FIFA : le procureur suisse demande une instruction pénale pour "gestion déloyale" contre Infantino

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Auteur·e : AFP
Gianni Infantino à Doha lors de la dernière Coupe du monde des clubs remportée par Liverpool
Gianni Infantino à Doha lors de la dernière Coupe du monde des clubs remportée par Liverpool | GIUSEPPE CACACE / AFP

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Visé par une enquête de la justice suisse pour "incitation à l'abus d'autorité", "violation du secret de fonction" et "entrave à l'action pénale", le président de la Fifa Gianni Infantino pourrait voir s'ajouter une accusation de "gestion déloyale". C'est le souhait du procureur extraordinaire Stefan Keller.

Un procureur suisse a relevé jeudi des "indices" selon lesquels le président de la Fifa Gianni Infantino s'est rendu coupable de "gestion déloyale" avec un vol en jet privé payé par l'instance mondiale du football. Cette nouvelle accusation, qui ne fait pas formellement l'objet d'une enquête, s'ajoute à la procédure ouverte le 30 juillet contre le dirigeant italo-suisse pour "incitation à l'abus d'autorité", à la "violation du secret de fonction" et à "l'entrave à l'action pénale".

Ses conclusions transmises au parquet suisse

"Sur la base des investigations menées" au sujet d'un vol en jet privé entre le Suriname et la Suisse, remontant à 2017, "Stefan Keller est d'avis qu'une instruction pénale doit être ouverte pour gestion déloyale", indiquent ses services dans un communiqué. Le magistrat n'est cependant "pas compétent pour ouvrir une telle instruction" et a donc transmis ses conclusions au Ministère public de la confédération (MPC), le parquet fédéral suisse.

Président de la Cour suprême du canton d'Obwald, dans le centre du pays, Stefan Keller avait été désigné "procureur extraordinaire" début juillet pour enquêter sur les soupçons de collusion entre la Fifa et l'ancien chef du MPC, Michael Lauber. Ses investigations portent sur trois rencontres secrètes tenues en 2016 et 2017 entre M. Lauber et Gianni Infantino, non mentionnées dans les multiples procédures ouvertes depuis 2015 sur le football mondial, dans lesquelles la Fifa est partie civile.

La Fifa critique un communiqué "malveillant et diffamatoire"

L'affaire a contraint cet été Michael Lauber à la démission, mais la justice interne de la Fifa a blanchi mi-août M. Infantino. Le dirigeant a depuis jugé "absurde" d'être mis en cause pour avoir rencontré un magistrat et assure qu'il voulait juste montrer à M. Lauber combien la Fifa avait changé depuis les "fonctionnaires corrompus" de l'ère Sepp Blatter, son prédécesseur.

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La Fifa a réagi vivement à cette nouvelle accusation en apportant son soutien à M. Infantino: "Ce communiqué (de Stefan Keller) est à la fois malveillant et diffamatoire et démontre sa partialité extrême", a-t-elle estimé. "Les méthodes du procureur extraordinaire Stefan Keller d'accuser et de porter préjudice en publiant des communiqués de presse sans justification frisent la diffamation et sont rejetés dans les termes les plus forts par la FIFA et son président", poursuit le communiqué, qui précise que la Fifa et son président prendront toutes les mesures juridiques nécessaires pour "mettre fin à ces accusations sans fondement et mal intentionnées".

Dans le cadre de cette enquête, Stefan Keller a entendu mercredi M. Blatter en tant que "personne appelée à donner des renseignements", alors que le Suisse âgé de 84 ans est lui-même poursuivi depuis 2015 pour "gestion déloyale". "Cette séance s'est très bien passée", a indiqué M. Blatter mercredi après l'audition, en présence de l'avocat de son successeur et d'un autre procureur mis en cause pour ses liens avec Gianni Infantino, Rinaldo Arnold.

AFP