RC Lens

Les supporters lensois refusent de rencontrer un collectif anti-homophobie

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Un mois après avoir repris des insultes homophobes lors d'un match de Ligue 2 contre Valenciennes, les supporters lensois ont refusé de rencontrer un collectif anti-homophobie qui s'était déplacé vendredi au stade Bollaert pour dialoguer avec eux.

"Cela m'inspire une terrible déception parce qu'on se faisait sincèrement une joie de se parler de vive voix et les supporters ont préféré doucher nos espoirs de dialogue", a regretté auprès de l'AFP Julien Pontes, porte-parole du collectif Rouge Direct. Les militants ont en revanche eu un échange très constructif avec les dirigeants artésien, notamment le président Joseph Oughourlian et le directeur général Arnaud Pouille. "Ils ont pris les choses au sérieux et on a eu une explication vive et très franche. Nous leur avons fait la proposition d'obtenir un engagement formel des supporters du RC Lens de bannir toute expression homophobe au stade Bollaert. La direction s'est engagée à y travailler", a expliqué M. Pontes. "Malgré tout, je ressors un peu plus inquiet sur l'état d'esprit des supporters qu'avant ma venue. Ce rendez-vous manqué reste une énorme déception", a-t-il ajouté. Une enquête avait été ouverte mi-avril par le parquet de Béthune à propos de chants "provocateurs, à possible caractère homophobe" lors du choc de Ligue 2 entre les clubs rivaux Lens et Valenciennes.

Insultes et menaces

Dans une vidéo relayée par le collectif Rouge Direct, constitué d'anciens membres du Paris Foot Gay, on voit le "capo" (celui qui anime les tribunes au micro) de Lens crier "Oh VA bande de pédés !", des insultes reprises par une partie du public de la tribune Marek. Les supporters lensois concernés n'ont "pas pensé que les mots pouvaient blesser" quiconque, avait plaidé auprès de l'AFP Pierre Revillon, porte-parole des Red Tigers, groupe d'ultras lensois. Saisie, la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP) a infligé le 9 mai au RC Lens une lourde amende de 50.000 euros ainsi qu'un match à huis clos avec sursis pour la tribune Marek.

Par ailleurs, un supporter lensois qui avait dénoncé ces chants en avril a déposé plainte mardi à Paris après avoir reçu plus de 300 messages publics "d'insultes et de menaces" sur les réseaux sociaux. "Le problème, c'est que la grande majorité des supporters ont fait le lien entre mes tweets et l'amende (...) Depuis, j'ai été affiché partout sur Facebook et Twitter, ça n'a pas arrêté pendant un mois", a déclaré vendredi à l'AFP Jacky Majda, 44 ans, qui a publié sur sa page Facebook un échantillon de ces messages. "Certains incitent clairement à me frapper si je viens à Bollaert", a-t-il ajouté, précisant ne pas vouloir pour l'heure retourner au stade par crainte de se faire agresser.

AFP