Didier Drogba
Didier Drogba | AFP

Valence - OM 2004 : le périple marseillais jusqu'à Göteborg

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Marseille - Atletico, Jour J ! A l'occasion de la finale de Ligue Europa de l'Olympique de Marseille, france tv sport vous fait revivre la dernière aventure européenne de l'OM. Premier de deux épisodes, le parcours olympien jusqu'à la finale, au cours d'une saison mouvementée.

Ce soir, l'Olympique de Marseille disputera sa cinquième finale européenne, quatorze ans après la précédente. Un périple en Coupe de l'UEFA 2004 terminé à Göteborg, dans une finale perdue contre Valence (2-0). Avant de vous faire revivre ce match demain, revisitons ensemble le parcours de l'OM. 

Une élimination comme point de départ 

Avant l'ivresse, la déception, un peu. Plutôt qu'une épopée en Coupe de l'UEFA, l'OM avait la tête à la Ligue des champions. Pour son retour au plus haut niveau européen pour la première fois depuis quatre ans, et seulement la deuxième depuis le sacre de 1993, Marseille n'a pas hérité d'un groupe facile. Face à eux, le Real Madrid, vainqueur deux ans plus tôt, et le FC Porto de José Mourinho, titré l'année précédente en C3 et futur bourreau du rêve monégasque en finale. Le plus abordable Partizan Belgrade complète ce quatuor. L'entrée en matière au Bernabeu voit les Marseillais subir la loi de Ronaldo. Le Brésilien inscrit un doublé dans la victoire du Real (4-2). L'OM ne tremble pas au moment d'accueillir le Partizan (3-0), alors que Porto n'a pu faire mieux qu'un nul contre les Serbes. Mais les Olympiens ne profitent pas de ce faux pas, et la double confrontation contre les Portugais scelle leur sort. Battus à domicile (2-3), ils ne se rattrapent pas au retour (1-0). Une nouvelle défaite face au Real (1-2) officialise la 3e place marseillaise.

Ronaldo face au défenseur marseillais Daniel van Buyten, lors de la phase de groupes de Ligue des champions 2003-2004
Ronaldo face au défenseur marseillais Daniel van Buyten, lors de la phase de groupes de Ligue des champions 2003-2004 © AFP

L'OM loin du compte en championnat

Cette élimination n'a rien d'infamante vue les adversaires, mais cela n'empêche pas l'OM de connaître une crise hivernale. Celle-ci trouve sa source dans le parcours national des Marseillais. A la lutte pour le titre en début de saison, les Olympiens squattent un moment la deuxième place. Ils ne perdent que deux matches sur les neuf premières journées, mais n'en remporteront que trois sur les neuf matches suivants ! Et dans cette mauvaise série, une défaite à domicile contre le PSG (1-0) laisse des traces. L'OM reste sur quatre revers en un an contre son rival. L'hiver se passe mal, Alain Perrin perd son groupe. Arrivé de Troyes la saison précédente, l'entraîneur ne survivra pas à cette rupture. 

Camel Meriem (en blanc) à la lutte avec le Parisien Gabriel Heinze, le 30 novembre 2003
Camel Meriem (en blanc) à la lutte avec le Parisien Gabriel Heinze, le 30 novembre 2003 © AFP

Le licenciement houleux de Perrin et l'arrivée de Barthez

Outre certains choix tactiques, ses méthodes de management font débat. L'éviction de Vedran Runje, en conflit ouvert avec son coach, symbolise les dissensions au sein du groupe. Et l'imbroglio autour du retour de Fabien Barthez, recruté dès octobre mais arrivé officiellement en janvier faute de dérogation, n'a pas arrangé la situation. Mi-janvier, Perrin est remplacé par José Anigo. Raison officielle du licenciement ? Des accusations d'exhibitionnisme et de harcèlement sexuel, l'entraîneur ayant été surpris avec une employée un soir à la Commanderie. Du côté du camp Perrin, on pointe une manipulation pour éviter des frais de licenciement. L'affaire se réglera finalement aux prud'hommes, où Perrin récupérera 2 millions d'euros dans un accord à l'amiable. En championnat, l'éternel intérimaire ne parvient pas à redresser la barre. L'OM descend progressivement jusqu'à la 7e place et s'inclinera une nouvelle fois contre le PSG. Mais le groupe trouve son équilibre en Coupe de l'UEFA.

 

José Anigo dirige l'entraînement marseillais après le remplacement d'Alain Perrin, en janvier 2004
José Anigo dirige l'entraînement marseillais après le remplacement d'Alain Perrin, en janvier 2004 © AFP

Drogba, une saison canon

Ils écartent péniblement Dniepropetrovsk (1-0, 0-1) avant d'affronter Liverpool. Didier Drogba permet aux Olympiens de ramener un nul d'Anfield (1-1), puis égalise à domicile sur penalty.  Abdoulaye Meïté profite d'un corner pour envoyer l'OM en quart d'un coup de tête surpuissant (2-1). Rarement éblouissante, l'équipe olympienne se repose sur défense solide et laisse son buteur faire le reste. "Tout ce qu'il touchait se transformait en or" raconte Steve Marlet à France Football. L'Ivoirien, pour sa seule saison dans les Bouches-du-Rhône, inscrit 32 des 73 buts marseillais toutes compétitions confondues. En Coupe de l'UEFA, Drogba marque six fois en neuf rencontres. Unique buteur lors du quart de finale aller, il met l'OM sur de bons rails contre l'Inter (1-0). Le billet pour les demies sera validé par Camel Meriem au retour (1-0).

Le chef d'oeuvre de Newcastle

Après un match nul en Angleterre (0-0), le retour lui offre un théâtre d'exception pour s'illustrer. Le Vélodrome est chauffé à blanc. "J’ai le souvenir que l’on n’arrivait pas à se parler sur la pelouse, et qu’il y avait des vibrations de toute part" raconte encore Steve Marlet, cette fois à Yahoo Sport. "Dès qu'on est entrés sur la pelouse pour l'échauffement, on a compris qu'on ne perdrait pas." abonde José Anigo dans L'Equipe. A la 18e minute, Drogba est lancé par Meriem à 40 mètres du but. Au moment d'entrer dans la surface, il mystifie Aaron Hughes de sa spéciale, une talonnade derrière le pied d'appui. Il glisse ensuite le ballon hors de portée du portier Shay Given. A dix minutes de la fin du match, il assure à l'OM une quatrième finale européenne en reprenant un coup franc au point de penalty. Cinq ans après son rendez-vous manqué contre Parme, l'OM a une nouvelle chance d'ajouter une Coupe de l'UEFA à son palmarès. 

Hugo Monier @hgo_mon