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Faute de salaire, les arbitres argentins de football menacent de faire grève

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A un mois du début du Championnat de football en Argentine, les arbitres ont menacé lundi de se mettre en grève faute d'avoir été payés, au risque d'approfondir la grave crise que traverse la fédération locale.

"Si nos revendications restent sans réponse nous prendrons une décision en tant que syndicat. Nous avons la justice avec nous. Certains d'entre nous n'ont même plus d'argent pour se déplacer", a déclaré sur la chaîne TN Federico Beligoy, dirigeant de l'Association argentine des arbitres (AAA). "Nous n'allons pas commencer un Championnat sans avoir dialogué. Nous espérons une augmentation (des salaires)", a abondé à l'antenne de la radio La Red Guillermo Marconi, dirigeant du Syndicat argentin des arbitres (Sadra), l'autre organisation représentative des hommes en noir. L'AAA et la Sadra regroupent quelque 450 arbitres. Alors que le championnat de première division doit débuter le 12 août, l'Association du football argentin (AFA) vit la pire crise de son histoire, entre la démission du sélectionneur et la volonté des "gros" clubs de créer une ligue professionnelle à l'intérieur de l'AFA, qui organiserait les compétitions comme cela se fait en Europe.

Afin de pousser l'AFA à se réformer, le gouvernement a coupé le robinet financier à la fédération argentine. Depuis 2009, l'Etat argentin est détenteur des droits de retransmission des rencontres de la sélection nationale et du Championnat, une initiative du gouvernement de l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015) qui permet aux Argentins de voir gratuitement et sans abonnement particulier tous les matches de championnat. De 1992 à 2009, les rencontres étaient retransmises sur des chaînes payantes. Du côté de la Fédération, l'élection du successeur du président intérimaire Luis Seguro, initialement prévue le 30 juin pour mettre fin à la crise, a été reportée à la suite d'une décision de justice. Les magistrats argentins soupçonnent des irrégularités dans la gestion des fonds versés par l'Etat. Luis Seguro ainsi que six autres dirigeants de l'AFA, mais surtout les trois derniers chefs du gouvernement de Cristina Kirchner - Anibal Fernandez, Jorge Capitanich et Juan Abal Medina - ont été mis en examen car le programme "Football pour tous" dépendait directement d'eux.

AFP