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Le siège de la Fifa | FABRICE COFFRINI / AFP

Fifa : la chambre d'instruction interne veut une sanction plus sévère

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La chambre d'instruction de la Fifa, qui avait requis la radiation à vie, veut faire appel en interne de la suspension de huit ans de toute activité liée au football prononcée contre Michel Platini, président de l'UEFA, et Joseph Blatter, président démissionnaire de la Fifa.

La chambre d'instruction de la Fifa, qui  avait requis la radiation à vie, veut faire appel en interne de la suspension  de huit ans de toute activité liée au football prononcée contre Michel Platini,  président de l'UEFA, et Joseph Blatter, président démissionnaire de la Fifa, a  indiqué mardi un porte-parole. "La chambre d'instruction a l'intention de lancer la procédure d'appel  contre la décision contre M. Blatter et M. Platini au comité d'appel de la  Fifa", indique dans un communiqué transmis à l'AFP Andreas Bantel, porte-parole  de la chambre d'instruction de la commission d'éthique de la Fifa, soit la  justice interne de l'instance suprême du football. Cette dernière est composée de deux organes: la chambre d'instruction, soit  les enquêteurs-procureurs qui avaient requis la radiation à vie, et la chambre  de jugement, qui avait prononcé le verdict d'une suspension de huit ans.

Blatter et Platini, jusqu'ici les deux personnages les plus puissants de la  planète football, ont été suspendus le 21 décembre en raison du paiement  controversé de 1,8 million d'euros du Suisse au Français en 2011 pour un  travail de conseiller achevé en 2002 sans contrat écrit. L'annonce par la chambre d'instruction de son intention d'interjeter appel  survient alors que Platini a déposé lundi en fin d'après-midi son appel auprès  de la chambre des recours de la Fifa pour tenter de faire lever sa suspension,  comme l'a indiqué son entourage à l'AFP mardi matin.

La charge de corruption n'avait pas été retenue contre les deux hommes par  le tribunal interne de la Fifa, qui les avait en revanche jugés coupables le 21  décembre d'"abus de position", de "conflit d'intérêt" et de "gestion déloyale". Platini avait écopé en outre d'une amende de 80.000 francs suisses (74.000  euros), plus élevée que celle de Blatter, 50.000 francs suisses (46.295 euros).

Acheter leurs billets

Pendant leur suspension, ils ne peuvent plus avoir aucune activité  officielle dans le football. Ils pourront toujours aller voir un match, à  condition qu'ils paient eux-mêmes leur billet. Cette sanction a conduit Platini a annoncer le 7 janvier qu'il renonçait à  briguer la présidence de la Fifa, faute de temps pour épuiser les recours  possibles avant le scrutin toujours fixé au 26 février à Zurich (Suisse). Platini, une fois la décision de la chambre des recours connue, pourra  ensuite se tourner vers le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne  (Suisse), le dernier échelon de la justice sportive. Il a dénoncé un procès  politique pour l'empêcher de se présenter à la présidence de la Fifa.

Blatter avait, lui, annoncé dimanche via son avocat son intention de faire  appel. Selon le Suisse et le Français, ce versement de 1,8 M EUR constituait le  solde de la rémunération d'un travail de conseiller réalisé par Platini auprès  du président de la Fifa entre 1999 et 2002, sur la base d'un contrat oral. Fin septembre, la justice pénale suisse s'était aussi saisie de ce  versement entre les deux hommes, le ministère public suisse parlant de "paiement déloyal" pour des "travaux prétendument effectués entre janvier 1999  et juin 2002" par le futur patron de l'UEFA.

Dans ce cadre, Platini avait été entendu comme témoin assisté, un statut  intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen. Et une  procédure pénale avait été formellement ouverte contre Blatter, pour "soupçon  de gestion déloyale" et "abus de confiance", au sujet de ce paiement mais aussi  suite à un "contrat défavorable à la Fifa" sur les droits de retransmission télévisée locaux des Mondiaux 2010 et 2014.

AFP