en place de magnétomètres (pour détecter des objets métalliques, ndlr) aux entrées", à la place des habituelles palpations, évoque-t-il. Il est acquis que les spectateurs devront changer leur routine. Comme les joueurs, en somme.

AFP