Ronaldo
Ronaldo Nazario en 2004 | AFP - Mauricio Lima

Fin de carrière pour Ronaldo

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Le Brésilien Ronaldo , double champion du monde (1994 et 2002) et double Ballon d'Or (1997 et 2002), a confirmé lundi qu'il mettait un terme à sa carrière à l'âge de 34 ans, en raison de problèmes physiques. Ce fut une "belle carrière, émouvante, merveilleuse" a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse au siège de son dernier club, les Corinthians de Sao Paulo, où il a annoncé ses adieux.

"Je voulais continuer, mais je n'y arrive plus. Je pense à une action, mais je n'arrive pas à l'exécuter comme je le souhaite. Il est temps.Je n'en peux plus". Ainsi a-t-il justifié sa décision. "Ce deux dernières années, j'ai eu une longue série de blessures, d'une jambe à l'autre, d'un muscle à l'autre (...) Ces douleurs m'ont poussé à anticiper la fin de ma carrière.", a donc précisé l'un des joueurs les plus talentueux de ces deux dernières décennies,  Ronaldo Luiz Nazario de Lima, de son vrai nom en version intégrale.-

Le meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde (15 buts en trois éditions), à la carrière interrompue par trois graves blessures au genou (1999, 2000, 2008), a également annoncé lundi qu'il souffrait depuis des années d'hypothyroïdie, une insuffisance de la sécrétion de la thyroïde."Il y a quatre ans à Milan, j'ai découvert que je souffrais d'un problème, l'hypothyroïdie, qui ralentit le métabolisme et que pour le contrôler je devais prendre des hormones non autorisées dans le football, car elles sont considérées comme du dopage". Selon lui, cette maladie est à l'origine de ses problèmes de poids qui lui ont valu d'être surnommé "el gordo" (le gros) à la fin de ses cinq années au Real Madrid (2002-2007). "Beaucoup doivent regretter aujourd'hui d'avoir fait des blagues sur mon poids. Je n'ai aucune rancune contre personne", a-t-il ajouté, sans cacher ses difficultés à retenir ses larmes.
Sans doute préférait-il le le surnom de ""o fenomeno", le phénomène, alliant vitesse, adresse et puissance.

Un "flair" de buteur

Ronaldo  (62 buts en 97 sélections) s'est fait repéré très jeune en marquant 58 buts en 60 matches avec le Cruzeiro Belo Horizonte.  A seulement 17 ans, il est parti en Europe au PSV Eindhoven (1994-1996), avant de rejoindre les plus grands clubs du Vieux continent: FC Barcelone (1996-1997), Inter Milan (1997-2002), Real Madrid (2002-2007) et AC Milan (2007-2008).
Il a remporté notamment une Coupe des Coupes (1997), une Coupe de l'UEFA (1998) et deux titres de champion d'Espagne (2003, 2007).
Après une troisième opération à un genou, il a signé le dernier contrat de sa carrière aux Corinthians fin 2008, remportant l'année suivante la Coupe du Brésil et le championnat de Sao Paulo. Il a également décroché trois titres de joueur Fifa (Fédération internationale de football) de l'année en 1996, 1997 et 2002.

 Il demeure d'ailleurs le meilleur marqueur de l'histoire en Coupe du monde avec 15 buts (4 en 1998, 8 en 2002 et 3 en 2006). Avec 62 buts pour 97 sélections, il figure juste derrière le dieu vivant Pelé dans la hiérarchie de la Seleçao. Il restera aussi synonyme de résurrection. En 1998, atteint d'un mal mystérieux juste avant la finale du Mondial, il passera au travers, à l'image du "tampon" infligé par un Fabien Barthez autoritaire. Quatre ans plus tard, alors que les blessures l'ont accablé dans les mois précédents, il marque un doublé en finale contre l'Allemagne face à Oliver Kahn, meilleur gardien du tournoi. Il fut aussi l'une des pièces maîtresses du grand Real Madrid, qu'il rejoignit lors d'un transfert record de 43 millions millions d'euros. Il fit partie de la version originale des "Galactiques" (avec Zidane, Figo, Beckham), avec qui il conquit ses premiers titres nationaux.

Il a donc avec sagesse décidé de stopper son aventure de footballeur avec néanmoins deux regrets: celui d'abord d'être contraint de prendre une voie sans l'avoir choisie, sans doute plus tôt qu'il ne l'eût voulu, et celui aussi de n'avoir pas pu inscrire à son palmarès une Ligue des champions, qui s'est toujours refusée à lui.

Christian Grégoire