Unai Emery
L'entraîneur d'Arsenal Unai Emery | AFP

Une incroyable série et une identité retrouvée, le Arsenal d'Emery a pris l’habitude de régaler

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À l’heure de retrouver le Sporting en Europa League, Arsenal carbure à plein régime. Vainqueurs de Leicester lundi soir (3-1), les Gunners restent sur une impressionnante série de 10 victoires consécutives. Les déplacements à Lisbonne jeudi et Crystal Palace dimanche peuvent déjà permettre à l’équipe d’Unai Emery de s’approcher d’un des records historiques du club (14 victoires).

Oubliez le Arsenal amorphe et moribond des dernières saisons : les Gunners sont de retour, n’en déplaise aux détracteurs du club londonien, qui ont tout fait pour accélérer la chute d’Arsène Wenger en fin de saison dernière. Qu’ils semblent loin les « Wenger’s Out » qui enflaient dans les travées de l’Emirates Stadium il y a quelques mois. Depuis 10 matches, Arsenal régale, tant en Premier League que sur la scène européenne, et les coéquipiers d’Alexandre Lacazette le doivent en grande partie à la philosophie de jeu mise en place par Unai Emery. Arrivé plein d’idées du Paris Saint-Germain, l’entraîneur espagnol n’a rien révolutionné, mais après deux mois et demi de compétition, sa recette semble payer. L’effectif actuel est à peu près similaire à celui qui avait raté de peu une qualification en finale de la Ligue Europa la saison dernière, à quelques exceptions près : Lucas Torreira, acheté à la Sampdoria pour 30 millions d’euros, est venu compléter un milieu de terrain déjà bien garni avec Xhaka, Mkhitaryan et Mesut Ozil. Arrivé libre de la Juve, Stephan Lichtseiner a lui considérablement renforcé l’axe défensif en l’absence de Laurent Koscielny.  

La patte Emery porte ses fruits

Un recrutement astucieux savamment orchestré par Unai Emery, qui n’a pas tout de suite porté ses fruits en début d’exercice 2018-2019. Battu lors des deux premières journées de Premier League face à Manchester City (2-0) et Chelsea (2-3), Arsenal a semblé retomber dans ses travers, et le triple vainqueur de la C3 avec Séville a dû faire face aux critiques de la presse anglaise. Immunisé après deux années délicates à Paris, Emery ne s’est pas démonté, et a continué de mettre en place un système qu’il a voulu baser sur la vitesse et le jeu de possession. Cette même recette qui a fait d’Arsenal une équipe au collectif admiré de tous à l’aube des années 2000, et un peu plus tard sous l’ère Wenger. Des victoires probantes face à West-Ham, Newcastle et Everton ont rapidement redonné du crédit au coach basque, qui a su associer parfaitement les qualités individuelles d’Alexandre Lacazette et Pierre-Emerick Aubameyang devant le but.

Dix matches après la déroute londonienne à Chelsea, les Gunners sont invaincus. Mieux, les hommes d’Unai Emery ont remporté tous leurs matches et sont revenus à deux petits points des leaders (City et Liverpool) en championnat. Sur la scène européenne, Arsenal est leader de son groupe en Ligue Europa, à égalité de points avec le Sporting avant la rencontre de jeudi entre les deux équipes. Un match qui peut permettre aux rouge et blanc d’enchaîner un onzième succès consécutif. Une série inespérée mais bien réelle : Arsenal n’avait plus enchaîné autant de victoires depuis octobre 2007. Une autre époque. Et tout cela ne serait rien si les Gunners ne régalaient pas dans le jeu : les buts conclus par Aaron Ramsey et Aubameyang face à Fulham et Leicester après des actions collectives de génie peuvent en témoigner. "C’est l’identité du club qu’Emery ramène à la surface", pour reprendre les propos de notre confrère à l’Equipe Vincent Duluc.

Avec ses atouts, Arsenal semble armé pour poursuivre sa série, et pourquoi pas égaler les 14 victoires de rang alignées en 1987 et en 2004, à l’époque des invincibles Bergkamp, Henry, Vieira et Petit. Arsenal nous donne le droit de rêver, alors pour une fois, ne nous en privons pas. Il y a avait trop longtemps que les Gunners ne nous avaient plus donné cette chance