La statue d'Eusebio couverte d'écharpes
La statue d'Eusebio couverte d'écharpes | FRANCISCO LEONG / AFP

Eusebio: ultime hommage du Portugal

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Des dizaines de milliers de supporters vont rendre ce lundi un ultime hommage à Eusebio à l'occasion d'un dernier tour d'honneur de la "panthère noire" au stade de la Luz à Lisbonne, où il a tant brillé, avant son inhumation dans la banlieue nord de la capitale. Le Portugal s'était réveillé dimanche matin sous le choc en apprenant la mort de la légende du ballon rond, âgée de 71 ans, qui a profondément marqué l'histoire du pays et du monde.

"L'un des plus grands joueurs de tous les temps", "un champion éternel", le  "héros du Benfica": le Portugal pleure un monument du football mondial qui a  forcé l'admiration sur le terrain, mais aussi en dehors des stades, où il  passait pour un "gentleman". Au son de l'hymne national et sous les applaudissements de centaines de  supporters, son cercueil, recouvert d'un drapeau rouge de Benfica, était arrivé  dimanche soir dans le stade de la Luz, où sa dépouille a été exposée dans une  chapelle ardente.

Jusque tard dans la soirée, stars du monde de football, hommes politiques  et supporters anonymes se sont relayés à son chevet pour saluer celui qui les a  fait vibrer lors des matches et a su gagner leur sympathie par son caractère  avenant et chaleureux. "Le Portugal a perdu l'un de ses fils les plus aimés, Eusebio da Silva  Ferreira. Le pays pleure sa mort", avait réagi dimanche le président de la  République Anibal Cavaco Silva, résumant le sentiment de tout un peuple. 

Depuis dimanche, et pour trois jours, le Portugal porte le deuil de son  plus illustre symbole. Les manifestations populaires attendues pourraient fortement ressembler à  l'enterrement, en 1999, de l'autre grande légende portugaise, Amalia Rodrigues,  la "Reine du fado", accompagnée au cimetière de Prazeres (ouest de la capitale)  par des centaines de milliers de personnes. Du reste, de nombreuses voix réclament déjà que Eusebio rejoigne la reine  du fado au Panthéon national, où Amalia a été transférée deux ans après sa mort. Une messe sera célébrée lundi à 16H00 GMT à l'Eglise du Séminaire près du  stade de la Luz à Lisbonne, suivie une heure après de l'enterrement à Lumiar  dans la banlieue nord de Lisbonne, selon un communiqué publié sur le site de  Benfica.

Drapeaux en berne

Exauçant l'ultime voeu d'Eusebio, le club fera porter son cercueil vers  13H30 GMT dans l'enceinte du stade de la Luz, pour donner à ses supporteurs  l'occasion de faire leurs derniers adieux. Dans la foulée, le cortège funèbre traversera les rues de Lisbonne avant  d'arriver à la mairie où une cérémonie est prévue. Les drapeaux de la capitale  portugaise ont été mis en berne. Né le 25 janvier 1942 à Maputo, capitale du Mozambique, alors colonie  portugaise, le jeune homme issu d'une fratrie de huit enfants avait été recruté  à 19 ans par le Benfica Lisbonne pour ses exceptionnelles qualités techniques  et physiques. 

Toujours présenté comme le meilleur footballeur portugais de tous les  temps, "le Roi" a rivalisé avec les plus grands de son époque: en premier lieu  Pelé ou l'Argentin Alfredo Di Stefano. "J'ai été meilleur joueur du monde, meilleur buteur du monde et d'Europe.  J'ai tout fait, sauf gagner un Mondial", disait Eusebio fin 2011, se rappelant  encore des larmes versées après la demi-finale perdue par le Portugal face à  l'Angleterre (2-1), pays hôte, au Mondial de 1966. "Tout le monde se souvient du jour où il est sorti du terrain en larmes,  pleurant pour le Portugal. Les larmes d'Eusebio sont aujourd'hui les nôtres", a  commenté dimanche le président portugais.

AFP